La hausse effrénée du dollar

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Le rendement du Treasury 10 ans a dépassé le niveau des 4%, une première depuis 2010, ce qui exacerbe encore un peu plus la pression sur l’ensemble des devises par rapport au dollar.

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Le rendement du Treasury 10 ans a dépassé le niveau des 4%, une première depuis 2010, ce qui exacerbe encore un peu plus la pression sur l’ensemble des devises par rapport au dollar.

Fuite en avant

Le rendement du Treasury 10 ans a touché le niveau des 4% toujours sur fond de perspectives de hausses de taux de la part de la FED et aussi parce que les indicateurs économiques aux Etats-Unis montrent que l’économie encaisse les hausses sans problème.

Mais la conséquence est double, d’une part cela renforce le dollar, et d’autre part cela entraine les autres taux à la hausse pour éviter une trop forte baisse de leur devise. Et c’est entre autres le cas des taux en Grande-Bretagne avec un taux à 10 ans (niveau qui n’avait plus été vu depuis 1979) qui a largement dépassé le niveau du Treasury 10 ans.

Si le sterling n’a pas accentué son recul, les risques demeurent et la BOE a clairement indiqué qu’elle allait augmenter très nettement ses taux lors de sa réunion de novembre. Mais le sterling demeure fragile et Moddy’s a mis en garde le gouvernement sur les risques que font peser son programme de réduction des taxes sur le rating du pays.

Le dollar met une pression énorme sur la majorité des devises et l’euro ne fait pas exception avec un niveau qui n’avait plus été vu depuis juin 2022, sur fond de nouvelles tensions sur le prix du gaz avec une fuite en mer Baltique sur le gazoduc Nord Stream, suite à un sabotage semblerait-il. Par qui, on se le demande !

Mais le yuan n’est pas mieux loti avec un record à la baisse par rapport au dollar sur fond de ralentissement de l’économie avec une politique zéro-Covid toujours restrictive.

Autant dire que les bourses asiatiques n’ont pas du tout apprécié cette nouvelle poussée de fièvre sur les taux et que le rouge est vif et qu’il devrait l’être aussi en Europe ce matin.

L’incroyable résistance de l’économie

Je parle bien évidemment de l’économie américaine, qui malgré les hausses de taux fait preuve d’une capacité de résistance impressionnante.

D’abord, de la part des entreprises qui se montrent confiantes en augmentant leurs commandes de biens d’équipement. Ces commandes ont augmenté de 1.3% en août et le chiffre du mois précédent a été revu à la hausse à 0.7% contre 0.3%.

Ensuite, par les consommateurs avec une hausse de la confiance en partie liée à une baisse des inquiétudes concernant l’inflation, en grande partie grâce à la baisse des prix de l’essence. Cette enquête montre aussi que les ménages américains sont confiants sur l’état du marché de l’emploi.

Et contre toute attente, les ventes de logements neufs ont bondi de 28,8 % pour atteindre un taux annuel de 685 000 unités en août. Mais ce chiffre doit cependant être relativisé et le marché immobilier montre bien des signes de ralentissement, ce que cherche d’ailleurs la FED.

Comme l’a indiqué l’indice S&P Case-Shiller, qui mesure le prix moyen d’une maison dans les grandes villes américaines, qui a reculé de 0.3% en juillet, soit un taux annuel qui est passé de 18.1% en juin à 15.8%. Ce recul est logique compte tenu de la hausse des taux hypothécaires qui entraine une diminution de la demande.

Hausse de taux

Une nouvelle hausse de taux de la part de la Banque nationale de Hongrie, qui  a relevé son taux de base de 125 points de base, pour le porter à 13 %.  

Après avoir augmenté son taux de 1 200 points de base depuis juin 2021, la Banque centrale semble arriver au bout comme l’a laissé entendre le communiqué car « les conditions de taux d’intérêt sont devenues suffisamment strictes, ce qui garantit la réalisation de l’objectif d’inflation. Le Conseil monétaire a décidé d’arrêter le cycle de hausse des taux de base ».

Mais pour autant, les taux devraient rester inchangés sur une longue période et rien n’exclut que la Banque centrale soit obligée d’encore augmenter ses taux vu les tensions sur les taux que j’évoquais au début. Et en tout cas, ces hausses de taux n’ont pas suffi à renforcer le forint par rapport à l’euro, bien au contraire.

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