La guerre des devises

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C’est une véritable guerre des devises qui s’est enclenchée et qui entraine une spirale de hausses de taux pour éviter de subir une inflation importée.

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C’est une véritable guerre des devises qui s’est enclenchée et qui entraine une spirale de hausses de taux pour éviter de subir une inflation importée.

Spirale de hausses

Alors que la pression sur la livre sterling ne faiblit pas, le taux à 2 ans en Grande-Bretagne a dépassé allégrement celui du Treasury 2 ans, qui pourtant est également à la hausse.

Cette hausse s’explique parce que l’effondrement du sterling par rapport au dollar a entrainé une réaction de la BOE, qui  a déclaré que « la Banque surveille de très près l’évolution des marchés financiers au regard de la réévaluation importante des actifs financiers ». Et que « le MPC (Comité de politique monétaire) n’hésitera pas à modifier les taux d’intérêt si nécessaire pour ramener l’inflation vers l’objectif de 2% de manière durable à moyen terme, conformément à son mandat ».

On pourrait donc voir la BOE augmenter ses taux avant sa réunion du mois de novembre, ce qui explique l’envolée du taux à deux ans. Et comme aux Etats-Unis, les membres de la FED continuent de clamer haut et fort que leur priorité est la lutte contre l’inflation, les taux continuent de tirer avec un rendement du Treasury 10 ans qui a pris 0.10% en une seule séance.

Et les taux en Europe ne sont évidemment pas en reste avec également des hausses soutenues par les intentions de la BCE de poursuivre dans sa politique monétaire agressive.

Pour les devises dont les Banques centrales n’agissent pas sur les taux, la sanction est immédiate que cela soit pour le yen, qui est revenu à son niveau d’avant l’intervention de la BOJ, ou la livre turque qui affiche un nouveau record à la baisse.

Pour éviter de voir leurs devises chuter par rapport au dollar et donc subir une inflation importée, les Banques centrales ne vont pas avoir d’autre choix que d’augmenter leur taux, à moins d’intervenir sur le marché des changes mais cela risque fort d’être en pure perte.  

Chute de la confiance

L’indice IFO en Allemagne est venu confirmer le recul des indices PMI et a même reculé plus que prévu. Il se situe à son niveau le plus bas depuis mai 2020 et confirme que l’Allemagne n’échappera pas à la récession.

En Belgique, après la chute de l’indice de confiance des consommateurs, l’indice de confiance de chefs d’entreprises, publié par la BNB, a aussi connu un recul, un peu moins marqué cependant. Mais à l’exception du secteur de la construction, tous les secteurs affichent un recul de la confiance et en particulier celui des commerces.

Payer le prix de la guerre

« L’économie mondiale paie au prix fort la guerre d’agression non provoquée, injustifiable et illégale menée par la Russie contre l’Ukraine » est la première phrase des nouvelles perspectives de l’OCDE, qui ne laisse aucune ambiguïté sur la situation que nous traversons. Si pour cette année, l’OCDE table toujours sur une croissance mondiale de 3%, pour 2023 elle table désormais sur un taux de 2.2% contre 2.8% précédemment.

Cette révision est surtout liée à des prévisions moins favorables pour l’Europe, avec une croissance estimée à 0.3% en 2023 pour la zone euro, avec en particulier une contraction attendue de 0.7% du PIB en Allemagne contre un estimation d’une croissance de 1.7% précédemment.

Pour les Etats-Unis, l’OCDE a revu aussi à la baisse ses prévisions à 0.5% en 2023, mais estime que l’économie américaine sera moins impactée par la guerre en Ukraine.

Pour la Chine, si pour 2023 elle laisse sa prévision à 4.9%, en revanche pour 2022, l’OCDE ne table plus que sur une croissance de 3.2% contre 4.4% auparavant.

Malgré ce contexte compliqué et les pressions à la baisse, l’OCDE estime que « de nouveaux relèvements des taux directeurs sont indispensables dans la plupart des grandes économies avancées pour garantir un retour à des anticipations des taux d’intérêt réels positives et parvenir à réduire durablement les tensions inflationnistes ».

Car même si l’inflation est attendue en recul, elle devrait rester élevée et demeure un risque important d’instabilité pour l’économie mondiale selon l’OCDE.

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