Quelles perspectives pour la demande de produits agricoles ?

Posté le 14 octobre 2020

Chaque année, la FAO et l’OCDE publient un rapport sur les perspectives agricoles (Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO 2020-2029, Éditions OCDE, Paris/FAO,) riche d’enseignements et qui livre leurs visions à long terme sur les grandes tendances en termes de prix, de production et de consommation.

Si l’on se penche plus spécifiquement sur la consommation, ce rapport met en avant le fait que les trois grandes catégories d’utilisation des produits agricoles devraient rester dans les mêmes proportions, avec une hausse globale de la demande. A savoir, à l’heure actuelle, 52% des calories produites servent à l’alimentation humaine, 31% à l’alimentation animale et 17% pour les biocarburants, semences et matières premières pour l’industrie.

Demande pour l’alimentation humaine

Sur la période de projection, à savoir entre 2020 et 2029, la demande va être soutenue par l’augmentation de la population estimée dans ce rapport à 11%. Avec aussi une hausse attendue des revenus qui devraient donc entrainer une hausse de la demande, mais avec bien évidemment des divergences importantes en fonction des régions.

Demande pour l’alimentation animale

L’augmentation de la demande de produits d’origine animale, poisson compris, va entrainer une hausse de la consommation d’aliments pour animaux. Du fait de l’évolution des habitudes alimentaires dans le monde, qui joue en faveur des aliments d’origine animale, une plus grande quantité de produits cultivés et d’autres produits agricoles ou de poisson est employée pour nourrir les animaux. Actuellement, environ 1.7 milliard de tonnes de céréales, de tourteaux protéiques et de divers sous-produits de la transformation sont utilisées à cette fin. D’ici 2029, ce volume devrait atteindre près de 2 milliards de tonnes.

Croissance limitée de la demande de biocarburants

Et si cela se révèle exact, c’est en soi plutôt une bonne nouvelle en partant du principe que la production agricole a pour fonction de nourrir la planète et pas de servir à la production de biocarburants.

Dans ce rapport, ils estiment que les biocarburants ne devraient plus bénéficier de la même demande compte tenu des développements observés et attendus des véhicules électriques et hybrides. Étant donné la multiplication croissante des véhicules électriques et hybrides, les biocarburants ne devraient donc plus bénéficier du même appui politique que dans le passé. De plus, l’utilisation de carburants de type essence sur deux des principaux marchés de l’éthanol, à savoir les États‑Unis et l’Union européenne, devrait reculer dans les dix années à venir.

Impact sur les prix

Sans rentrer dans les détails sur l’évolution de la production, la tendance restera globalement à la hausse, ce qui aura comme conséquence, selon ces prévisions, que les prix ne devraient pas fondamentalement évoluer. Surtout que globalement, même si la demande va continuer à augmenter, cette hausse sera moindre que dans le passé, car la hausse des revenus entraine inéluctablement une diminution de la part des revenus consacrés à l’alimentation.

Mais évidemment, la crise du Covid-19 pourrait changer la donne et avoir un impact sur l’évolution des prix en sachant qu’elle risque de peser sur les revenus des ménages avec la hausse du chômage. On pourrait donc connaitre en 2021, une pression à la baisse en particulier sur le prix de la viande, alors que ce dernier était déjà attendu en recul suite à la hausse observée ces dernières années avec la hausse des revenus et la peste porcine.