Une question de volonté !

Posté le 28 juillet 2020

L’or devrait atteindre sans problème le niveau des 2.000 $ dans la perspective de voir les taux d’intérêt aux Etats-Unis rester bas pendant encore une longue période.

Taux bas longtemps

La FED, qui se réunit aujourd’hui et demain, va bien évidemment laisser ses taux inchangés, et devrait même confirmer qu’ils resteront bas pour une longue période compte tenu de la situation.

C’est pour l’heure la raison principale de la hausse de l’or. En l’absence d’intérêt, il est devenu un investissement comme un autre et ce n’est pas parce qu’il serait une valeur refuge qu’il est recherché aujourd’hui.

La FED a d’autant plus de raisons de garder les taux bas que le plan des républicains ne serait que de 1.000 milliards de dollars et que l’allocation de 600 $ par personne serait ramenée à 200 $ à partir du 1 août.

Elle pourrait aussi déjà donner des indications sur sa volonté de pratiquer une politique d’assouplissement quantitatif non pas en achetant de façon illimitée des obligations mais en agissant sur la courbe.

Le graphique reprend la courbe US au début de cette année en mauve, et la courbe actuelle en orange. Les bâtonnets rouges montrent la différence de rendement entre les deux périodes. Conséquence logique de la baisse des taux de la part de la FED et de son programme d’assouplissement, les taux courts ont le plus fortement baissé durant cette période. La FED pourrait viser une partie de la courbe, par exemple le 2 ou 3 ans, en se donnant un objectif de rendement comme le pratique actuellement la BOJ.

En agissant de la sorte, non seulement, elle donne un signal très clair que les taux vont rester bas pendant encore au moins cette période et en aplatissant la courbe elle maintient les taux longs bas pour booster la reprise.

Ce n’est sans doute pas lors de cette réunion que la décision sera prise mais on pourrait peut-être déjà y percevoir  les prémices de ce changement de politique.

Dans la perspective de taux qui vont rester bas, et compte tenu des oppositions entre républicains et démocrates, le dollar reste sous pression.

Même si les indicateurs économiques montrent des signes d’amélioration comme celui des commandes de biens durables.

Comme le montre le graphique, elles ont augmenté de 7.3% en juin après un rebond de 15.1% le mois passé, mais cela reste malgré tout insuffisant pour compenser la chute des mois précédents. Si l’on exclut l’aviation, les commandes ont augmenté de 3.3% en juin mais affichent un recul de 2.3% sur un an.

Une question de volonté

Alors que nous sommes obligés de revenir en arrière en Belgique et que nous avons le sentiment amer de revivre ce que nous ne voulions plus revivre justement. Alors que certains secteurs n’ont pas eu l’occasion de redémarrer leur activité et voient les échéances encore s’éloigner. Alors que la culture devrait encore être la première touchée par les restrictions. Alors que l’absence de gouvernement place en plus notre pays dans une situation précaire et que nous ne disposons pas du moindre plan de relance.

D’autres pays prennent des décisions et des plans de relance et n’hésitent pas à pratiquer des lockdowns partiels de villes comme en Australie, de Lands comme en Allemagne pour éviter de devoir prendre des mesures plus pénalisantes pour tous.

Et cela paye quand on voit la remontée de l’indice IFO en Allemagne comme le montre le graphique. Et il ne fait pas l’ombre d’un doute que le plan de relance de 130 milliards d’euros décidé par le gouvernement contribue à l’amélioration du climat des affaires. Et que la baisse temporaire de la TVA a joué dans l’augmentation de la consommation.

Même si le rebond est fragile car le moral dépend aussi de l’évolution de la situation si une deuxième vague venait à nouveau frapper l’Allemagne. Et il dépend aussi de l’évolution des exportations qui sont dépendantes de la situation internationale vu le poids de ces dernières dans le PIB allemand.