La dureté des prévisions

Posté le 15 avril 2020

Washington Dc: IMF entrance with sign of International Monetary Fund and logo

Les révisions des prévisions par le FMI ne sont pas réellement une surprise, même si à ce stade le jeu des prévisions demeure encore extrêmement aléatoire vu le nombre d’incertitudes qui demeurent encore.

Révisions du FMI

Selon donc le FMI « en raison de la pandémie, l’économie mondiale devrait connaître une forte contraction de 3 % en 2020, soit un recul bien plus marqué que lors de la crise financière de 2008-09. Selon un scénario de référence fondé sur l’hypothèse d’une atténuation de la pandémie au cours du deuxième semestre de 2020 et d’un relâchement progressif des efforts d’endiguement, l’économie mondiale devrait croître de 5,8 % en 2021, à mesure que l’activité économique se normalisera, grâce au soutien des pouvoirs publics ».

Le tableau reprend le détail des prévisions par grande zone géographique et les différences par rapport aux prévisions de janvier 2020, différences qui sont évidemment impressionnantes.

Mais ces prévisions doivent cependant être prises avec prudence car comme le souligne le FMI « des résultats bien pires sont possibles et peut-être même probables. Il en sera ainsi si la pandémie et l’application de mesures d’endiguement durent plus longtemps, si les pays émergents et les pays en développement sont encore plus sévèrement touchés, si les conditions financières demeurent restrictives ou si des séquelles se font sentir à grande échelle en raison des fermetures d’entreprises et d’un chômage prolongé ».

Cependant, les mesures prises par les banques centrales et par les gouvernements nous empêcherons de répéter les erreurs du passé comme le souligne le FMI ; « la dernière fois que l’économie mondiale a subi une crise de cette ampleur, dans les années 1930, l’absence de prêteur de dernier ressort au niveau multilatéral avait contraint les pays à se bousculer pour obtenir des liquidités internationales ; ils avaient alors adopté des politiques mercantilistes stériles, qui avaient aggravé le ralentissement mondial. Aujourd’hui, et il s’agit d’une différence fondamentale, nous disposons d’un dispositif mondial de sécurité financière plus solide, avec le FMI en son centre, et il permet déjà de venir activement en aide à des pays vulnérables ».

D’ailleurs, le FMI a déjà été sollicité par 25 pays qui ont fait appel à un mécanisme d’aide financière dénommé Catastrophe Containment and Relief Trust (CCRT), qui dispose de 500 millions de dollars pour venir en aide aux pays frappés par la pandémie.

De leur côté, les ministres des finances du G7 ont proposé un moratoire sur la dette des pays les plus pauvres pour autant que le G20 et le Club de Paris se joignent à la proposition. Ce moratoire pourrait se mettre en place rapidement et concerne 76 pays dont 40 dans la zone de l’Afrique Sud-Saharienne et dont 20 milliards de dollars de dettes seraient éligibles à une suspension.

Baisse de taux encore

Les autorités monétaires chinoises continuent de baisser les taux par petites touches pour soutenir la reprise de l’activité. Elles ont décidé de réduire de 0.20% le taux de facilité de prêts aux institutions financières en le faisant passer de 3.15% à 2.95%, soit son niveau le plus bas depuis son introduction en septembre 2014.

Cette baisse de taux intervient juste avant la publication du chiffre du PIB qui sera sans aucun doute le pire chiffre depuis 30 ans, et sera encore suivie d’autres ajustements des taux. Même si pour le moment, ces baisses de taux ne se révèlent pas très efficaces en l’absence d’une réelle reprise de la demande intérieure.

L’objectif étant de continuer à injecter des liquidités dans l’économie tout en évitant une trop forte hausse de l’endettement tout en stabilisant la devise, ce qui semble être le cas pour le moment comme le montre le graphique.

Chute attendue des ventes de détail

Aux Etats-Unis, les ventes de détail sont attendues en recul de 8% en mars, soit la plus forte chute depuis 1992 date de début de cette statistique, contre un recul de 0.5% en février.

Ce chiffre ne reflète que partiellement la réalité car le recul pourrait encore être plus marqué en avril. Si l’on se base en tout cas sur ce que l’on mesure en Europe. En effet, en France, et le chiffre est tombé ce matin, les ventes de détail ont chuté de 24% en mars.

En Australie, l’indice de confiance des consommateurs est tombé à son niveau le plus bas depuis 30 ans, ce qui annonce évidemment aussi une chute des ventes de détail.

La question du déconfinement

La question du déconfinement devient un véritable enjeu et aussi l’objet d’une fameuse cacophonie. Cacophonie entre les Etats européens qui adoptent chacun une politique différente, entre l’administration américaine et certains Etats qui veulent se distancier des décisions de Trump, entre les virologues et les économistes.

Je voudrais dans le cadre de cette question partager avec vous des réflexions hier sur France Inter du « célèbre philosophe, auteur du « Petit traité des grandes vertus » (Seuil), André Comte-Sponville qui a publié une vingtaine d’ouvrages et a partagé dans « Grand Bien Vous Fasse » son sentiment quelque peu alarmiste quant à la société de l’après-confinement ». https://www.franceinter.fr/idees/le-coup-de-gueule-du-philosophe-andre-comte-sponville-sur-l-apres-confinement