Engagement illimité efficace, si nous nous engageons aussi

Posté le 17 mars 2020

European flags in front of the Berlaymont building headquarters of the European commission in Brussels.

Nous sommes en guerre a martelé 6 fois Macron, et les Européens ont bien compris, que pour mener cette guerre, la baisse des taux n’est nullement suffisante et ils ont donc décidé un engagement « illimité ».

‘Whatever it takes’

Le Président de l’Eurogroup a déclaré « nous allons protéger nos citoyens et notre monnaie quoi qu’il arrive et avec tout ce que nous avons. Notre engagement à fournir un soutien en cette période de besoin sera illimité ».

« Nous ferons tout ce qu’il faut, et même plus, pour rétablir la confiance et favoriser une reprise rapide. Quelles que soient les autres politiques coordonnées et décisives nécessaires, nous sommes prêts à les mettre en œuvre », a-t-il déclaré.

Concrètement, la Commission européenne va apporter un soutien budgétaire d’environ 1% du PIB de la zone euro. Mais à côté de cela, la zone euro s’est engagée pour au moins 10 % de son PIB en garantie pour les entreprises.

Elément fondamental et qui va conforter les Etats dans leurs annonces, le pacte de stabilité et de croissance sera suspendu pour le moment.

Ces annonces n’empêcheront donc nullement les Etats de soutenir leurs entreprises et ménages, comme l’Allemagne qui a promis un demi-milliard d’euros de garanties pour ses entreprises, la France qui mettra aussi sa garantie ou l’Italie qui allouera 25 milliards d’euros aux entreprises et aux familles.

A côté de cela, la BEI va fournir près de 40 milliards d’euros pour aider les entreprises.

Ces mesures sont un premier pas indispensable, car on a bien vu que les baisses de taux des banques centrales n’ont pas réussi à rassurer les marchés, bien au contraire. La bourse américaine a finalement connu ses plus fortes baisses chaque fois après les annonces surprises de la FED, qui ont plus inquiété que rassuré.

Ces mesures sont indispensables car nous allons connaitre en 2020 une récession, et je vous invite à lire à ce sujet nos révisions de la croissance qui sont publiées en annexe à ce commentaire. Mais elles ne sont qu’un premier pas car d’abord il faut que nous prenions conscience individuellement que …

Nous sommes en guerre

« La formule fameuse de Clausewitz « la guerre n’est pas seulement un acte politique mais un véritable instrument de la politique, une poursuite de relations politiques, une réalisation de celles-ci par d’autres moyens » n’est donc à aucun degré l’expression d’une philosophie belliciste. (…) la guerre est une épreuve de volonté. Humaine en tant qu’épreuve de volontés, la guerre comporte, par nature, un élément psychologique qu’illustre la formule célèbre : n’est vaincu que celui qui se reconnait tel ». Raymond Aron, Paix et guerre entre les nations.

Le langage utilisé par Macron est donc tout sauf innocent et les interventions des Etats ne seront efficaces qu’après que nous ayons collectivement gagné la guerre de l’égoïsme et de l’indifférence des conséquences de nos attitudes irresponsables.

Il faudra du temps, combien ?, personne ne peut nous le dire. A part qu’il en faudra plus si nous ne respectons pas le confinement, et c’est ce flou et l’arrêt de l’activité dans toute une série de secteurs qui ont envoyé au tapis les bourses.

Etat des lieux en quelques graphiques

Je n’ai aucune envie d’en rajouter dans la sinistrose, et les chutes des bourses dépassent toute logique. Toutes les entreprises ne vont pas perdre 30 ou 50% de leurs chiffres d’affaires, et même si l’économie mondiale va subir un choc en 2020, il sera temporaire (voir nos prévisions).

Alors oui, l’indice de volatilité s’est littéralement envolé comme le montre le graphique, et logiquement vu l’incertitude dans laquelle nous évoluons. Et cet indice ne devrait pas baisser à court terme.

Alors oui, le Dow Jones a connu hier sa pire séance depuis 1987 et affiche un recul vertigineux comme le montre le graphique. Et les bourses européennes ont fait encore pire comme le montre le graphique de l’Eurostoxx 50.

Et on peut légitimement se poser la question de savoir s’il faut laisser les bourses encore ouvertes et ne pas les mettre en confinement comme nous. Quel sens cela a-t-il encore de coter des entreprises alors que l’on ne va plus disposer du moindre chiffre sans doute pour les deux prochains mois.

Car avec les décisions des banques centrales et celles annoncées par les Etats, car il n’y a pas que l’Europe qui a fait des annonces (mais quasiment tous les Etats), les liquidités sont suffisantes et les bourses ne reflètent plus que la peur et rien d’autre. Elles qui devraient normalement refléter les perspectives économiques qui se traduisent par les chiffres d’affaire des entreprises et leurs bénéfices, ne reflètent plus que l’inconscient collectif.