Le pompier Bensent reste à la manœuvre, mais comme les pompiers qui luttent contre les incendies, si on ne prend pas des mesures radicales, ils seront de nouveau confrontés à des nouveaux incendies, tout comme Bensent.
Le pompier Bensent face aux incendies de la dette
Le pompier Bensent reste à la manœuvre, mais comme les pompiers qui luttent contre les incendies, si on ne prend pas des mesures radicales, ils seront de nouveau confrontés à des nouveaux incendies, tout comme Bensent.
Incendies
Avant de revenir sur les propos de Bensent et sur son interventionnisme qui pose question, la pluie de ces derniers jours ne doit absolument pas nous faire oublier ce que nous avons connu cet été.
Un chiffre ahurissant pour commencer, près de 96.000 hectares de forêts sont partis en fumée depuis le début de l’année en France, selon le Système européen d’information sur les feux de forêt (Effis), un service de Copernicus.
À l’échelle de l’Europe, ce sont 585.500 hectares brûlés à la situation arrêtée au 12 août 2026, pour une moyenne de 243.000 hectares par an depuis 2006.
Mais le pire est à venir, et il ne faudra plus se contenter de juste opiner de la tête, mais agir rapidement.
Selon une étude de l’Institut de recherche sur les impacts du climat de Potsdam, même dans un scénario de faibles émissions, les chercheurs estiment qu’environ 39 % de terres supplémentaires seraient brûlées chaque année d’ici la fin du siècle par rapport à la moyenne actuelle.
Cependant, ce scénario n’est pas inéluctable, s’il y a une vraie prise de conscience et si les investissements sont massifs, selon la Senckenberg Society for Nature Research une amélioration continue de la gestion des feux de forêt pourrait réduire les surfaces brûlées de 92 % dans un scénario de réchauffement à +1,8 °C, et de 72 % dans celui à environ +3,6 °C.
Interventionniste
Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bensent, a déclaré hier qu’il pourrait encore augmenter les rachats de titres du Trésor par le gouvernement.
Cet interventionnisme pose question et l’effet de l’annonce de mercredi s’estompe déjà avec un rendement du Treasury 30 ans qui repart à la hausse, mais aussi avec comme conséquence un dollar qui a nettement reculé par rapport à la majorité des devises.

Pour justifier cet interventionnisme, Bensent a déclaré, en parlant de ces interventions, « une partie de cela consiste à signaler ici, et à montrer que nous croyons que les rendements ne reflètent pas les fondamentaux sous-jacents. Ce conflit iranien, nous allons passer de l’autre côté, nous ne savons pas quand ».
A part que non seulement, quel aveu de la part d’un membre de l’équipe de Trump de déclarer qu’ils ne savent pas quand le conflit avec l’Iran sera résolu, mais surtout que le fond du problème est l’augmentation vertigineuse de la dette américaine et que les mesures d’économie ont été dérisoires jusqu’à présent.
En intervenant de la sorte, et en s’exprimant sur CNBC, Bensent a clairement démontré que l’annonce du doublement des rachats n’était nullement justifiée par une question de liquidité, mais bien d’éviter un emballement des taux longs dont la presse ne manquerait pas d’en faire ses gros titres.
Mais avec un déficit budgétaire qui va dépasser les 6 % du PIB, alors que Bensent avait annoncé vouloir ramener ce dernier à 3 %, avec 1,2 billion de dollars dépensés à eux seuls pour payer la dette des intérêts sur 40.000 milliards de dollars, avec une administration qui demande au Congrès 1,5 billion de dollars pour la défense, 87 milliards supplémentaires pour couvrir la guerre contre l’Iran, et seulement 600 millions pour une salle de bal à la Maison-Blanche, comment être crédible.
Espoir
La publication des indices PMI au Japon ouvre la série des publications des indices PMI en zone euro, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. Et les chiffres publiés au Japon sont clairement encourageants et font espérer une confirmation de la timide reprise observée en zone euro en juillet.

Comme le montre le graphique, l’indice PMI manufacturier a nettement progressé grâce au fait que les nouvelles commandes ont augmenté à leur rythme le plus rapide depuis janvier 2018.
Ce qui a fait dire à Annabel Fiddes, directrice associée économique chez S&P Global Market Intelligence, « alors que nous avons constaté une accélération de la croissance dans les secteurs manufacturier et des services, les usines ont continué à mener la croissance, enregistrant de fortes augmentations à la fois de la production et des nouvelles commandes ».
Et l’activité des services s’est également renforcée en août, ce qui fait que l’indice composite est passé de 52,7 à 53,4, son plus haut niveau depuis février.
Restons au Japon, où les chiffres d’inflation ont renforcé le scénario d’une hausse des taux, ce qui se reflète clairement dans le niveau du rendement de l’obligation japonaise à 2 ans.

L’indice des prix à la consommation sous-jacent, qui inclut les produits liés à l’énergie mais exclut les prix volatils des aliments frais, a augmenté de 1,8 % en juillet en taux annuel, contre un taux de 1,6 % en juin.
L’indice qui exclut à la fois les prix volatils des aliments frais et du carburant, a augmenté à 1,9 % en juillet contre 1,7 % en juin.
Ces chiffres ont renforcé le scénario d’une hausse des taux en septembre et qui pourrait clairement encore être suivie par une autre hausse de taux encore cette année.
Résultat, le différentiel de taux entre le rendement du Treasury 30 ans et celui de l’obligation japonaise à 30 ans s’érode fortement, ce qui pourrait inciter les investisseurs japonais à se détourner des bons du Trésor à l’avenir.

Toujours vigilante
Hier, la Banque centrale suédoise a maintenu son taux directeur inchangé à 1,75 % tout en se déclarant prête à resserrer la politique si le rythme de l’inflation s’accélérait.
« La probabilité d’une hausse des taux plus tard cette année reste », a déclaré la Riksbank. « Si l’inflation inattendue, aussi élevée durant l’été, devait marquer le début d’une hausse plus grande et plus durable de l’inflation, la Riksbank ajusterait sa politique monétaire dans une direction plus restrictive ».
En attendant, le statu quo a été justifié par le fait que le marché du travail avait été plus faible que prévu, que les prix des matières premières avaient baissé depuis le printemps et que les plans tarifaires des entreprises restaient modérés.
