L’économie européenne continue d’être résiliente, comme l’a montré la publication des indices PMI vendredi, portés par l’industrie, mais avec comme exception la France.
La résilience européenne à l’épreuve des tensions mondiales
L’économie européenne continue d’être résiliente, comme l’a montré la publication des indices PMI vendredi, portés par l’industrie, mais avec comme exception la France.
Après un bon deuxième trimestre
La publication des indices PMI en zone euro a montré que le mois d’août a poursuivi la tendance observée en juillet, avec des nouvelles commandes, un indicateur clé de la demande, qui ont augmenté à leur rythme le plus rapide depuis 40 mois, tandis que les commandes à l’exportation ont augmenté pour la première fois depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022.

Ce qui a fait dire à Chris Williamson, économiste en chef chez S&P Global Market Intelligence, « le secteur manufacturier est à nouveau la vedette … avec l’économie des services jouant un rôle de soutien, enregistrant un mois supplémentaire de croissance décente après la stagnation observée au deuxième trimestre ».
Et de poursuivre, « nous voyons à nouveau des rapports faisant état d’une constitution de stocks de précaution aidant à soutenir le secteur producteur de biens dans le contexte des perturbations continues des chaînes d’approvisionnement provenant du Moyen-Orient … Cependant, il existe également des signes encourageants d’une demande croissante pour les produits technologiques liés à l’IA et d’une demande croissante en équipements, en raison d’une augmentation des dépenses de défense, aidant notamment l’Allemagne à réaliser des gains de production de plus en plus impressionnants ».
Et ce n’est pas la seule bonne nouvelle, l’emploi global a augmenté pour la première fois cette année, les fabricants ayant repris les embauches après plus de trois ans, tandis que l’emploi dans les services a connu sa croissance la plus rapide en huit mois.
Mais tout cela reste fragile, et les entreprises sont moins optimistes quant aux perspectives annuelles.
Et surtout, la situation en France s’est très sensiblement dégradée dans le secteur des services, comme l’a souligné Joe Hayes, économiste principal chez S&P Global Market Intelligence, « le rapport flash PMI a révélé un autre mois de conditions économiques fragiles, certaines entreprises, principalement dans le secteur des services, mettant en avant la chaleur extrême comme raison d’une baisse d’activité et de demande ».

Plus il y a de candidats à l’élection présidentielle plus la situation économique se dégrade, et la perspective d’une absence de budget pour 2027 commence à inquiéter sérieusement les marchés avec un spread par rapport au Bund qui continue de s’élargir.

Autre bonne nouvelle, pour la zone euro, l’agence de notation Moody’s a relevé, vendredi, la note souveraine de l’Irlande à « Aa2 » contre « Aa3 » et a réitéré ses perspectives positives.
Pour argumenter sa décision, Moody’s a indiqué que la croissance sous-jacente restait forte, avec des investissements publics dans le cadre du Plan national de développement irlandais qui devraient aider à alléger les contraintes dans des domaines tels que le logement et les infrastructures essentielles.
Et Moody’s a reconnu que l’Irlande avait réduit son fardeau de la dette plus rapidement ces dernières années que ce qu’elle avait prévu.
Bonne nouvelle aussi
En Grande-Bretagne, et dès lors pour le nouveau Premier ministre, Andy Burnham, avec, comme le montre le graphique, un secteur des services qui a tiré vers le haut l’indice composite.

Après une croissance de 0,4 % au deuxième trimestre, comme en zone euro, portée par le secteur des services, cet indice confirme la tendance positive.
Et pour couronner le tout, plusieurs indicateurs ont montré que les consommateurs devenaient un peu plus optimistes.
En dehors de la question de l’état des finances publiques, l’inflation reste élevée, et devrait le rester, ce qui pourrait peser à un moment donné sur le moral des ménages et des entreprises.
Le secteur des services
A aussi, aux Etats-Unis, tiré vers le haut l’indice PMI composite, en passant de 54,6 en juillet à 56,8 en août, soit son niveau le plus haut depuis décembre 2024.
Ce qui permet à l’indice composite d’afficher un niveau de 56, le plus haut depuis avril 2022, contre 54,5 en juillet.
« Les entreprises américaines sont en plein essor, avec des entreprises qui rapportent la croissance de la production la plus rapide depuis plus de quatre ans jusqu’à présent au troisième trimestre, alors que l’expansion a pris de l’ampleur en août », a déclaré Chris Williamson, économiste en chef chez S&P Global Market Intelligence. « Les données de l’enquête pour le troisième trimestre indiquent actuellement une croissance annualisée approchant les 3,0 %, en nette hausse par rapport au rythme de 1,5 % observé au deuxième trimestre. »
Seul bémol, les pressions inflationnistes qui perdurent et qui devraient se maintenir avec la fermeture du détroit d’Ormuz, qui pèse sur le prix du baril et qui provoque des problèmes dans les chaînes d’approvisionnement.
Car le conflit au Moyen-Orient est bien parti pour s’éterniser quand on voit que la Maison Blanche va imposer des sanctions sans précédent contre l’Iran reconnaissant ainsi explicitement que l’action militaire a échoué. Et surtout quand on sait que les sanctions frappent déjà ce pays depuis 1979.
Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, va annoncer ce soir des mesures encore plus sévères et aussi celles qui vont toucher tout pays aidant l’Iran.
L’Iran, de son côté, a déjà promis de fermer toutes les exportations de pétrole du Golfe si la guerre économique se poursuit.
Et les pressions inflationnistes devraient aussi perdurer avec l’échec des négociations entre le Canada et les Etats-Unis. Résultat, les États-Unis imposent des tarifs de 50 % sur certains produits canadiens depuis samedi.
Même si ces derniers ne représentent qu’un peu plus de 5 % des exportations canadiennes vers les États-Unis, ce n’est pas une bonne nouvelle pour le consommateur américain, une nouvelle fois.
Mais pour le Canada non plus, et le Premier ministre Mark Carney, a déclaré que le Canada riposterait « dollar pour dollar » sur les nouveaux tarifs.
