Je ne pensais pas que d’entendre tomber la pluie allait un jour me réjouir à ce point, et m’apporter une forme de soulagement, même si ces premières gouttes sont encore dérisoires.
Le coût exorbitant de notre incurie
Je ne pensais pas que d’entendre tomber la pluie allait un jour me réjouir à ce point, et m’apporter une forme de soulagement, même si ces premières gouttes sont encore dérisoires.
La pluie
Car entendre tomber la pluie me fait directement penser à tous ceux qui luttent contre les incendies, à cet instant, dans le monde, en sachant que tous ne bénéficieront pas de cette pluie bienvenue.
Car entendre tomber la pluie me fait penser à cette faune et à cette flore qui ont énormément souffert, et qui dans certains cas ne se relèveront pas de cet été meurtrier.
Car entendre tomber la pluie me fait penser à ceux qui vivent directement de la terre et qui ont vu leurs récoltes brûler, ne pas se développer, ou leurs bêtes souffrir.
Car entendre tomber la pluie me fait penser à ces rivières et fleuves complètement asséchés où les poissons ont disparu, et qui sont devenus impraticables à la navigation.
Et dans le même temps, je sais que l’été prochain cela recommencera, car nous n’avons pas pris les mesures pour éviter le changement climatique, et que dès lors la facture de notre immobilisme ne fera qu’augmenter.
Le coût
Le débat vient de commencer sur le coût du dérèglement climatique, et inéluctablement il ne va faire qu’augmenter.
Augmentation des prix des produits alimentaires, avec une perte de certaines récoltes, ou une diminution des volumes.
Augmentation des coûts des transports, parce que le niveau du Rhin, par exemple, est tellement bas qu’une partie du trafic maritime est impossible.
Augmentation des coûts de l’énergie, car ce niveau trop bas des fleuves entraîne l’arrêt de certains réacteurs nucléaires.
Augmentation des primes d’assurance pour les zones qui deviendront des zones à risque d’incendies, d’inondations, d’éboulement, de submersion, …
Augmentation des décès à cause de la chaleur, des fumées toxiques, et des soins pour prendre en charge une population fragilisée.
Mais il y a des solutions
Même si cela n’inversera pas le cours des choses à court terme, il existe des solutions qu’il faudra avoir le courage de prendre.
Fermer tous les massifs forestiers et les zones naturelles à préserver durant l’été, dès la première canicule.
Investir dans les logements pour les adapter à ce nouveau climat, et verdir massivement les villes, en stoppant la bétonisation.
Interdire toutes les constructions en zones inondables, et proches de la mer.
Planter des arbres en ville, mais pas uniquement, reboiser les campagnes, replanter des espèces qui peuvent s’adapter à ces fortes chaleurs dans nos forêts, et multiplier les zones de biodiversité.
Accepter de voir nos étals proposer moins de diversité de produits et consommer local et de saison, et revenir à nos besoins essentiels.
Mais il est évident que si seule l’Europe prend des mesures cela ne suffira pas, mais ce n’est pas une raison pour ne pas agir même si cela ne nous épargnera pas de nouvelles périodes difficiles.
Voilà ce que m’inspire ce matin cette pluie qui tombe.
Alors que j’aurai dû vous parler de la hausse des rendements obligataires, de la fermeture encore et toujours du détroit d’Ormuz, de la guerre en Ukraine, et de la guerre commerciale.
Mais aussi de la révision à la baisse des chiffres du PIB au Japon au deuxième trimestre, des chiffres attendus en Chine ce matin sur la production industrielle, les ventes de détail et l’état du marché immobilier.
J’aurai dû aussi vous parler de la baisse surprise des ventes de détail aux Etats-Unis vendredi.
Car elles ont chuté de 0,6 % le mois dernier, soit la première baisse depuis octobre dernier et la plus importante depuis 14 mois.
Les ventes au détail, hors automobiles, essence, matériaux de construction et services alimentaires, ont chuté de 0,4 % le mois dernier après une hausse de 0,4 % en juin.
Et vendredi aussi, en plus, le moral des consommateurs a reculé selon l’indice de l’université du Michigan qui est tombé à 51 contre 55,2 en juillet.

J’aurai dû aussi vous parler des explosions qui se multiplient en Europe dans les usines d’armement, dans les entrepôts pétroliers, des drones qui « se perdent » dans le ciel européen et survolent des zones militaires, et des cyberattaques massives.
Mais malgré ces quelques gouttes de pluie je ne peux m’empêcher de penser à la citation de Cioran, « en permettant l’homme, la nature a commis beaucoup plus qu’une erreur de calcul : un attentat contre elle-même ».
