La deuxième vague arrive aux USA

Posté le 19 novembre 2020

La deuxième vague commence à sérieusement affecter les Etats-Unis, qui ont atteint les 250.000 morts, et des mesures de confinement partiel sont mises en place dans certains Etats.

Plan indispensable

Cette deuxième vague vient renforcer la nécessité d’un deuxième plan de relance, et renforce le scénario d’une augmentation des interventions de la FED. Surtout quand on voit que la décrue des demandeurs d’emploi ralentit fortement, car on attend 700.000 inscriptions hebdomadaires contre 709.000 la semaine passée.

Les annonces de Pfizer et de Moderna sont certes d’excellentes nouvelles, mais n’empêcheront en rien la seconde vague et les mesures de confinement lors de ces prochains mois.

Le dollar est sous pression dans un contexte où les taux américains repartent à la baisse en prévision des nouvelles interventions de la FED.

Signalons qu’au Japon aussi il semblerait qu’une deuxième vague se forme et la ville de Tokyo est passée au plus haut niveau d’urgence suite à l’augmentation des contaminations.

Hausse des taux

Le nouveau gouverneur de la banque centrale de Turquie va devoir montrer son indépendance par rapport à Erdogan. Les annonces des changements à la tête de la banque nationale et au gouvernement ont largement contribué à rassurer les marchés et permis à la livre de se reprendre (voir graphique).

Mais cette reprise est fragile et le gouverneur va devoir augmenter les taux pour contrer la hausse de l’inflation, alors même que Erdogan a encore déclaré qu’une telle hausse affecterait la croissance.

On s’attend, lors de la réunion de ce jeudi, à voir le taux central passer de 10.25% à 15%, mouvement important justifié par l’attitude laxiste de ces derniers mois des autorités monétaires pour plaire au pouvoir.

Suspense total

Le mauvais polar continue avec une intrigue qui n’en finit pas et des rebondissements qui n’intéressent plus personne. Je veux évidemment parler des discussions sur le Brexit. On pourrait peut-être en savoir plus en fin de semaine, avec une réunion des 27 pour faire le point sur les discussions.

Mais à ce stade, tous les scénarios sont sur la table et l’UE se préparerait à un no-deal.

Un no-deal pourrait renforcer le scénario d’une baisse des taux en territoire négatif de la part de la BOE, mais elle semble très circonspecte par rapport à cette possibilité.

Et cela d’autant plus que, comme le montre le graphique, l’inflation est légèrement repartie à la hausse en passant de 0.5% à 0.7%.

Ce qui contraste d’ailleurs avec la situation dans la zone euro, où l’inflation reste en territoire négatif comme le montre le graphique, ce qui renforce évidemment la perspective de nouvelles mesures par la BCE en décembre.

Et quand on observe le tableau des taux d’inflation dans l’UE publié par Eurostat, on constate que de plus en plus de pays basculent en territoire négatif. Et que les nouvelles mesures de confinement pourraient encore accentuer ce phénomène.

Baisse de taux part la BCE ?

Bien évidemment la question revient sur la table avec ce niveau d’inflation, la nouvelle phase de confinement et le blocage du plan « New Generation UE » par la Pologne et la Hongrie.

Le niveau de l’euribor 3 mois est quasiment stable et n’anticipe pas de changement de taux. Mais les annonces de Pfizer et Moderna ont sérieusement rebattu les cartes et les scénarios de baisse des taux sont devenus moins probables.

Alors qu’aucun mouvement sur les taux n’était attendu aux Etats-Unis les contrats à terme se sont retournés pour refléter les attentes de hausses de taux de 10 pb d’ici septembre 2022. Certes c’est encore loin mais cela pourrait inciter la BCE à ne pas toucher à son taux de dépôt qui se situe actuellement à -0.50%.