En espérant ne pas suivre l’Asie !

Posté le 19 juillet 2021

Les bourses asiatiques, en net recul ce matin, vont presque effacer tous leurs gains de l’année à cause du variant Delta qui oblige ces pays à prendre de nouvelles mesures de restriction.

Le coût des restrictions

L’Asie est particulièrement touchée, et ce qui n’augure pas des perspectives très encourageantes pour l’Europe. La liste est longue des pays asiatiques qui doivent prendre de nouvelles mesures et le Japon est un peu emblématique.

Ce n’est pas par hasard que Fitch a dégradé les perspectives de la note des Philippines. Tout en laissant inchangé le rating à BBB, Fitch a fait passer les perspectives de « stables » à « négatives » à cause des risques qui pèsent sur la croissance suite au variant Delta.

De son côté, S&P a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour l’Indonésie pour les mêmes raisons. Au lieu d’une croissance de 4.4% cette année, S&P ne table plus que sur une croissance de 3.4%, tout en n’excluant pas une croissance encore plus faible en cas de nouvelles mesures de restriction.

La Banque centrale d’Indonésie a aussi revu à la baisse ses prévisions de croissance et ne table plus que sur un taux de 3.8% cette année contre 4.6% précédemment.

Pas étonnant que dans ce contexte, que certains appellent déjà « la pandémie des non-vaccinés », que les réflexes de retour vers les valeurs refuges s’observent. Ce qui a entrainé une hausse du dollar (voir le graphique par rapport à un panier de devises), un recul des bourses et également des rendements obligataires (voir le graphique des rendements du Bund et du Treasury 10 ans).

Augmentation de la production

Les pays de l’OPEP+ sont arrivés à un accord pour augmenter leur production à partir du mois d’août jusqu’en décembre 2021 de 2 millions de barils par jour.

Cependant préoccupés par les risques que pourraient faire peser les variants sur la demande, ils ont également décidé de prolonger leur accord de plafonnement jusqu’à la fin de 2022, au lieu d’avril 2022.

Et ils ont aussi réussi à se mettre d’accord sur de nouveaux quotas de production à partir de mai 2022, pour donner satisfaction aux Emirats arabes, ce qui devrait représenter une hausse d’environ 1.63 millions de barils par jour selon les estimations de Reuters.

Résultat, le prix du baril est en léger recul après cette annonce et aussi à cause des risques d’une demande moindre en provenance d’Asie.

Le chaud et le froid

Concernant les indicateurs aux Etats-Unis, et en particulier ceux qui touchent aux consommateurs.

Le froid, avec le recul de l’indice de confiance des consommateurs de l’Université de Michigan qui est passé de 85.5 à 80.8, soit son niveau le plus bas depuis février. En cause, les consommateurs se plaignent et s’inquiètent de la hausse des prix des maisons, des voitures et des biens de consommation durables.

Le chaud, avec une hausse surprise des ventes de détail de 0.6% en juin après un recul de 1.3%. Si l’on exclut les voitures, l’essence, les matériaux de construction et la restauration, la hausse des ventes de détail a été de 1.1% contre un recul de 1.4%. Toute la difficulté actuellement est d’essayer de mesurer les dépenses des consommateurs, qui sont clairement passées des achats de biens à la consommation des services, et de mesurer aussi comment elles vont évoluer avec la fin des chèques aux chômeurs en septembre.

Cet espèce d’ajustement de la consommation explique la hausse des prix, mais comme l’a encore souligné Powell la semaine passée elle sera temporaire, ce qui explique aussi pourquoi les rendements obligataires sont en recul. Powell n’est pas le seul et le président de la Réserve fédérale de Minneapolis, Neel Kashkari, a déclaré qu’il était d’accord avec lui, pour dire que l’économie reviendra à un environnement de prix plus normal une fois qu’elle se sera adaptée à la réouverture.

Mais il ne faudrait évidemment pas avoir une inflation qui reste élevée et un recul de la croissance à cause du variant Delta qui obligerait à prendre des mesures de restriction qui viendraient casser l’effet de rattrapage.