Quand la Chine nous nargue

Posté le 19 octobre 2020

Pendant que l’Europe se referme, l’activité en Chine reste soutenue, même si le chiffre du PIB pour le troisième trimestre a légèrement déçu.

Indicateurs en Chine

Même si le chiffre est ressorti un peu en deçà des attentes, le PIB chinois affiche quand même une croissance annuelle de 4.9% au troisième trimestre contre 3.2% le trimestre précédent.

Comme le montre le graphique, la Chine est proche de connaitre une reprise en V, et sera sans aucun doute la seule économie à pouvoir se targuer d’avoir aussi rapidement retrouvé son niveau d’avant crise. Même si quand on regarde les chiffres trimestriels, la reprise ralentit et que la seconde vague qui s’observe dans certaines régions du monde aura un impact négatif sur l’économie chinoise. En chiffre trimestriel, la croissance a été de 2.7% après un taux de 11.5% le trimestre précédent.

Si la bourse de Shanghai a été un peu déçue par le chiffre, par contre le yuan s’est légèrement renforcé par rapport au dollar comme le montre le graphique.

Autre chiffre attendu, les ventes de détail ont augmenté de 3.3% en septembre, contre 0.5% au mois d’août, signe que la consommation repart. Alors que la production industrielle continue de progresser avec un taux de 6.9% contre 5.6%.

Sur les 9 premiers mois, la croissance est de 0.7%, et approche le niveau de 1.9% prédit par le FMI pour l’ensemble de l’année.

Tergiversations

Toujours dans le dossier du Brexit et les deux camps se renvoient la balle sur les raisons du blocage. A priori, les discussions devraient se poursuivre même si les deux camps affirment qu’il vaut mieux pas d’accord qu’un mauvais accord.

Moody’s n’a par contre pas tergiversé et a abaissé le rating de la Grande-Bretagne de Aa2 à Aa3 en pointant comme facteurs de cette décision, le Brexit, l’impact très négatif du coronavirus et le budget du gouvernement.

Mais les Anglais n’en ont cure de cette décision de Moody’s et ils estiment par la bouche de Michael Grove ; « nous sommes de mieux en mieux préparés » à quitter l’UE avec une solution « à l’australienne », soit des relations entre l’Australie et le bloc communautaire qui ne s’appuient sur aucun accord de libre-échange bilatéral étendu.

22 mois de recul des exportations

Le Japon est en passe de dépasser son record de 1987 de 23 mois de recul des exportations et ne parvient pas à s’extirper de la morosité.

En effet, les exportations ont reculé de 4.9% en septembre, mais surtout les importations ont reculé de 17.2% démontrant donc que la consommation intérieure ne redémarre absolument pas.

Selon les estimations, il faudra sans doute attendre fin 2022 pour que les importations retrouvent leur niveau d’avant crise.

Entre espoirs et incertitudes

La situation aux Etats-Unis est on ne peut plus confuse avec les espoirs entretenus par Pfizer d’un vaccin d’ici la fin de l’année, et la perspective d’un accord sur un nouveau plan de relance. Espoir aussi d’une vague, même si le terme vague pour le moment fait frémir, d’une vague bleue donc qui aurait peut-être le mérite de clarifier les choses et qui faciliterait les décisions.

Mais il y a aussi beaucoup d’incertitudes sur le déroulement des élections et sur l’état de l’économie. Et les chiffres ne facilitent pas l’interprétation. D’un côté, la production industrielle a reculé de 0.3% en septembre et se situe donc encore à 6.4% en dessous de son niveau d’avant la pandémie.

D’un autre côté, les ventes de détail ont augmenté de 1.9% en septembre avec un engouement particulier pour des achats liés à la vie à la maison comme les meubles et l’électronique.

Si l’on exclut les automobiles, l’essence, les matériaux de construction et les services de restauration, les ventes ont augmenté de 1,4 % le mois dernier après une baisse de 0,3 % en août.

Ce chiffre est évidemment extrêmement rassurant car la consommation reste le moteur de la croissance de l’économie américaine et il devrait donc soutenir cette dernière au troisième trimestre.

Cependant, la fin des mesures de soutien pourrait venir plomber la croissance du dernier trimestre même si un accord est trouvé avant les élections. Et le risque d’un nouvel arrêt partiel de l’activité à cause d’une résurgence du virus est aussi un facteur d’inquiétude.