Les échecs de Trump

Posté le 9 octobre 2020

Malgré les mises en scène, les revirements et les déclarations tonitruantes, Trump ne parvient plus à masquer ses échecs et à redorer son image, et la page semble déjà tournée.

Echecs

La perspective de voir Joe Biden à la Maison Blanche est déjà actée par les marchés, comme je l’indiquais hier, entrainant un optimisme qu’il faut quand même modérer en cas de contestation du résultat par Trump.

Le bilan de Trump a aidé fortement à le décrédibiliser et sa volonté de vouloir maintenant conclure un deal sur un nouveau plan d’aide ne suffira pas à redorer son image.

L’échec par rapport au coronavirus est patent et sa contamination en est le symbole le plus marquant. Certes, tous les autres dirigeants ont été démunis par cette pandémie et la gestion de cette dernière n’a pas été optimale, loin de là, mais rares ont été ceux qui l’ont minimisé comme lui.

L’échec par rapport à son bras de fer avec la Chine peut se mesurer avec l’aggravation du déficit de la balance commerciale et au fait que la Chine sera un des rares pays à afficher une croissance positive cette année. Certes, il aura réussi à déstabiliser la Chine et à mettre à mal ses intentions, mais il n’est pas certain que la Chine ne sortira pas gagnante de ce bras de fer.

L’échec par rapport a une économie florissante est bien évidemment la conséquence du coronavirus et l’échec est sans aucun doute le plus marqué sur l’état du marché de l’emploi. Et à ce propos, l’essoufflement des réembauches se confirme avec la publication toutes les semaines des inscriptions hebdomadaires au chômage.

Comme le montre le graphique, ces dernières ne se réduisent pas et avec un chiffre à 840.000, elles sont légèrement supérieures aux prévisions.

L’échec par rapport aux défis climatiques est à mesurer aux nombres et à l’ampleur des incendies aux Etats-Unis et aux ouragans et tempêtes.

Si les marchés boursiers semblent déjà avoir voté pour Biden, on pourrait se dire que le yuan a aussi déjà pris fait et cause pour ce dernier. Comme le montre le graphique, ce dernier s’est nettement renforcé par rapport au dollar et devrait poursuivre sur sa lancée. Sans se faire d’illusion car Biden se montrera ferme par rapport à la Chine, mais les relations seront moins tendues et l’accord signé le 15 janvier dernier pourra sans doute se concrétiser plus sereinement.

Cette hausse du yuan est aussi bien évidemment la conséquence de la reprise de l’activité en Chine qui se mesure entre autres avec les indices PMI. Et comme le montre le graphique, l’indice PMI des services a confirmé sa bonne tenue et marque la reprise de la demande intérieure.

Et pour terminer ce tour d’horizon de ses échecs, les données à haute fréquence montrent une dégradation de la situation. L’indice de reprise d’Oxford (voir graphique) a chuté cette semaine et est resté bloqué à environ 20 % en dessous du niveau pré-pandémique. Comme le soulignait Gregory Daco, économiste en chef d’Oxford Economics, cela signifie que la reprise est « enlisée dans la boue » .

L’Allemagne se démarque

Les exportations allemandes ont augmenté pour le quatrième mois consécutif et plus que prévu en août. Les exportations ont augmenté de 2,4% sur le mois après une hausse de 4,7% et les importations ont augmenté de 5,8 % après une hausse de 1,1 % le mois précédent.

Sur l’année, les exportations vers la Chine ont baissé de 1,1 % en août, alors que les exportations vers les Etats-Unis ont chuté de 21,1 % et celles vers le Royaume-Uni ont baissé de 7,3 %.

Ces chiffres viennent conforter celui des commandes à l’industrie et montrent que l’industrie tire l’activité vers le haut.

Nouveau record

A la baisse pour la livre turque comme le montre le graphique et le niveau des 8 par rapport au dollar sera atteint dans les prochains jours comme je l’avais annoncé.

Cette dégringolade rogne les réserves de la banque centrale qui essaye de contenir sans succès cette chute. La dégradation de l’économie pourrait encore plus inciter Erdogan a pratiquer une fuite en avant et à se montrer encore plus agressif.