Et si l’impensable arrivait ?

Posté le 11 septembre 2020

Sommes-nous partis pour un divorce sans accord, la question peut sérieusement être posée au vue de l’acrimonie entre les deux parties et les menaces.

Un hard Brexit ?

Ce qui semblait le scénario le moins probable, après les discussions et l’accord négocié longuement entre les deux parties, est quasiment devenu le scénario le plus probable.

L’UE a exhorté la Grande-Bretagne d’abandonner d’urgence un plan visant à rompre leur traité de divorce, mais le gouvernement du Premier ministre Boris Johnson a refusé et a poursuivi son projet de loi qui pourrait faire sombrer quatre années de négociations.

La Commission européenne a déclaré qu’elle intensifiait les préparatifs pour une fin désordonnée au départ de la Grande-Bretagne de l’UE, et que Londres commettrait « une violation extrêmement grave » de l’accord de retrait de l’année dernière si elle allait de l’avant avec la législation proposée.

Les dirigeants européens ont reçu un ultimatum : accepter la violation du traité ou se préparer à un divorce désordonné qui pourrait semer le chaos dans les chaînes d’approvisionnement à travers l’Europe et effrayer les marchés financiers mondiaux.

Ce qui est considéré par certains comme un coup de bluff pour faire plier l’UE, et pour d’autres comme une fuite en avant pour faire oublier la crise du coronavirus, pourrait donc mal tourner.

Le sterling a encore accentué son recul comme le montre le graphique, et la place financière de Londres s’inquiète de plus en plus de son avenir en cas d’échec des négociations.

Pas de changement

La BCE a laissé ses taux inchangés et pour des commentaires en plus, je remets le lien pour ceux qui n’ont eu l’occasion d’écouter mon interview hier en fin de journée pour le Market Life de l’Echo.

Christine Lagarde a réussi, pour le moment, à éviter une hausse de l’euro, tout en reconnaissant que c’était un point d’attention de la part de la BCE. Mais en ajoutant que ce n’était pas un objectif, son seul objectif étant la stabilité des prix.

Le climat reste incertain à cause de la pandémie a souligné Christine Lagarde, tout en mettant aussi en avant le fort rebond de l’activité. Ce qui explique que la BCE a légèrement revu le chiffre du PIB pour 2020 à -8% contre -8.7% pour une précédente estimation, mais à 5% pour 2021 contre 5.2%.

Concernant l’inflation, la BCE voit l’inflation rester en territoire négatif jusqu’à la fin de l’année, mais exclut le scénario d’une déflation et table toujours sur un taux de 0.3% en 2020.

Tout en laissant les taux inchangés, le message de la BCE reste toujours celui de garder des taux bas pour une longue période et de maintenir ses programmes de rachat d’actifs pour atteindre son objectif d’inflation.

Un peu moins négatif

Il n’y a pas que la BCE qui se montre un peu moins négative sur l’ampleur de la chute du PIB en 2020, c’est également le cas du Bureau du Plan pour la Belgique.

Ce dernier a donc revu ses prévisions et table dorénavant sur une chute de 7.4% en 2020 contre une précédente estimation de -10.6%, mais se montre moins positif pour 2021 en tablant sur un taux de 6.5% contre 8.2%.

Mais, et même si le nombre d’emplois perdus est moindre que prévu, le Bureau du Plan voit le taux de chômage passer de 8.9% en 2020 à 10.7% l’année prochaine.

A propos d’emploi

Les inscriptions hebdomadaires au chômage aux Etats-Unis ne reculent plus comme le montre le graphique, ce qui fait craindre que la reprise du marché du travail après la pandémie soit au point mort.

Ce ralentissement intervient alors que l’aide financière du gouvernement aux entreprises et aux chômeurs s’est pratiquement tarie et que les négociations pour un nouveau paquet n’aboutissaient à rien.

« Les licenciements restent nombreux et le marché du travail reste fragile à un moment critique », a déclaré Nancy Vanden Houten, économiste américaine en chef à Oxford Economics à New York. « L’incapacité des décideurs politiques à adopter un autre plan d’allégement fiscal fait peser des risques importants sur l’économie et le marché du travail ».