Soutien inconditionnel

Posté le 5 février 2020

Persuadés que les autorités chinoises continueront de soutenir l’économie, les marchés boursiers se sont montrés rassurés et confiants, malgré l’extension de l’épidémie.

Soutien inconditionnel

Il ne fait aucun doute que les autorités monétaires chinoises ne vont pas en rester à la baisse du taux des repos et de l’injection de plus de 200 milliards de dollars de liquidités. Elles sont prêtes à encore injecter des liquidités dans l’économie, et à, sans doute, baisser le taux des réserves des banques. Le gouvernement de son côté devrait, quand l’activité reprendra, mener des grands programmes d’investissement.

Ces mesures n’effaceront pas l’impact négatif sur le premier trimestre, mais devraient permettre un rebond au deuxième et troisième. Mais elles n’empêcheront cependant pas non plus de rupture dans les chaînes de valeur dans des secteurs comme l’électronique, ou l’automobile.

Le bilan humain continue de s’alourdir avec 24.000 personnes contaminées et plus de 500 morts dont le premier en dehors de la Chine.

Le soutien devrait aussi venir des autres banques centrales de la zone asiatique qui ont de la marge de manœuvre pour baisser leur taux, ce qui explique le recul quasi généralisé des devises de ces pays par rapport au dollar.

Tout cela a permis aux bourses de récupérer une partie du chemin, une certaine accalmie sur le front des devises, une très légère remontée des taux, mais pas une stabilisation du prix du pétrole. Car la situation demeure fragile et le risque d’une prolongation de l’arrêt de l’activité en Chine jusqu’au 17 février aggraverait le ralentissement économique.

Premier cas en dehors de la Chine

C’est à Hong Kong que l’on a recensé le premier mort décédé du coronavirus en dehors de la Chine. Et cela alors que l’économie a déjà été fortement fragilisée par les manifestations et que le tourisme a chuté de façon vertigineuse.

Comme signalé hier, l’économie est entrée en récession en 2019 et le redressement attendu risque d’être mis à mal à cause de cette épidémie.

Les ventes de détail ont chuté de -19.4% en taux annuel au mois de décembre, avec en particulier un recul de -36.7% en taux annuel des ventes de bijoux, montres et objets de valeurs.

Le nombre de touristes a plongé de -51.5% en taux annuel en décembre, certes un peu moins grave qu’en novembre où la chute avait été de -55.9%, mais vu les mesures prises pour éviter une contagion, le tourisme et les ventes de détail devraient reculer ce qui risque d’encore aggraver la situation.

L’industrie toujours fragile

Même si l’indice ISM manufacturier aux Etats-Unis s’est bien redressé, et même si le chiffre des commandes à l’industrie a été positif en décembre, l’industrie américaine demeure fragile.

Les commandes à l’industrie ont en effet progressé de 1.8% en décembre après un recul de -1.2% en novembre, soit le meilleur chiffre depuis 1 an et demi. Mais ce chiffre ne peut pas masquer le fait que ces commandes ont reculé de -0.6% sur l’ensemble de l’année 2019. En cause, essentiellement la guerre commerciale, et de façon moindre les déboires de Boeing.

Comme il est évident que les Chinois ne pourront pas tenir leurs engagements vu l’arrêt de l’activité et qu’inéluctablement l’industrie américaine subira des ruptures dans son approvisionnement, le rebond risque d’être de courte durée.

Preuve que l’espoir porté par cet accord est mis à mal par l’épidémie, le prix du soja américain, qui s’était redressé, a lourdement chuté depuis le début de cette dernière comme le montre le graphique.

A propos des Etats-Unis, on peut se demander si les Démocrates n’ont pas déjà perdu l’élection présidentielle après le fiasco dans l’Iowa. Les derniers résultats, ou les premiers si on veut, donnent 27% pour Pete Buttigieg, suivi par Bernie Sanders (25 %), puis Elizabeth Warren (18 %) et Joe Biden n’arrive que quatrième, avec 16 %. Résultats sur 62% des bureaux de vote.