La reprise sera lente cette année

Posté le 10 juin 2020

Tous les indicateurs économiques indiquent que la reprise ne sera pas en V, mais qu’elle sera lente et très graduelle.

Premier indicateur

Le premier en provenance de Chine est l’évolution des prix à la production qui ont encore connu un recul de 0.4% en mai après une baisse de 1.3% en avril. Comme le montre le graphique, en taux annuel, le PPI est passé de -3.1% à -3.7% sous l’effet d’une demande anémique en provenance de l’Europe et des Etats-Unis ce qui exerce une pression à la baisse sur les prix.

Même l’inflation, qui était fortement à la hausse avec l’envolée du prix du porc, se tasse en passant de 3.3% à 2.4% en taux annuel. L’inflation de base, en revanche, est restée inchangée à 1.1%.

Deuxième indicateur

En avril, les exportations et importations allemandes ont connu une chute record depuis 1990, date de début de ces chiffres.

Les exportations ont plongé de 24% sur un mois et les importations de 16.5%, soit dans les deux cas, des chiffres pires que les estimations. Selon l’association des industriels allemands, BDI, sur l’ensemble de l’année les exportations pourraient reculer de 15% et les importations de 12%.

Le plan de relance du gouvernement est évidemment un signal positif mais la reprise en Allemagne dépend fortement de la demande extérieure, or les exportations vers la France ont chuté de 48%, vers les Etats-Unis de 36% et vers la Chine de 12%.

Troisième indicateur

Les détails du chiffre du PIB au premier trimestre en Europe donnent des indications importantes sur ce qui va nous attendre au second trimestre, qui sera pire vu la période de confinement en avril et en mai.

Prenons d’abord avec le premier graphique la décomposition des facteurs qui expliquent le recul de 3.6% du PIB au premier trimestre. Premier poste, les dépenses de consommation ont diminué de 4.7%, ensuite les investissements ont chuté de 4.3%, et les exportations ont chuté de 4.2%. Si l’on ramène en pourcentage du PIB, la consommation des ménages pèse entre -2.5% et -2.3%, celle des investissements entre -1% et -0.9% tout comme celle du commerce extérieur.

Le deuxième graphique nous donne les chiffres du PIB par pays et montre que le PIB est quasiment négatif partout et que donc la reprise sera lente.

Situation inquiétante de la France

Au premier trimestre en Europe, la France a connu le plus fort recul de son PIB et pourrait connaitre une contraction de 15% au second trimestre.

Selon les estimations de la Banque de France, l’économie française pourrait se contracter de 10.3% cette année, pour ensuite connaitre un rebond de 6.9% en 2021 et de 3.9% en 2022.

Manifestement, selon les données à haute fréquence, la reprise en France est plus poussive que dans les autres pays européens, mais en revanche, elle ne fait pas exception concernant la chute de la production en avril. Selon les estimations, la production industrielle devrait avoir reculé de 20% en avril après une chute de 16.20% en mars, et la production manufacturière de respectivement -35.30% et -19.30%, en chiffre mensuel.

L’économie française est moins dépendante du commerce international que l’Allemagne et donc un ralentissement de ce commerce international pèse moins sur la croissance française. Mais en revanche, la consommation intérieure pèse plus dans le chiffre de croissance, et donc un arrêt quasiment total de la demande des consommateurs aura de lourdes conséquences sur la croissance au deuxième trimestre.

Mise en garde de S&P

A première vue, le fait de faire passer les perspectives de la note du Japon de positives à stables n’est pas en soi un signal inquiétant.

Mais l’agence de rating S&P a averti qu’elle pourrait abaisser le rating A+ du Japon si la croissance économique reste faible et qu’un éventuel retour à la déflation exerce une pression à long terme sur les résultats budgétaires du Japon.

Le constat de S&P est évidemment connu c’est-à-dire que « les finances publiques du Japon se sont encore détériorées en 2020 en raison de la pandémie du Covid-19. Deux budgets supplémentaires mis en place par le gouvernement porteront le déficit public pour cet exercice à environ 16% du produit intérieur brut du pays ».