Vives inquiétudes à Londres

Posté le 7 avril 2020

London, UK – March 25, 2015: The Bank of England during the day at Bank Junction showing buildings and the blur of people and traffic

Les bourses se rassurent et ont connu un rallye, qui peut surprendre, mais qui est basé uniquement sur les espoirs qu’entretiennent le ralentissement de la progression du virus.

Inquiétudes à Londres encore plus

L’état de santé de Boris Johnson s’est dégradé et il est en soins intensifs, ce qui est une première pour un dirigeant dans cette crise du Covid-19. Et alors que le pays est encore celui qui connait une augmentation des personnes contaminées et que la progression semble encore loin d’être à son pic.

Et l’économie a besoin, comme tous les pays, d’un gouvernement solide pour affronter le ralentissement qui sera inédit par sa violence. Les indices PMI le démontrent en suffisance, et la Grande-Bretagne ne fait évidemment pas exception avec, comme le montre le graphique, une chute de ces indices. Et même l’indice PMI de la construction a lourdement chuté et est revenu à son niveau de 2009.

Etat d’urgence au Japon

Même si les bourses se rassurent, la situation demeure toujours inquiétante, et le premier ministre japonais a déclaré l’état d’urgence pour Tokyo et six autres préfectures pour une durée d’un mois.

Mais il a également annoncé un plan de soutien de 990 milliards de dollars, soit l’équivalent de 20% du PIB, qui se décline en quatre grands postes. Un premier qui est un paquet fiscal qui consistera à donner un chèque de 300.000 yens à chaque ménage, un également aux PME, et un chèque additionnel par enfant.

Un deuxième paquet pour le secteur de la santé, soutien à la société Fujifilm Holding qui produit un médicament qui pourrait traiter le virus, et des moyens financiers pour la production de masques et autres.

Un troisième paquet financier sous forme de prêts aux entreprises, fonds spéciaux pour aider les grandes entreprises et le secteur aérien. Et un quatrième qui reprend des réductions de taxes ou exemptions de taxes pour les entreprises et une réduction de la taxe pour l’achat d’une voiture par un particulier.

L’Afrique du Sud s’enfonce

La tension reste vive sur le rand sud-africain (voir graphique), car la situation économique se dégrade, ce qui a encore incité Fitch à baisser le rating du pays.

Fitch a ramené le rating à BB contre BB+ avec en plus des perspectives qui restent négatives, ce qui tend encore un peu plus les taux pour se financer pour le pays.

Rallye aussi sur la NOK

Comme le montre le graphique, la couronne norvégienne s’est très nettement renforcée sur les perspectives d’une réduction de la production de pétrole. Il faudra que cette dernière soit significative, car la demande a chuté de 30% soit d’environ 30 millions de barils par jour en moins et une réduction à minima ne sera donc pas efficace.

Les discussions au sein de l’OPEP+ se poursuivent mais il semblerait qu’un accord de réduction de la production soit conditionné à une baisse également de la production par les Américains. Mais une décision en ce sens irait à l’encontre de la loi anti-trust et pourrait donc être contestée. En plus, si le Canada et la Norvège ont manifesté leurs intentions d’également réduire leur production, la position des Etats-Unis est nettement moins claire et pour le moment une réduction de la production n’est pas envisagée. Mais en l’absence d’un geste de leurs parts, il pourrait ne pas avoir d’accord au sein de l’OPEP+.

Journée historique pour l’UE ?

Alors que la BCE se bat pour éviter de voir les spreads s’écarter (voir le graphique du rendement du bund 10 ans et de l’obligation italienne sur la même période), les dirigeants européens discutent pour apporter une réponse solidaire à cette crise.

La BCE a acheté la semaine passée pour 34 milliards d’euros d’obligations dont 30.2 dans le cadre de son PEPP, un montant record sur une semaine.

Les ministres des finances de la zone euro vont examiner les pistes possibles pour apporter une réponse commune et solidaire. Les pistes envisagées seront présentées alors aux dirigeants européens qui devront donc décider.

Trois pistes sont envisagées et pourraient se combiner, l’utilisation du MES, de la BEI et du programme de la Commission pour aider les Etats à faire face à la hausse du chômage.

La première piste est donc d’activer le MES qui pourrait prêter aux Etats sur une durée de 12 à 24 mois des fonds pour faire face à la crise. Ces fonds seraient empruntés par le MES et pourraient parfaitement être rachetés par la BCE dans le cadre de son programme de rachats d’actifs.

La deuxième piste est d’utiliser la BEI soit en augmentant son capital soit en lui donnant des garanties complémentaires pour augmenter sa capacité de prêt de 200 milliards d’euros aux PME.

Et la troisième piste serait un plan de 100 milliards d’euro de la Commission pour soutenir les Etats et compenser les pertes de revenus suite au chômage. La Commission emprunterait alors cette somme, façon détournée de répondre aux demandes d’émettre des obligations communes.

Mais quelle que soit la décision, il faut une réponse solidaire et rapide et surtout donner des moyens suffisants pour relancer l’UE et ses ambitions.