Ne pas baisser la garde

Posté le 6 avril 2020

Red gate on a country road

Ce n’est évidemment pas maintenant qu’il faut baisser la garde, bien au contraire, même si des signes encourageants de stabilisation ont été observés en Italie, en Espagne, en France et chez nous, mais le confinement doit encore être plus respecté.

Inquiétudes à Londres

Si on observe une petite stabilisation, la situation reste dramatique en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. A Londres, le fait que Boris Johnson ait été admis à l’hôpital n’a fait qu’amplifier les craintes.

A cela, il faut pointer la chute de l’indice GfK, qui mesure le moral des consommateurs britanniques, qui est passé de -9 à -34, soit sa plus forte chute historique en un mois, et surtout son niveau le plus bas depuis 45 ans.

Le sterling qui avait eu tendance à se renforcer est reparti à la baisse après l’annonce de l’hospitalisation de Boris Johnson et vu la progression du virus.

Retour sur les chiffres du chômage

Vendredi après-midi, j’ai publié un bref message après l’annonce de la destruction de 701.000 emplois au mois de mars aux Etats-Unis. Il est intéressant de voir le détail de ces pertes d’emploi comme le montre le graphique. C’est essentiellement dans le secteur des loisirs que les pertes ont été les plus marquées, ce qui signifie aussi que les postes seront rapidement de nouveau actifs dès la fin de la crise.

Deuxième enseignement, et cela est possible avec les statistiques américaines, comme le montre le graphique, ce sont surtout les jeunes qui ont perdu leur emploi.

A propos de chômage les chiffres vont exploser dans tous les pays, même si c’est transitoire, cela laissera des traces et mettra du temps à se résorber. C’est entre autres le cas en Espagne, où le nombre de pertes d’emploi est de 900.000 depuis le début du lockdown, dont 500.000 travailleurs intérimaires. Deux secteurs sont particulièrement affectés, celui de la construction et du tourisme.

Recul des indices de confiance

Cette hausse du chômage dans le secteur des services se retrouve également dans les indices de confiance. Comme le montre le graphique, l’indice PMI des services en zone euro a confirmé sa chute, alors que l’indice ISM non manufacturier aux Etats-Unis n’a commencé son mouvement de baisse qu’avec un mois de décalage car les Etats-Unis ont été confrontés au virus après l’Europe.

Cette chute des indices de confiance dans le secteur des services a bien évidemment touché tous les pays de la zone euro sans exception, mais se retrouve aussi en Russie où l’indice est passé de 52 à 37.1, soit son niveau le plus bas depuis 11 ans.

Accord ou pas ?

Les pays de l’OPEP+ devaient tenir une réunion aujourd’hui, mais elle a été déplacée à jeudi pour tenter de concilier les différents points du vue et tenter de trouver un accord pour réduire la production.

Manifestement, il semble y avoir une volonté d’aboutir cette fois-ci pour réduire la production en mai. La perspective d’un accord a déjà fait remonter le prix du baril (voir graphique), mais cette hausse est encore timide et fragile et l’absence d’un accord provoquera inéluctablement une nouvelle dégringolade des prix.

Stabilisation ?

Peut-on aussi parler d’une certaine stabilisation sur les marchés financiers et les bourses ? Il est certain que le ralentissement de la progression du virus a rassuré les bourses, ce qui explique la hausse du Nikkei ce matin et la très bonne orientation des futures sur les bourses européennes.

Le deuxième facteur qui a apporté une petite stabilisation des marchés est l’annonce par la Chine d’une nouvelle baisse des taux de réserve obligatoires des banques de petites et moyennes tailles. Le taux actuel de 6% sera réduit de 0.50% le 15 avril et de 0.50% le 15 mai. Cette décision, qui est la troisième baisse depuis le début de l’année, permet de libérer environ 56 milliards de dollars de ligne de crédit.

Les autorités monétaires continuent donc d’ajuster graduellement les taux et devraient encore procéder à des baisses des différents taux dans les prochains mois. Et de son côté le gouvernement doit encore annoncer un vaste plan de relance pour soutenir la consommation intérieure.