L’Allemagne, malade

Posté le 10 février 2020

two Germany flags on top of the Reichstag

L’Allemagne ne montre finalement aucun signe tangible de reprise et donne le sentiment de s’enfoncer dans le déni.

Chute de la production

Le production industrielle a chuté de -3.5% au mois de décembre, soit la plus forte baisse depuis janvier 2009. Comme le montre le graphique, après une petite reprise, la production industrielle a replongé alors même que le ralentissement provoqué par le coronavirus n’a pas encore fait sentir ses effets.

Plus interpellant encore, les commandes à l’industrie sont en recul, ce qui n’augure évidemment rien de positif pour les prochains mois. Ce recul est lié à la guerre commerciale, au Brexit, mais aussi à une demande moindre émanant des pays de l’UE.

Et pour compliquer encore les choses, le secteur de la construction, qui avait sauvé la croissance en 2019, montre aussi des signes de ralentissement avec un recul de -8.7% des commandes.

Comme en plus, l’arrêt de l’activité en Chine va avoir un impact négatif, en particulier pour le secteur automobile, il ne faut pas s’attendre à un rebond de l’activité en janvier.

Et c’est vrai que l’activité économique dans l’UE en décembre a souffert et pas seulement en Allemagne comme l’ont montré les chiffres en France. Là aussi la production industrielle a sérieusement reculé, de -2.8%. Ce recul s’explique en partie à cause de la grève qui a paralysé le pays certains jours, mais aussi à une demande moindre émanant des pays de l’UE.

Santé insolente

C’est un peu la réflexion que l’on peut se faire quand on observe les chiffres du chômage aux Etats-Unis.

Même si le taux de chômage a légèrement progressé en passant de 3.5% à 3.6%, les créations d’emploi ont dépassé les attentes. Ces dernières ont été de 225.000, avec en particulier une forte hausse dans le secteur de la construction.

La hausse des salaires reste modérée à 3.1% à 3% et le taux d’emploi s’est légèrement amélioré à 63.4%, soit quand même le meilleur taux depuis juin 2013.

Inflation en hausse

Nous ne disposerons pas de beaucoup d’indicateurs économiques provenant de la Chine dans les prochaines semaines et donc ceux distillés au compte-goutte prendront encore plus d’importance.

L’arrêt de l’activité et les difficultés d’approvisionnement ont logiquement poussé les prix à la hausse. Le taux d’inflation se situe à 5.4% contre 4.5% le mois passé, soit son niveau le plus élevé depuis octobre 2011.

Les prix à la production sont aussi à la hausse comme le montre le graphique mais cette hausse risque d’être provisoire car le ralentissement de l’activité pèsera par la suite.

Tout comme pour l’inflation, la hausse sera limitée et ne sera pas un frein à de nouvelles mesures d’assouplissement de la part des autorités monétaires.

En attendant, l’activité devrait toujours tourner au ralenti avec un décompte qui continue de s’aggraver. Nous en sommes à 910 morts et 40.100 personnes contaminées mais avec aussi plus de 130 personnes contaminées sur le bateau en quarantaine au Japon et des cas en plus en France.

Baisse des taux avant..

La banque centrale de Russie a décidé de réduire de 0.25% son taux central pour le porter à 6%, compte tenu de la faiblesse de l’inflation qui est tombée à 2.4% alors que son objectif est entre 3.5% et 4%.

Une baisse des taux avant sans doute une baisse de la production de pétrole de la part de l’OPEP + vu l’effondrement de la demande venant de Chine. Il est question d’une réduction supplémentaire de 600.000 barils par jour en lieu et place de la réduction de 500.000 barils qui est d’application pour le moment mais qui était normalement temporaire.

Au moins pour les pays importateurs, donc pour l’UE, c’est une bonne nouvelle qui devrait un peu aider nos entreprises.