Les marchés détestent l’incertitude

Posté le 8 janvier 2020

Sommes-nous face à une période de provocations de part et d’autre sans pour autant franchir l’irréparable ? A priori on peut penser que personne n’a intérêt à l’escalade mais le risque de dérapage ne peut pas être exclu.

Première réaction iranienne

L’Iran a en effet procédé à une attaque de missiles contre deux bases américaines en Irak, celle de Ain Al-Asad et celle d’Erbil, sans faire de victimes. Cette attaque revendiquée par les Gardiens de la révolution pourrait provoquer une réaction des troupes américaines compte tenu des menaces de Trump.

Voilà en tout cas les marchés financiers plongés dans l’incertitude ce qu’ils détestent par-dessus tout. Car s’ils peuvent calculer/intégrer le risque, ils ne peuvent en rien « pricer » l’incertitude.

Les réactions ce matin sont donc conformes à cette incertitude avec une hausse de l’or (voir graphique), qui approche les 1.600$, et un recul des bourses asiatiques. Le reste étant assez calme vu que personne ne sait quelle tournure les événements vont prendre.

Recul du déficit américain

Conséquence de la guerre commerciale, et Trump ne manquera pas de s’en vanter, le déficit commercial américain a diminué de 8.2% à 43.1 milliards de dollars en novembre. Il s’agit de son niveau le plus bas depuis octobre 2016. Et cerise sur le gâteau, le déficit par rapport à la Chine s’est réduit de 15.7% et par rapport à l’UE de 20.2%.

Cette réduction du déficit est la conséquence d’une hausse de 0.7% des exportations et d’un recul de -1.4% des importations, preuve que les tarifs douaniers ont été efficaces. Ce qui signifie que les exportations contribueront positivement au chiffre du PIB pour le quatrième trimestre.

Il faut cependant nuancer ce recul du déficit commercial par deux réflexions. La première est que les importations de pétrole sont tombées à leurs niveaux le plus bas depuis 1992 et que cela n’a évidemment strictement rien à voir avec les hausses des tarifs douaniers. La deuxième est qu’un recul des importations peut aussi être le signe d’un ralentissement de la consommation et/ou de l’impact négatif de la hausse des prix à cause de la hausse des tarifs douaniers.

Il est évident aussi que le recul de l’activité dans le secteur manufacturier a contribué au recul des importations.

Cependant, la croissance de l’économie américaine devrait rester solide, et à contrario du secteur manufacturier, le secteur des services se reprend comme l’illustre le graphique des indices ISM.

Petite hausse de l’inflation

Même si la hausse est modeste et à relativiser, l’inflation en zone euro a progressé de 0.3% en décembre, soit un taux annuel qui est passé de 1% à 1.3%. Cependant, si l’on retire l’énergie, l’inflation est restée stable à 1.3% comme le montre le graphique.

Il est évidemment encore trop tôt pour espérer une hausse de l’inflation plus significative pour le moment, mais il est intéressant de constater que les ventes de détail ont nettement progressé au mois de novembre en zone euro. Ces dernières ont  en effet augmenté de 1% d’un mois à l’autre, après un recul de -0.3%, soit un taux annuel de 2.2% contre 1.7%.

La consommation permet de sauver en quelque sorte la croissance dans la zone euro, avec le secteur des services. Sans surprise, quand on analyse les chiffres des ventes de détail par pays publiés par Eurostat, celui qui a connu la plus forte correction sur le mois de novembre a été la Grande-Bretagne avec une baisse de -1.7%.

Industrie 4.0

Je voudrais rebondir sur mon dernier paragraphe, car la croissance en Europe sera aussi assurée à l’avenir, si nous nous en donnons les moyens, par le redéploiement de l’industrie grâce à l’industrie 4.0.

Je voudrais dans ce cadre partager la réflexion publiée dans Les Echos par Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie et des Finances en France, réflexion qui s’applique totalement à nos PME wallonnes et qu’elles pourraient/devraient totalement intégrer. Vous pouvez la lire via le lien ; https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/lindustrie-40-nest-pas-une-option-pour-notre-economie-1160455

De plus cette réflexion s’inscrit totalement dans la démarche de Digital Wallonia ttps://www.digitalwallonia.be/fr.