Il est prêt à toutes les bassesses et à toutes les compromissions pour tenter de masquer l’impact de ses choix politiques et militaires, mais plus personne n’est dupe, et la confiance continue de s’effondrer.
Saturer l’espace pour masquer la chute de la confiance
Il est prêt à toutes les bassesses et à toutes les compromissions pour tenter de masquer l’impact de ses choix politiques et militaires, mais plus personne n’est dupe, et la confiance continue de s’effondrer.
Effondrement de la confiance
C’est ce qui est ressorti vendredi de la publication de l’indice de confiance de l’Université du Michigan, indice qui est passé de 48,1 en septembre à 46,3 ce mois-ci.
Paradoxe, cette chute de la confiance ne veut pas pour autant dire chute de la consommation, car les dépenses des consommateurs sont principalement portées par les ménages à revenu plus élevé.

Ce constat a été confirmé par un autre rapport de l’Université du Michigan, qui montre qu’un peu moins d’un tiers des consommateurs devraient dépenser normalement l’année à venir pour des produits ayant connu de fortes hausses de prix, tandis que 54 % ont déclaré qu’ils allaient réduire leurs dépenses. Environ 16 % des consommateurs ont déclaré qu’ils cesseraient d’acheter.
Mais le ressenti demeure extrêmement négatif face à la hausse des prix de l’énergie, face à la hausse des taux des prêts hypothécaires, et face à l’augmentation généralisée du coût de la vie.
Et cela se reflète dans les attentes des consommateurs pour l’inflation de l’année prochaine qui ont augmenté à 4,7 % contre 4,6 % en septembre. Comme le montre le graphique, ces attentes ont fortement augmenté depuis le début du conflit en Iran.

Les attentes des consommateurs concernant l’inflation pour les cinq prochaines années sont passées à 3,5 % contre 3,4 % en septembre.
Et ce ne sont pas les annonces contradictoires qui vont changer la perception extrêmement négative des consommateurs américains par rapport à leur situation quotidienne.
Entre un soi-disant cessez-le-feu énergétique entre l’Ukraine et la Russie dont personne n’est au courant, des annonces selon lesquelles la Russie allait exporter du diesel aux Etats-Unis alors qu’elle n’en a déjà pas assez pour ses propres besoins, il tente de saturer l’espace pour faire oublier ses déboires.
Et en attendant, le prix du baril continue de faire du yo-yo, influencé par les frappes ukrainiennes sur les raffineries en Russie, les attaques des Houthis sur l’aéroport de Riyadh, et les attaques qui se poursuivent dans le détroit d’Ormuz.
Et cette réalité explique pourquoi environ 78 % des Américains attribuent aux politiques de Trump la hausse des prix, selon un sondage Reuters/Ipsos publié vendredi.
Cinquante-sept pour cent des républicains ont déclaré que les coûts augmentaient plus vite que leurs salaires, alors qu’il avait promis lors de sa campagne qu’il allait réduire l’inflation et baisser les prix « dès le premier jour ».
Environ un républicain sur quatre désapprouvait la gestion de l’économie par Trump, un avis partagé par 63 % des indépendants et 92 % des démocrates. La désapprobation était encore plus vive en ce qui concerne l’inflation, avec 68 % de tous les répondants et 40 % des républicains mécontents.
Mais les clichés ont la dent dure, pour 45 % des répondants l’immigration non autorisée était une cause principale de la hausse des prix, reprenant l’argument de l’administration Trump selon lequel les illégaux créent une demande supplémentaire pour des biens comme le logement, ce qui fait grimper les prix.

Saturer l’espace, c’est aussi faire diversion, et Trump s’en est une nouvelle fois pris à la gouverneure de la Réserve fédérale, Lisa Cook, en lançant une nouvelle enquête.
Un comité d’enquête se tiendra à la Maison Blanche le 5 novembre « pour examiner les preuves et allégations contre le gouverneur Cook », indique le mémorandum présidentiel.
Le principal conseiller en politique économique de Trump, Kevin Hassett, la présidente de la Commission pour l’égalité des chances en matière d’emploi Andrea Lucas, et le directeur par intérim du Bureau de l’éthique gouvernementale, Keith Sonderling, composeront le nouveau comité, indique le mémorandum. Ces membres, leurs représentants ou membres du ministère de la Justice interrogeront Cook « pas plus de quatre heures ».
Pour les avocats de Cook, « la gouverneure Cook se réjouit de l’occasion de présenter les faits afin de pouvoir laver son nom et démontrer qu’il n’y a aucune base légale pour la licencier ».
Le comité formulera sa recommandation à Trump sur la question de savoir s’il a des raisons de destituer Cook « dès que possible » après la date limite du 10 novembre pour que Cook soumette une déclaration post-audience, selon la note.
La sénatrice Elizabeth Warren, la principale démocrate du Comité bancaire du Sénat qui supervise la FED, a qualifié l’audience de « tribunal kangourou » et de partie de la « dangereuse quête de Trump pour prendre illégalement le contrôle de la Banque centrale de notre pays ».
Car s’il parvient à destituer Cook, il peut alors placer un de ses sbires pour influencer la politique de la FED et faire baisser les taux comme dans ses rêves.
