Sans surprise, l’inflation s’affiche en hausse, aussi bien en zone euro qu’aux Etats-Unis, étant donné qu’il s’agit des données des mois d’août et de septembre qui ont connu une nouvelle tension sur le prix du baril.
Même l’IA attise l’inflation
Sans surprise, l’inflation s’affiche en hausse, aussi bien en zone euro qu’aux Etats-Unis, étant donné qu’il s’agit des données des mois d’août et de septembre qui ont connu une nouvelle tension sur le prix du baril.
Inflation en hausse toute
Commençons par notre pays, où l’inflation est passée de 3,97 % en août à 4,69 % en septembre, en nette hausse, à cause des prix énergétiques, mais aussi à cause des investissements dans l’IA, qui impacte les mémoires et autres produits sous-jacents, comme le montre le tableau des plus fortes hausses sur un an, publié par Statbel.

L’inflation sous-jacente, qui fait justement abstraction des produits énergétiques, est restée quasiment inchangée à 3 % en septembre contre 2,99 % en août.
En Espagne, l’inflation est passée de 4,6 % à 5 %, son niveau le plus élevé depuis février 2023. Et l’inflation sous-jacente a aussi progressé en passant de 2,9 % à 3,1 %.
En France, elle devrait passer de 2,6 % à 3,1 % et en Allemagne de 2,90 % à 3,20 % pour le mois de septembre. Ce qui signifie que l’inflation en zone euro, dont le chiffre sera publié vendredi, devrait aussi augmenter et est attendue à 3,63 %, un chiffre largement supérieur à l’objectif de la BCE.
Aux Etats-Unis, l’indice Core PCE, indice très regardé par la FED, est attendu inchangé à 3,3 %, soit un niveau aussi largement au-dessus de l’objectif de la FED.
Ce qui a fait déjà dire au gouverneur de la FED, Michael Barr, « je ne vois pas encore de tendance claire vers un retour opportun à 2 % ». Dès lors, « nous devons réajuster la politique pour nous retrouver dans une meilleure position qui équilibre plus équitablement les risques pour les deux composantes de notre double mandat », à savoir le marché de l’emploi et l’inflation.
Et il n’a pas fait mystère de sa position en soulignant, « dans mon cas de base, d’autres ajustements de politique sont probablement nécessaires pour garantir que l’inflation atteigne rapidement l’objectif ».
Comme d’autres membres de la FED, il a souligné que cette inflation trop élevée est la conséquence du conflit au Moyen-Orient, mais pas que, le développement de l’IA a stimulé la demande pour certains biens high-tech, ce qui a provoqué une hausse des prix pour les entreprises et les consommateurs.
Continuons notre petit tour d’horizon, l’inflation en Australie s’est aussi accélérée en août en passant 3,5 % à 4 %, en taux annuel.
Et l’inflation sous-jacente est restée stable à 3,6 %, soit un niveau largement au-dessus de l’objectif cible de 2 %-3 % de la Banque centrale.
Le rapport de ce matin a montré que les prix des logements neufs ont bondi de 5,4 % en août par rapport à l’année précédente, les promoteurs répercutant des coûts plus élevés sur les acheteurs. Les prix de l’électricité ont bondi de 13,2 % par rapport à l’année précédente.
Comme aux Etats-Unis, l’inflation est tirée vers le haut par les prix de l’énergie, mais aussi par les investissements en IA, le territoire australien offrant de nombreuses opportunités d’investissement pour les centres de données.
Une bonne nouvelle cependant, le prix du baril a un peu baissé, car selon les données de Kpler, les exportations de pétrole brut provenant des principaux producteurs du Moyen-Orient ont rebondi en septembre à 16,328 millions de barils par jour, le plus haut niveau depuis le début de la guerre.
Et cette reprise a eu lieu car le trafic s’est intensifié via le détroit d’Ormuz, et devaient atteindre environ 9,719 millions de barils par jour ce mois-ci. Pour autant « Kpler estime les exportations de brut du Moyen-Orient à un peu moins de 80 % des niveaux d’avant le conflit », a-t-il indiqué dans une note.
La baisse des prix est cependant limitée, car les stocks sont à des niveaux extrêmement faibles, et la demande en Asie est extrêmement forte pour reconstituer ces derniers.
Constat unanime
Aussi bien l’indice officiel que l’indice privé en Chine montrent une activité industrielle qui reste soutenue, mais par les exportations uniquement et non pas par la consommation intérieure.

L’indice PMI officiel des services et de la construction a aussi légèrement progressé en passant de 49 en août à 50,2 en septembre.
Ces indices confirment que les exportations sont soutenues par les investissements dans l’IA, mais que la demande intérieure reste atone, ce qui devrait peser sur la croissance.
Revers de la médaille, cette activité soutenue de l’industrie en Chine exacerbe la demande pour les matières premières, comme le cuivre, qui interviennent dans les produits technologiques.

Ce qui pourrait maintenir une pression inflationniste, même en cas de reflux du prix du baril.
Chute de la confiance
Cette hausse de l’inflation, ainsi que la hausse des taux, ont provoqué une sérieuse chute de la confiance des consommateurs américains, l’indice du Conference Board tombant à son niveau le plus bas depuis 12 ans et demi en septembre.

Dana Peterson, économiste en chef du Conference Board, a noté que les réponses des consommateurs sur l’économie étaient majoritairement pessimistes, ajoutant que « les références aux prix, au coût élevé des biens et services, et aux prix du pétrole et du gaz en particulier, ont atteint de nouveaux sommets. »
Résultat, la proportion de personnes considérant les emplois comme « difficiles à obtenir » est montée à 21,9 %, le chiffre le plus élevé depuis janvier 2021, contre 20,3 % en août.
