La résilience économique à l’épreuve des conflits

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Même si l’Allemagne pourrait se retrouver en première ligne dans les tensions avec la Russie, et que la position de fermeté de l’Europe sera essentielle pour éviter un dérapage, les données économiques continuent d’être positives.

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Même si l’Allemagne pourrait se retrouver en première ligne dans les tensions avec la Russie, et que la position de fermeté de l’Europe sera essentielle pour éviter un dérapage, les données économiques continuent d’être positives.

A un point tel

Que l’Institut allemand de recherche économique, DIW, a fortement relevé ses prévisions de croissance, tablant dorénavant sur un taux de 1,2 % pour cette année contre 0,5 % précédemment, et par la suite une croissance de 1 % en 2027 et 0,7 % en 2028.

C’est une forte révision, mais pour autant, ne tombons pas dans l’euphorie, comme le soulignait Geraldine Dany-Knedlik, responsable des prévisions économiques chez DIW, « l’économie allemande se redresse un peu mieux cette année que prévu, mais elle reste sur un terrain plutôt fragile ».

Car les points de fragilité demeurent, avec une faible demande des ménages, certains secteurs qui sont impactés par la hausse des coûts énergétiques, et des problèmes structurels dans l’industrie.

Car selon le DIW, la consommation publique et l’investissement représenteront environ 70 % de la croissance de cette année, , soutenus par les infrastructures, le climat et les dépenses de défense.

L’économie allemande est peut-être à un tournant, mais tout va dépendre de sa capacité à profiter de cette reprise et qu’elle se concrétise pour les ménages, malgré un contexte géopolitique extrêmement inquiétant.

Indices PMI des services

En Chine, cet indice a progressé en passant de 50,4 en juillet à 51,4 en août, avec comme moteur principal la demande intérieure.

Mais comme pour l’industrie, les entreprises ont invoqué des coûts plus élevés de main-d’œuvre, de matériaux, de carburant et de remplacement d’équipements.

Résultat, l’indice composite est passé de 50,8 en juillet à 52,1 en août, ce qui indique une croissance plus rapide de l’activité.

Au Japon, cet indice des services s’affiche également en hausse, passant de 51,2 en juillet à 52,5 en août, grâce à une forte demande intérieure.

Elément important, l’inflation des coûts des intrants a ralenti à un plus bas de quatre mois mais est restée parmi les plus rapides depuis trois ans et demi.

Ce qui a fait dire à Annabel Fiddes, directrice associée économique chez S&P Global Market Intelligence, « l’inflation officielle pourrait encore augmenter dans les mois à venir et, parallèlement à une croissance plus forte, renforce l’argument en faveur d’une nouvelle hausse des taux d’intérêt par la Banque du Japon ».

Le PMI composite est passé à 53,5 en août, son meilleur rythme depuis six mois, contre 52,7 en juillet.

A propos de la BOJ, une hausse des taux en septembre est déjà largement intégrée par le marché, avec un rendement du taux à 2 ans qui anticipe même encore plusieurs hausses de taux, ce qui l’a propulsé à son niveau le plus élevé depuis 1995.

Son gouverneur Kazuo Ueda, a, en tout cas, donné des signes assez clairs que les conditions étaient réunies, en déclarant « nous espérons continuer à augmenter les taux d’intérêt tant que les conditions financières restent accommodantes. D’un autre côté, nous avons déjà augmenté les taux cinq fois jusqu’à présent, nous devons donc évaluer attentivement l’impact cumulatif sur l’économie ».

Tout en rajoutant, « cela dit, nous fixerons une politique en tenant compte des risques à la hausse liés à l’inflation ».

Même si Ueda garde la main, compte tenu du fait que le marché a déjà intégré une hausse de 0,25 % lors de la réunion des 17 et 18 septembre, un statu quo monétaire aurait comme conséquence d’accentuer la pression à la baisse sur le yen, faisant courir le risque d’augmenter l’inflation importée et de provoquer l’ire de l’administration américaine.

Statu quo

Prise en tenaille entre la guerre commerciale et les risques inflationnistes, la Banque centrale du Canada a laissé son taux inchangé à 2,25 %.

Comme les nouveaux tarifs douaniers sont entrés en application depuis le début du mois, il est encore trop tôt pour en estimer leur impact. D’un côté, les droits imposés par les Américains risquent fort de peser sur l’activité des entreprises canadiennes et dès lors sur la croissance.

Et d’un autre côté, comme l’a pointé le communiqué de la Banque centrale, « les nouveaux tarifs américains et les contre-tarifs canadiens augmenteront également les coûts pour certaines entreprises et pourraient se répercuter sur les prix à la consommation au fil du temps ».

Résultat, « les risques à la hausse liés à l’inflation ont augmenté, tandis que de nouveaux tarifs rendent les perspectives de croissance plus incertaines ».

Il est dès lors fort à parier que le statu quo devrait se poursuivre encore quelques mois avant de pouvoir évaluer les conséquences de cette guerre commerciale.

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