Au moment où le marché doute sur les valorisations des valeurs technologiques, et de la hausse exponentielle de leur besoin de financement, le rapport annuel de la Banque des règlements internationaux, sorti hier, s’inquiète de la viabilité de l’IA.
L’IA à crédit, le virtuel face au réel
Au moment où le marché doute sur les valorisations des valeurs technologiques, et de la hausse exponentielle de leur besoin de financement, le rapport annuel de la Banque des règlements internationaux, sorti hier, s’inquiète de la viabilité de l’IA.
Rapport de la BRI
Avant de revenir à ce point, ce rapport s’inquiète de la reprise de l’inflation en mettant en garde contre le fait que des perturbations de l’offre plus fréquentes pourraient ancrer des anticipations d’inflation plus élevées chez les ménages et les entreprises. Je suis justement revenu vendredi dans le podcast de Trends Z « Le regard décalé » sur cette question de l’inflation.
Et de souligner que les Banques centrales se doivent d’agir si elles constatent un ancrage des anticipations d’inflation.
Concernant l’IA, la BRI a mis en garde quant à la pérennité de la forte hausse actuelle des investissements , s’inquiétant du fait que la situation actuelle pourrait conduire au type de surinvestissement observé lors des précédents cycles d’expansion et de récession.
Et de pointer le fait que les valorisations élevées des actifs et les signes de complaisance des investisseurs ont rendu les marchés obligataires de référence plus fragiles, tandis que le financement de l’essor de l’IA semble également de plus en plus dépendre de la dette et de structures de financement complexes.
Et la situation mérite une attention particulière, souligne la BRI, vu le niveau record des dettes publiques, avec des risques de stabilité financière.
Pour Pablo Hernandez de Cos, directeur général de la BRI, le message de la BRI était un message d’« urgence » quant à la nécessité de réduire les niveaux d’endettement dans les principales économies, « car le fait est qu’aujourd’hui, la dette est élevée, et qu’elle est financée par des intermédiaires financiers non bancaires ».
« Les décideurs politiques doivent agir dès maintenant. Tout retard ne fera que rendre les ajustements nécessaires plus coûteux », a déclaré de Cos.
Aggravation du déficit
Du déficit commercial américain sur les biens, qui a atteint, en mai, son plus haut niveau depuis 14 mois.
Cette aggravation est la conséquence d’une hausse des importations, probablement pour éviter les pénuries et la hausse des prix liées à la guerre au Moyen-Orient.
Le déficit commercial des biens a augmenté de 27,4 % pour atteindre 105,8 milliards de dollars, avec des importations de biens qui ont augmenté de 10,9 milliards de dollars, soit 3,6 %, pour atteindre 313,4 milliards de dollars.
Et il est amusant de constater que ces importations sont restées élevées malgré les droits de douane imposés par l’administration Trump.
Mais le déficit s’est aggravé aussi parce que les exportations de biens ont reculé de 11,8 milliards de dollars, pour s’établir à 207,7 milliards de dollars en mai.
Elles ont été pénalisées par une chute de 9,2 % des exportations de biens de consommation. Les exportations de fournitures industrielles ont chuté de 7,0 %, tandis que celles de biens d’équipement ont reculé de 5,0 %.
Résultat, les exportations nettes devraient être négatives au deuxième trimestre et dès lors peser sur la croissance.
Mais d’un autre côté, la reprise des stocks devrait apporter une contribution positive à la croissance, l’un pourrait dès lors compenser une partie de l’autre.
Consommation solide
Elle contribue largement à la croissance aux Etats-Unis, malgré des indices de confiance des consommateurs qui demeurent bas.
Ainsi, l’indice de confiance de l’Université du Michigan, même s’il s’est légèrement redressé, demeure à des niveaux très bas et les ménages restent préoccupés par le coût élevé de la vie.

« Le coût de la vie reste au premier plan des préoccupations des consommateurs », a déclaré Joanne Hsu, directrice du département des enquêtes auprès des consommateurs. « Pour le troisième mois consécutif, plus de la moitié des consommateurs ont spontanément mentionné que le niveau élevé des prix pesait sur leurs finances personnelles. »
Concernant les anticipations des consommateurs en matière d’inflation pour cette année, elles demeurent élevées avec un taux de 4,6 % en juin, contre 4,8 % en mai.
Et les anticipations des consommateurs concernant l’inflation pour les cinq prochaines années ont reculé à 3,3 %, contre 3,9 % le mois dernier.
A propos d’anticipations d’inflation
En zone euro, selon une enquête de la BCE, les consommateurs ont revu à la baisse leurs anticipations de hausse des prix pour l’année à venir, les ramenant à 3,5 % en mai contre 4,0 % le mois précédent, tandis que les anticipations à trois et cinq ans sont restées stables, à respectivement 2,9 % et 2,4 %.
La BCE constate que « l’incertitude concernant les anticipations d’inflation pour les 12 prochains mois a diminué, mais est restée à un niveau plus élevé qu’avant le début de la guerre au Moyen-Orient ».
Comme la BCE a, en partie, justifié sa hausse de taux de crainte de voir les anticipations d’inflation s’ancrer durablement, ce recul pourrait l’inciter à attendre avant d’envisager une nouvelle hausse de taux.
