L’élan chinois face au coup de frein allemand

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L’agilité des entreprises chinoises est une nouvelle fois confirmée avec les chiffres des exportations, qui montrent que ces dernières ont profité de la forte demande des puces et des produits de haute technologie.

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L’agilité des entreprises chinoises est une nouvelle fois confirmée avec les chiffres des exportations, qui montrent que ces dernières ont profité de la forte demande des puces et des produits de haute technologie.

Agilité

Malgré la guerre en Iran, et les entraves, les exportations chinoises ont augmenté de 19,4 % en taux annuel en mai, contre une hausse de 14,1 % en avril.

Les importations ne sont pas en reste avec une hausse de 27,4 % en taux annuel, contre une hausse de 25,3 % le mois précédent.

Quelques chiffres qui donnent le vertige. La croissance des exportations de circuits intégrés a augmenté de 111 % en taux annuel, celles des équipements de traitement automatique des données de 66,1 %, celles des produits de haute technologie ont augmenté de 50,9 % et les expéditions de voitures ont fait un bond de 39 %.

Mais ces chiffres cachent peut-être un ralentissement à venir de l’activité, et un essoufflement de la demande, après que les entreprises aient constitué des stocks de précaution.

Résultat, l’excédent commercial de la Chine s’est élevé à 105,43 milliards de dollars en mai, contre 84,8 milliards de dollars le mois précédent.

Les exportations vers les Etats-Unis ont augmenté de 20,4 % en taux annuel, celles vers Taïwan de 19,6 %, et vers la Corée du Sud de 83,6 %.

La hausse des importations est aussi à souligner, car les importations chinoises de pétrole brut ont chuté de 29 % en mai en taux annuel pour atteindre leur niveau le plus bas en huit ans. Ce qui explique pourquoi le prix du baril ne s’est pas envolé à 150 dollars.

Comparaison cruelle

L’agilité des industriels en Chine fait rêver, en particulier, les industriels allemands, qui ont vu les commandes industrielles baisser de 3,8 % en avril par rapport au mois précédent.

La comparaison de trois mois à trois mois, moins volatile, a montré que les nouvelles commandes pour la période allant de février à avril étaient inférieures de 3,1 % à celles des trois mois précédents.

Les commandes étrangères ont baissé de 4,2 % en avril, les commandes en provenance de la zone euro diminuant de 11,1 % et celles en provenance de l’extérieur de la zone euro augmentant de 0,8 %.

Compte tenu de l’évolution des indices PMI et de la guerre qui perdure au Moyen-Orient, les industriels allemands devraient encore souffrir, ce qui signifie que l’économie allemande risque fort de se contracter au deuxième trimestre.

Pour preuve de ce ralentissement, les exportations allemandes sont attendues en recul de 0,5 % en avril après une hausse de 0,5 % le mois précédent.

Hausse de l’inflation

Demain, seront publiés les chiffres d’inflation aux Etats-Unis, et après la très bonne tenue du marché de l’emploi, ces chiffres seront scrutés pour déterminer les décisions futures de la FED.

En taux annuel, l’inflation devrait passer de 3,8 % à 4,2 %, et l’inflation de base de 2,8 % à 2,9 %, chiffres qui s’éloignent encore un peu plus de l’objectif de 2 % de la Banque centrale.

Cette dernière est aussi très attentive aux anticipations d’inflation de la part des ménages américains, car elles peuvent influencer les décisions de consommation.

Selon une enquête publiée par la FED de New York, hier, l’inflation dans un an est attendue à 3,5 % contre 3,6 % en avril, tandis que les personnes interrogées voient l’inflation dans trois ans et cinq ans à 3,1 % et 3,0 %, respectivement.

Si ces données montrent une stabilisation, cette enquête montre cependant que l’incertitude concernant l’inflation future a augmenté.

Preuve de l’importance de cet indicateur, Beth Hammack, présidente de la FED de Cleveland, avait déclaré en début de mois, « si les anticipations d’inflation commencent à s’éloigner de l’objectif de 2 %, c’est le signe qu’une mentalité inflationniste est en train de s’installer. Je n’en vois pas les signes pour l’instant, mais c’est quelque chose que je surveille de près ».

Cette enquête a aussi révélé que si les inquiétudes sont moindres quant à l’augmentation future du chômage, mais les personnes interrogées sont moins confiantes quant à la possibilité de trouver un emploi si elles se retrouvent au chômage.

Les membres de la FED vont analyser ces dernières tendances et les chiffres d’inflation et sur le marché de l’emploi la semaine prochaine durant leur réunion. Le statu quo est attendu, mais il faudra voir quel message va faire passer le nouveau président de la FED. Faire planer la perspective d’une hausse des taux pourrait venir percuter de plein fouet les actions. Mais ne pas montrer de préoccupation pour le niveau actuel de l’inflation pourrait poser des questions sur son indépendance par rapport à l’administration Trump. 

Pour sa première conférence de presse, il joue gros et va devoir convaincre qu’il a la stature et l’indépendance totale pour assurer la crédibilité de la FED.

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