Il a eu beau appeler à une baisse des taux, toutes ses mesures ayant eu des effets inflationnistes, les taux sont orientés nettement à la hausse depuis le début de son mandat.
Le bouclier existe, encore faut-il y avoir droit
Il a eu beau appeler à une baisse des taux, toutes ses mesures ayant eu des effets inflationnistes, les taux sont orientés nettement à la hausse depuis le début de son mandat.
Dont …
Le taux des prêts hypothécaires à 30 ans qui s’est établi à 7,49 % fin de la semaine passée, en hausse de 19 points de base sur la semaine, et affichant son niveau le plus élevé depuis novembre 2023.
Comme le montre le graphique, ce taux a augmenté de 1,4 % depuis le début de la guerre en Iran, suivant en cela la hausse des taux des obligations américaines.

Résultat, les demandes de prêts hypothécaires ont chuté de 4,2 % la semaine dernière par rapport à la semaine précédente, a indiqué le MBA. Le volume global de demandes est le plus bas depuis février 2025 et a diminué de près de 50 % depuis janvier.
Et pour la suite ?
Si l’unanimité a été de mise lors de la dernière réunion de la FED pour augmenter les taux d’intérêt, comme l’ont montré les minutes de cette réunion.
En revanche, les avis ont fortement divergé entre ceux qui voyaient cette hausse en grande partie comme préventive, et ceux pour qui elle représentait un virage vers une politique monétaire beaucoup plus stricte visant à freiner l’investissement et les dépenses.
Ce qui augure de débats enflammés lors de la prochaine réunion, qui se tiendra les 27 et 28 octobre, entre les partisans d’un statu quo dans l’attente d’un reflux de l’inflation, et ceux qui pensent qu’il faut encore agir vu la fermeté de la demande.
Mais « de nombreux participants ont souligné qu’une voie plus élevée pour la fourchette cible serait prudente pour des raisons de gestion des risques, offrant une assurance contre une inflation persistante au-dessus de la cible en raison d’une demande plus forte que prévu ou de nouveaux chocs d’offre défavorables », indique le compte rendu de la séance.
Et important à souligner, « plusieurs participants ont déclaré qu’ils considéraient le taux directeur actuel comme non restrictif ou seulement légèrement restrictif. La plupart des participants estimaient qu’une nouvelle augmentation de la fourchette cible du taux des fonds fédéraux serait probablement appropriée d’ici la fin de l’année ».
Ces minutes sont venues confirmer que la FED devrait opter pour le statu quo en octobre, qui est une date trop proche des élections, mais par contre procéder à une hausse des taux lors de la réunion des 8 et 9 décembre.
Un gouverneur au créneau
Ce n’est jamais rassurant de voir le gouverneur d’une Banque centrale monter au créneau, et en particulier quand il s’agit de celui de la Banque de France.
Emmanuel Moulin a en effet dû intervenir en soulignant que la situation économique de la France est grave, compte tenu de la hausse de ses coûts d’emprunt, mais le pays n’a pas besoin pour l’instant d’aide de la Banque centrale européenne.
Et de préciser en parlant de l’élargissement du spread entre les obligations françaises et allemandes, « cet écart dans nos taux d’emprunt est lié au fait que nous avons un déficit plus élevé que celui des autres pays de la zone euro et qu’il y a une incertitude politique autour du vote budgétaire ».
Dès lors, il est vital que le gouvernement fasse adopter son budget au parlement, a ajouté Moulin. Car « aujourd’hui, il n’est plus nécessaire de chercher la solution à Francfort ; la solution est ici, chez nous. Je ne pense pas que la Banque centrale européenne doive intervenir pour l’instant, compte tenu des conditions actuelles ».
Rappelons que la BCE a certes mis en place un instrument dont le but est d’éviter qu’une tension sur un pays de la zone euro n’entraîne un effet de contagion sur les autres pays avec un élargissement des spreads.
On pourrait croire que c’est le cas actuellement, j’évoquais il y a deux jours l’élargissement du spread de l’Espagne, et je pourrais prendre celui de la Belgique, comme le montre le graphique.

Mais à ce stade, le problème est spécifiquement français, et si la BCE devait intervenir, la France devrait respecter le cadre budgétaire européen et ne pas être sous procédure de déficit excessif. Or la France est sous procédure de déficit excessif.
C’est le point essentiel, mais la BCE devrait aussi tenir compte de l’absence de déséquilibres macroéconomiques excessifs, d’une dette publique jugée soutenable, et de voir si le pays mène des politiques macroéconomiques saines et durables, avant d’envisager d’intervenir.
Pas vraiment d’accalmie
Le nombre de navires traversant le détroit d’Ormuz est tombé au plus bas niveau depuis plus de deux mois la semaine dernière, après que les attaques contre des pétroliers ont atteint leur plus haut niveau.
Sept navires de marchandises ont traversé le détroit mardi, soit le chiffre le plus bas depuis le 23 juillet, selon les données de la société d’analyse Kpler.
Heureusement, les exportations de la côte du golfe d’Oman et de la mer Rouge ont atteint 6,7 millions de barils par jour, soit plus du double des niveaux d’avant-guerre, compensant ainsi la perte d’approvisionnement depuis le détroit d’Ormuz.
Pas étonnant que dans ces conditions très incertaines, le prix du Brent reste au-dessus des 100 $, et que le prix du gaz, qui avait légèrement reflué, reparte à la hausse.

