La Banque centrale d’Australie n’a pas traîné et a relevé, ce matin, son taux directeur de 0,25 %, ce qui devrait la distinguer des autres Banques centrales, à l’exception de la Banque du Japon, cette année.
L’Australie resserre, l’Inde négocie, les marchés respirent
La Banque centrale d’Australie n’a pas traîné et a relevé, ce matin, son taux directeur de 0,25 %, ce qui devrait la distinguer des autres Banques centrales, à l’exception de la Banque du Japon, cette année.
Décision rapide
La Banque centrale d’Australie a réagi rapidement à la hausse de l’inflation en relevant son taux à 3,85 %, ce qui constitue la première hausse en deux ans, six mois seulement après la dernière réduction opérée en août.
Et manifestement, elle ne devrait pas en rester là, comme le souligne le communiqué « bien qu’une partie de la reprise de l’inflation soit considérée comme reflétant des facteurs temporaires, il est évident que la demande privée croît plus rapidement que prévu, que les pressions sur les capacités sont plus importantes que ce qui avait été évaluées précédemment et que les conditions du marché du travail sont un peu tendues ».
En conséquence, « le conseil a jugé que l’inflation devrait rester supérieure à l’objectif pendant un certain temps et qu’il était approprié d’augmenter le taux cible de liquidités ».
Le marché a tout de suite anticipé une nouvelle hausse des taux en mai, ce qui a entraîné une hausse assez nette du rendement de l’obligation à 2 ans.

Preuve que la hausse devrait se poursuivre, la Banque centrale a déclaré qu’il n’était pas certain que les conditions financières soient restrictives et que certains indicateurs suggéraient qu’elles étaient peut-être accommodantes.
Accord avec l’Inde
Sans aucun doute titillé par l’accord avec l’UE, Trump a annoncé un accord commercial avec l’Inde qui réduit les droits de douane américains sur les produits indiens de 50 % à 18 % en échange de l’arrêt des achats de pétrole russe par l’Inde et de l’abaissement des barrières commerciales.
Prudence cependant, car on ne connaît pas les détails de cet accord, mais clairement cela lève un taux extrêmement pénalisant pour les entreprises indiennes qui exportaient vers les Etats-Unis.
La question est de savoir si l’Inde va acheter du pétrole vénézuélien et à quelles conditions, en sachant qu’elle profitait du pétrole russe qui se traitait entre 10 et 15 dollars en dessous du prix du marché.
Car l’Inde dépend fortement des importations de pétrole, qui couvrent environ 90 % de ses besoins, même si elle a déjà commencé à réduire ses achats de pétrole russe.
Pour la Russie, si cela se confirme, c’est évidemment une très mauvaise nouvelle, et cela réduirait ses entrées de devises indispensables pour financer sa guerre.
Réelle reprise ?
En tout cas, l’indice ISM manufacturier a rebondi nettement en janvier en passant de 47,9 à 52,6.

Mais dans le même temps, les personnes interrogées dans le cadre de cette enquête se sont montrées nettement plus pessimistes qu’optimistes. Certaines personnes interrogées ont noté l’émergence de ce qu’elles ont appelé un sentiment anti-américain des acheteurs.
Cette hausse est peut-être aussi le reflet d’une activité et d’achats qui sont préventifs dans la crainte de nouvelles augmentations de prix.
Ce qui peut expliquer la hausse du sous-indice des nouvelles commandes, mais avec comme résultat que certaines tensions dans les chaînes d’approvisionnement ont réapparu, ce qui s’est traduit par une hausse des coûts des intrants.
L’indice des livraisons des fournisseurs a augmenté à 54,4 contre 50,8 le mois précédent, un indice supérieur à 50 indique un ralentissement des livraisons.
Autre élément à suivre, l’emploi dans les usines s’est encore contracté en janvier, même si le rythme du déclin s’est ralenti.
Après l’émoi
Les marchés financiers se reprennent et font un peu le tri dans les fortes corrections des derniers jours qui offrent de nouvelles opportunités.
La baisse du yen par rapport au dollar donne un nouveau coup de fouet au Nikkei qui affiche une hausse de presque 4 % ce matin.
L’accord commercial entre les Etats-Unis et l’Inde a provoqué une hausse assez nette de la roupie indienne, et a également soutenu les bourses asiatiques.

L’or et l’argent sont repartis à la hausse. Leur chute avait entraîné des secousses sur les marchés mondiaux des matières premières et des actions, les traders ayant vendu d’autres actifs pour renflouer les paris perdus. Mais vu l’ampleur de la baisse, certains sont revenus sur le marché.
Les rendements obligataires sont aussi repartis à la hausse, car la position de Warsh pourrait entraîner une pentification de la courbe aux Etats-Unis.
