La BCE pourrait encore augmenter ses taux de 0.75% en décembre

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Décidément, l’inflation en zone euro ne se calme pas, ce qui va obliger la BCE à garder une position agressive sur les taux.

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Décidément, l’inflation en zone euro ne se calme pas, ce qui va obliger la BCE à garder une position agressive sur les taux.

Nouveau record

Comme demain est un jour férié, et comme le chiffre est important, voici un petit commentaire en plus.

Le taux d’inflation en zone euro a inscrit un nouveau record à 10.7% dépassant donc largement les prévisions. Dans le détail, sur un an, les prix de l’énergie ont bondi de 41.9%, et ceux de l’alimentation, tabac et alcool de 13.1%. Si l’on exclut ces postes, l’inflation est passée de 4.8% à 5%.

Tous les indicateurs d’inflation montrent que l’inflation s’insinue dans tous les pans de la société et qu’il y a un vrai risque d’ancrage généralisé, ce qui devrait alerter la BCE.

La croissance en zone euro a fortement reculé au troisième trimestre avec une hausse de 0.2% seulement contre 0.8% le trimestre précédent, soit un taux annuel à 2.1%. Sur ce troisième trimestre, trois pays affichent un recul de leur PIB, la Lettonie (-1.7%), l’Autriche (-0.1%), et la Belgique (-0.1%) comme je l’indiquais ce matin.

Après l’Allemagne, la bonne surprise est venue de l’Italie qui a connu une croissance de 0.5%, soutenue par la demande intérieure et les services.

Réunions des Banques centrales

Les taux ont peu évolué dans l’attente des réunions des Banques centrales qui auront lieu cette semaine.

La Banque centrale d’Australie se réunit demain et devrait procéder à une hausse modeste de 0.25% pour porter son taux à 2.85% continuant  sur sa lancée d’une politique plus prudente.

La FED, qui se réunit demain et mercredi, augmentera ses taux de 0.75% pour les porter à 3.75-4%. Mais surtout cette réunion sera importante car les membres de la FED vont inéluctablement discuter d’un possible ralentissement dans le processus de hausse des taux.

Avec en filigrane la question de savoir comment tenir compte de l’effet retardé de la hausse des taux d’intérêt américains, qui ralentit considérablement le marché du logement mais n’a pas encore touché l’économie en général ni fait remonter le taux de chômage, actuellement de 3.5 % ?

En sachant en plus que ce vendredi seront publiés les chiffres sur le marché de l’emploi, elle pourrait privilégier de laisser toutes les possibilités ouvertes pour pouvoir appréhender au mieux la situation. Une hausse de 0.50% en décembre lui permettrait de laisser la porte ouverte à encore des hausses de taux l’année prochaine.

La BoE, qui se réunit ce jeudi, devrait augmenter ses taux de 0.75% pour les porter à 3% après un retour au calme sur les taux longs et sur le sterling.

Dollar en hausse

La perspective de la hausse des taux mercredi et aussi les nouvelles frappes russes sur les centrales électriques et de distribution d’eau dans plusieurs villes ukrainiennes (on parle de 50 missiles balistiques)  ont renforcé une nouvelle fois le dollar. Ces frappes montrent que Poutine veut complètement paralyser le pays à défaut de pouvoir gagner la guerre.

En plus, le retrait de la Russie de l’accord sur l’acheminement du blé ukrainien a provoqué une nouvelle hausse du prix du blé sur le marché mondial et fait évidemment craindre d’énormes risques de famine. La fuite en avant de Poutine se poursuit inexorablement.

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