Sommes-nous dans le fugace concernant l’inflation ?

Posté le 14 juillet 2021

 

Même si l’inflation aux Etats-Unis était attendue toujours à un niveau élevé, la poursuite de la hausse a quand même surpris et pesé sur les bourses, malgré son côté temporaire.

Hausse de l’inflation

Cette hausse est la plus forte depuis 13 ans et s’explique en partie par le rebond de l’activité en particulier dans le secteur des services et des voyages. Avec comme le mois passé une hausse des prix des voitures d’occasions et de locations qui représentent un tiers de la hausse.

D’un mois à l’autre, l’inflation a progressé de 0.9%, soit la plus forte hausse depuis juin 2008 avec une hausse de 10.5% des prix des voitures et camions d’occasions. En taux annuel, l’inflation est passée de 5% à 5.4% (voir graphique), soit son niveau le plus élevé depuis août 2008. Même le Core CPI, moins volatile, a poursuivi sa progression avec une hausse mensuelle de 0.9%, soit un taux annuel qui est passé de 3.8% à 4.5%, son niveau le plus élevé depuis 1991.

Autant dire que l’audition de Powell devant le Congrès est attendue avec beaucoup d’intérêt et que la question du caractère temporaire de la hausse de l’inflation se pose avec acuité. Temporaire, mais durable quelques mois, ou bien temporaire parce que l’économie va vite s’essouffler et revenir à un rythme plus modéré, ou temporaire qui pourrait durer ?

Pour corser le tout, la perspective de voir aboutir les négociations sur un plan massif dans les infrastructures pourrait aussi avoir un effet haussier sur l’inflation. En tout cas, un pas en avant a été fait avec l’annonce d’un accord au sein des démocrates du Sénat sur un plan d’investissement de 3.500 milliards de dollars (voir à ce propos mon commentaire sur l’impact des plans dans le blog Moneystore).

Mais ce plan n’a pas été discuté avec les républicains et les démocrates devraient donc approuver ce dernier dans le cadre du processus de « réconciliation » budgétaire qui contourne la règle exigeant au moins 60 voix pour faire avancer une législation dans une chambre de 100 membres.

Les bourses ont légèrement fléchi dans un contexte marqué aussi par le début de la publication des résultats des entreprises pour le deuxième trimestre , le dollar s’est renforcé et les rendements obligataires ont légèrement augmenté mais tout cela s’est fait avec une certaine nonchalance.

Décision surprise

On savait que la Banque centrale de Nouvelle-Zélande serait une des premières à augmenter ses taux, mais le processus a été plus rapide que prévu avec l’annonce ce matin de l’arrêt de son programme de rachats d’obligations de 100 milliards de dollars néo-zélandais.

Cette annonce, qui a provoqué une hausse du dollar néo-zélandais (voir graphique) malgré la hausse du dollar américain, confirme que la hausse des taux pourrait intervenir rapidement et plus tôt que prévu.

La Nouvelle-Zélande a réussi à maîtriser la pandémie et même si le gouverneur reste encore prudent avant de procéder à une hausse de taux, le processus est clairement engagé. Par rapport à l’Australie la situation est très différente, et les autorités ont annoncé prolonger le confinement de Sydney jusqu’à la fin du mois de juillet.

Nouvelles restrictions

L’Asie est en proie à une nouvelle vague qui impose à la Corée du Sud de prendre de nouvelles mesures de restriction et qui va entrainer une révision à la baisse des prévisions de croissance par la BOJ.

Et qui a eu comme conséquence que l’économie de Singapour s’est contractée au deuxième trimestre. Alors que le premier trimestre avait été marqué par une hausse de 3.1% du PIB, les mesures de restriction imposées par le gouvernement ont entrainé un recul de 2% de ce dernier au second trimestre.

Ce qui n’empêche cependant pas d’afficher une hausse de 14.3% du PIB en taux annuel, et ce qui ne remet nullement en cause la prévision de croissance entre 4% et 6% pour cette année par le gouvernement.

La seule inconnue, mais qui est quand même de taille, est l’impact que pourrait avoir la nouvelle vague qui frappe la Thaïlande, la Malaisie et l’Indonésie, et qui pourrait avoir des retombées économiques pour Singapour, notamment en remettant en question ses tentatives d’ouverture des frontières.

Plan de relance

Les ministres des finances de l’Union européenne ont adopté les plans d’investissement de 12 États de l’UE, ce qui permettra les premiers versements de fonds dans le cadre du plan Next Generation EU.

Les ministres réunis à Bruxelles ont approuvé les plans préparés par l’Autriche, la Belgique, le Danemark, la France, l’Allemagne, la Grèce, l’Italie, la Lettonie, le Luxembourg, le Portugal, la Slovaquie et l’Espagne.

Il faudra cependant encore attendre environ deux mois pour que les premiers versements soient effectués par la Commission, mais c’est évidemment une étape importante en particulier pour l’Espagne et l’Italie. Mais, comme par hasard, le plan présenté par la Hongrie semble poser problème à la Commission.