Le commerce international est en pleine forme

Posté le 19 avril 2021

Les bourses continuent sur leurs lancées et affichent semaine après semaine de nouveaux records, véritablement portées par de solides indicateurs économiques essentiellement chinois et américains.

Commerce international

Ces chiffres économiques démontrent aussi la robustesse du commerce international, ce qui ne manque pas de provoquer de sérieux coups d’arrêt dans l’approvisionnement. Et ce qui crée des tensions sur les prix des produits importés un peu partout à travers le monde.

Dernier exemple en date, le chiffre des exportations japonaises. Ces dernières ont progressé de 16.1% en taux annuel en mars après une contraction de 4.5% en février. Ce chiffre est le meilleur depuis novembre 2017 et a été tiré essentiellement par les exportations vers la Chine. En effet, ces dernières ont augmenté de 37.2% portées par les semi-conducteurs, les métaux non ferreux et le matériel en plastique.

Les exportations vers les Etats-Unis ont été plus modestes en hausse de 4.9% et concernent plus les engins de construction et les voitures, et vers l’Europe elles ont progressé de 12.8%.

Les importations affichent un profil plus modeste avec une hausse de 5.7% en mars contre un taux de 11.8% le mois précédent, reflet d’une demande intérieure encore fragile. Il faut dire que le coronavirus sévit encore lourdement et le gouverneur de la province d’Osaka a demandé au gouvernement de décréter l’état d’urgence vu la nette dégradation de la situation.

Et à contrario de ce que l’on observe en Europe, la forte croissance en Chine et cette reprise solide du commerce international sont des éléments qui poussent à revoir les chiffres de croissance à la hausse en Asie. Ainsi, la banque centrale de Taiwan a revu pour cette année sa croissance à 4.53% contre 3.68% lors de ses prévisions de décembre.

Reprise solide et aidée

Malgré les indicateurs solides aux Etats-Unis, les responsables de la FED continuent de matraquer leur intention de ne pas changer les taux tant que la reprise ne sera pas confortée et en tablant sur une hausse temporaire de l’inflation.

Le gouverneur Waller a estimé que l’inflation pourrait s’accélérer d’environ 2,5 % cette année, mais que cette hausse sera temporaire parce certains effets vont disparaitre. « Une fois que les chèques de relance sont dépensés, ils disparaissent. Une fois que l’épargne refoulée est dépensée, elle disparaît », a-t-il déclaré. « Il n’y a plus de demande excédentaire provenant de ces choses ».

Comme d’autres avant lui, il a bien précisé que la FED visait un objectif de 2% d’inflation en moyenne et qu’une hausse temporaire est donc totalement acceptable car elle compensera les périodes où l’inflation a été bien en-deçà des 2%. Pour autant, « je ne pense pas que quiconque serait très à l’aise si elle atteignait trois ou plus et restait à ce niveau pendant un certain temps ».

Mais ce n’est pas le scénario et « il n’y a aucune raison de mettre fin à notre soutien tant que nous n’aurons pas vraiment surmonté cette crise », a déclaré M. Waller.

Message entendu cinq sur cinq par les marchés, et les rendements obligataires continuent leur courbe rentrante comme le montre le graphique, au grand bonheur des actions.

Baisse des matières premières

Petite baisse des prix des matières premières et en particulier du prix du baril malgré les excellents chiffres en Chine et aux Etats-Unis. Mais la crainte que les mesures de confinement en Europe et surtout en Inde soient plus importantes explique cette légère baisse.

La situation en Inde est particulièrement inquiétante avec un nouveau record de 273.810 nouveaux cas en une seule journée, ce qui oblige les autorités à prendre des mesures de restriction. Ainsi, les autorités de l’Etat de Maharashtra, où se trouve la capitale financière Mumbai et New Delhi ont pris des mesures strictes pour contrôler la propagation du virus. Or cet Etat contribue à hauteur de 15 % à l’économie du pays, ce qui provoque un net ralentissement de l’activité, sans compter des mesures moins strictes dans d’autres Etats.

Cette baisse des prix des matières premières a mis un peu sous pression des devises comme les dollars australien et néo-zélandais, mais le mouvement a été limité compte tenu de l’espoir que continue d’entretenir la perspective d’une vaste vaccination.