La Chine profite de la pandémie

Posté le 14 janvier 2021

La question de devoir prendre ses responsabilités va se poser de façon criante pour les gouvernements d’une part face à la gestion de la période de vaccination, et d’autre part par rapport à la gestion de l’après-crise.

Prendre leurs responsabilités

La question est posée, et on connait la réponse, aux Etats-Unis avec la procédure d’impeachment, dans laquelle les républicains n’assumeront pas leurs responsabilités. Mais on peut se poser la question aussi de savoir si les démocrates devaient lancer cette procédure qui vient polluer la prise de fonction de Biden.

A propos de ce dernier, il va annoncer, et donc prendre ses responsabilités, les contours de son plan de relance qui devrait inclure une augmentation des paiements directs et une extension de l’aide au chômage, et une relance budgétaire de 2.000 milliards de dollars.

Est-ce la peur de prendre leur responsabilité qui explique que deux ministres du gouvernement Conte ont démissionné ? Il n’est pas évident de gérer une crise sanitaire, mais au moins le monde politique pouvait se retrancher derrière les avis des scientifiques. Par contre, maintenant, on leur demande de faire des choix stratégiques qui auront une influence importante pour les prochaines années et définir les priorités. De plus, il va falloir gérer la fin des mesures de soutien et les annonces des réductions d’effectifs de la part des sociétés et nous avons eu quelques exemples ces derniers jours comme Solvay ou Accord.

La fameux plan New Generation EU ne sera une réussite seulement si les gouvernements ont une vision et un projet pour leur pays, et pas si cela se révèle être du saupoudrage pour satisfaire son électorat. Et il est sans doute plus simple de se disputer pour tirer la couverture à soi, plutôt que de s’engager dans un grand projet fédérateur et qui transcende les divergences pour le bien de son pays.

Pour revenir sur le plan de Biden, il est évidemment indispensable, et le Livre Beige de la FED est venu le rappeler car c’est la première fois depuis mai dernier qu’il constate une baisse pure et simple de l’activité dans certains Etats.

« Bien que la perspective des vaccins Covid-19 ait renforcé l’optimisme des entreprises quant à la croissance de 2021, cet optimisme a été tempéré par les préoccupations concernant la récente résurgence du virus et les implications pour les conditions commerciales à court terme », a noté la Fed dans son rapport.

La Chine profite de la pandémie

Si les exportations chinoises se portent bien, c’est parce qu’elles concernent en partie des fournitures médicales dont la majorité des pays manque cruellement.

Cela explique pourquoi les exportations ont progressé en taux annuel de 18.1% en décembre, et qu’elles devraient avoir augmenté de 3.6% sur l’ensemble de l’année.

La reprise se dessine aussi avec une hausse des importations en taux annuel de 6.5%, mais qui sur l’ensemble de l’année ont reculé de 1.1%, preuve que la consommation intérieure est encore affectée par la pandémie.

Résultat, comme le montre le graphique, le surplus de la balance commerciale chinoise a atteint un montant record de 78.17 milliards de dollars malgré un yuan qui s’est renforcé sur l’année comme le montre le graphique par rapport au dollar.

L’industrie en profite

Conséquence de cette reprise de l’activité en Chine, l’industrie en profite au niveau mondial, ce qui explique que la production industrielle en zone euro a augmenté de 2.5% au mois de novembre d’un mois à l’autre.

Mais sur un an, comme le montre le graphique, la production industrielle a reculé de 0.6% dans la zone euro et de 0.4% dans l’UE avec en plus énormément d’hétérogénéité entre les différents pays comme l’illustre le graphique.

Cette hausse de la production n’est cependant pas suffisante pour sauver la croissance dans la zone euro qui reste affectée par les nouvelles mesures de confinement.

Ainsi, selon la Banque de France, la croissance en France au quatrième trimestre aurait reculé de 4%, alors que le gouvernement devrait annoncer de nouvelles mesures de restriction qui pourraient être la fermeture des cantines, un couvre-feu à 18 h étendu à tout le territoire.

Autre signal de l’impact négatif des nouvelles mesures de confinement, en Italie, les ventes de détail ont reculé de 6.9% en novembre, soit une baisse de 8.1% sur un an.