Plus noir que vous ne pensez ?

Posté le 13 janvier 2021

Je pense que le dicton cité par le gouverneur de la BOE, M. Bailey, résume à lui seul la situation actuelle, « il y a un vieux dicton qui dit que l’heure la plus sombre est celle qui précède l’aube ».

L’heure la plus sombre

Il s’exprimait pour la situation en Grande-Bretagne où le nombre de décès dépasse les 81.000 morts, et où les hôpitaux sont totalement débordés. Mais cette heure la plus sombre pourrait bien venir frapper l’Europe dans les prochaines semaines. Au mois de septembre, 1% des personnes contaminées en Grande-Bretagne l’étaient avec le nouveau variant, contre 60% au mois de décembre. Or selon les mesures, si on prend le cas de la France, actuellement 1% des personnes contaminées le sont avec le nouveau variant. Ce qui signifie qu’en mars nous pourrions voir 60% des personnes contaminées par le nouveau variant en France avec le même problème de saturation des hôpitaux et des décès.

Et la seule solution pour éviter de voir le taux de mortalité s’envoler et les hôpitaux saturés, c’est une campagne massive de vaccination des personnes les plus fragiles, ce qui devrait mobiliser tous les moyens des Etats dans les prochains mois.

Perspective de l’aube

Et cette rapidité avec laquelle la population va être vaccinée aura un impact majeur sur la reprise de l’activité.

Ainsi, selon l’économiste Gregory Daco, d’Oxford Economics, dans l’hypothèse où les Etats-Unis seraient entièrement vaccinés cette année. Si la part de la population vaccinée atteint 92 % en août, si les choses vont vite, la croissance pourrait être de 5.2% cette année. Par contre si seulement 68 % de la population est vaccinée en août, la croissance sera alors seulement de 3 %, soit un écart d’environ 800 milliards de dollars.

Et les économistes de Goldman Sachs ne disent pas autre chose en estimant que le premier obstacle aux inoculations a déjà coûté aux pays développés plus d’un demi-point de pourcentage de croissance pour l’année (voir le graphique des anticipations de vaccination).

Si en plus d’une vaccination rapide, des plans de relance sont mis en place rapidement, la reprise de l’activité pourrait être fulgurante. Mais à ce stade, personne ne sait à quelle vitesse ces vaccinations vont avoir lieu et nous allons donc devoir évoluer entre espoir et crainte de voir la situation empirer.

Et si les bourses font plus que résister, c’est qu’elles sont déjà un pas plus loin, derrière la pandémie, et tablent sur ces plans de relance et une reprise de l’activité avec les vaccinations.

Pas que les bourses

Il n’y a d’ailleurs pas que les bourses qui sont déjà au-delà de la pandémie, mais également le prix du baril qui a retrouvé son niveau de février 2020 comme le montre le graphique du Brent.

Cette hausse s’explique en partie par l’annonce il y a quelques jours de la réduction de 1 million de barils par jour par l’Arabie Saoudite, mais aussi parce que les stocks de pétrole aux États-Unis ont chuté de 5,8 millions de barils la semaine dernière pour atteindre environ 484,5 millions de barils.

A cela il faut rajouter, et malgré les nouveaux cas de coronavirus, les commentaires du président Xi Jinping fournissant une évaluation optimiste de la deuxième économie mondiale et du plus grand importateur de pétrole.

Cette hausse des prix pourrait cependant inciter les producteurs américains de pétrole de schiste de réactiver des puits, comme c’est d’ailleurs déjà le cas quand on observe le graphique, ce qui pourrait freiner la hausse des prix.

Et cette tendance pourrait évidemment s’inverser si la situation sanitaire échappe à tout contrôle.

Je ne sais pas si je dois conclure avec le titre du livre de Jack Williamson … « Plus noir que vous ne pensez »…