La confiance, clef de voûte

Posté le 30 juillet 2020

La FED fera tout et aussi longtemps que nécessaire pour limiter les dommages et assurer la reprise, mais est très inquiète sur l’effet de la seconde vague.

Inquiétudes de la FED

Powell lors de sa conférence de presse a donc confirmé que la FED fera tout et laissera donc ses taux bas pendant une très longue période. Mais il s’est fortement inquiété de l’effet de la seconde vague observé par le biais des données haute fréquence.

« Ces données montrent que, dans l’ensemble, le rythme de la reprise semble avoir ralenti depuis que les cas ont commencé à augmenter », a-t-il déclaré. « Je tiens à souligner », a-t-il ajouté, « qu’il est trop tôt pour dire à la fois l’ampleur de ce phénomène et sa durabilité ».

Et les chiffres attendus aujourd’hui ne vont pas rassurer, même si celui de la première estimation du PIB pour le second trimestre est logiquement très négatif vu le confinement. En effet, le PIB au deuxième trimestre devrait avoir reculé de 34.1% après un recul de 5% le trimestre précédent.

Mais ce qui interpelle plus c’est la hausse attendue des inscriptions hebdomadaires au chômage qui sont reparties à la hausse avec un chiffre de 1.450 millions contre 1.416 millions, ce qui confirmerait les données à haute fréquence.

Le soutien inconditionnel de la FED, mais l’absence toujours d’un accord entre les républicains et les démocrates, ont pesé sur le dollar. Par contre, la perspective de taux bas pour une longue période a porté la bourse américaine.

Baisse de rating

Cette dégradation de l’économie n’est évidemment pas sans conséquence sur les ratings des sociétés.

Comme le montre le graphique, S&P a déjà procédé à 1.190 baisses de rating depuis le début de l’année alors que l’année n’est pas finie et que le chiffre record de 2009 risque donc fort d’être dépassé.

Ces baisses de rating sont évidemment la conséquence de la crise du Covid-19, mais également de la chute du prix du baril.

Cette baisse de rating dans le secteur de l’énergie explique pourquoi les Etats-Unis affichent un nombre aussi élevé dans le tableau publié par S&P. Mais cela a aussi affecté les Etats, puisque S&P a baissé le rating de 19 d’entre eux et réduit les perspectives pour 31 d’entre eux.

Comment maintenir la confiance ?

La confiance est/sera la clef de voûte de la reprise et de son ampleur. Il faut donc s’inquiéter de cette seconde vague qui vient miner la confiance.

En France, l’INSEE a publié hier l’indice de confiance des consommateurs qui a marqué le pas en juillet en passant de 96 à 94. Après la phase de rattrapage qui a vu les indices de confiance rebondir largement, nous entrons maintenant dans une phase de consolidation, mais qui pourrait vite devenir la phase de doute.

La BNB a publié hier justement à ce sujet une note quand même assez interpellante intitulée « la crise sanitaire et les différentes mesures qu’elle a engendrées continuent de peser sur le rebond de la consommation privée en Belgique ».

Le premier constat observé par la BNB est que le consommateur est moins retourné dans les commerces après le confinement et a moins dépensé comme le montre le tableau.

C’est essentiellement à cause des mesures sanitaires et des impossibilités de réaliser certaines dépenses qui expliquent ce recul de la consommation (voir tableau). Ce qui signifie qu’un chèque aux ménages ne sera pas un incitant suffisant pour lever ces craintes ou ces contraintes.

Et alors que cette étude a été réalisée avant l’annonce des nouvelles restrictions de ce lundi, seul 40% des répondants envisageaient une hausse de leur dépense.

Il va donc falloir naviguer entre la nécessité de garder des mesures sanitaires fortes tout en restaurant la confiance, ce qui est loin d’être une sinécure.

Pause

Il est temps pour moi de faire une pause, et on se retrouve donc le 24 août.

Je vais sans doute en profiter pour un peu me laisser aller car comme le disait Cioran « parfois, on pense qu’il vaut mieux se réaliser que se laisser aller, parfois on pense le contraire. Et on a entièrement raison dans les deux cas ».

Tout en vous laissant fredonner cette mélodie de Louis Chedid qui résume bien ce à quoi nous aspirons tous pour le moment et qui s’intitule « tout ce qu’on veut dans la vie », mais qu’il faut reporter à plus tard en n’oubliant pas de respecter les gestes barrières en attendant.

Tout ce qu’on veut dans la vie
C’est qu’on nous aime
Même si c’est pour la nuit
On prend quand même

Des parents, des amis
Qui nous comprennent
Tout ce qu’on veut dans la vie, c’est

Qu’on s’embrasse, qu’on s’enlace
Main dans la main, face à face
Tout ce qu’on veut dans la vie
Corps à corps, bouche à bouche
Que l’on s’adore, que l’on s’touche
Tout c’qu’on veut dans la vie