L’appel du 18 juin de Powell

Posté le 18 juin 2020

Alors que la crainte d’une seconde vague s’amplifie, la question de l’impact sur le marché de l’emploi de la première vague commence à se faire  durement sentir.

Hausse du chômage

Personne n’est dupe, pour faire face à leur chute des revenus ou parce qu’il s’agit d’un secteur particulièrement touché par la crise, les entreprises vont couper dans leurs effectifs. Les annonces commencent déjà à tomber dans le secteur aérien, automobile, du tourisme, bancaire, magasins de vêtements, restauration, événementiel, et j’en passe. Et ce n’est que le début.

Powell a d’ailleurs une nouvelle fois manifesté son inquiétude et sa préoccupation par rapport aux 25 millions de personnes qui ont perdu leur emploi et pour lesquels l’aide apportée par le gouvernement prendra fin en juillet. Tout en réaffirmant que la FED gardera les taux bas pour une longue période, il a appelé le Sénat à prendre de nouvelles mesures pour assurer la reprise et aider ces ménages.

Le chiffre des inscriptions hebdomadaires au chômage aux Etats-Unis va confirmer cet état de fait avec encore 1.300 millions cette semaine contre 1.542 millions la semaine passée.

Et on s’attend aux Etats-Unis à des annonces de réduction des effectifs encore à venir dans l’industrie manufacturière, le commerce, les industries de production de gaz et de pétrole. Mais aussi dans les agences gouvernementales et les Etats dont les budgets ont été durement touchés par le coronavirus.

Même constat en Australie, avec en mai, une chute de l’emploi de 227.700 après un record de -600.000 en avril. Ce qui propulse le taux de chômage à 7.1% contre 6.4%, soit le taux le plus élevé depuis octobre 2001.

Le taux de participation est retombé à 62.9% contre 63.6%, mais selon la banque centrale le taux de chômage pourrait atteindre 10% en juin avant de retomber mais de rester élevé en 2021.

Réunion de la BOE

L’évolution de l’inflation en Grande-Bretagne ne sera pas un frein pour la banque centrale pour garder ses taux bas pour une longue période. La BOE, qui se réunit ce jeudi, va bien évidemment laisser ses taux inchangés à 0.10%, mais elle pourrait en revanche augmenter la taille de son programme de rachats d’actifs de 100 à 200 milliards de sterling.

Comme le montre le graphique, le taux d’inflation est tombé à 0.5% contre 0.8%, soit son niveau le plus bas depuis juin 2016. Le Core CPI a reculé à 1.2% contre 1.4%.

Selon la BOE, le taux d’inflation devrait rester sous les 1% pour les prochains mois sous l’effet de la baisse du prix du pétrole.

Même si elle l’a déjà évoqué, pour le moment, elle ne devrait pas faire basculer son taux en territoire négatif, mais ce scénario ne peut pas être exclu en fonction de la façon dont vont se dérouler les prochains mois de discussions avec l’UE sur l’accord qui va régir les relations à partir du 1 janvier 2021.

Reprise timide de l’immobilier

Comme le montre le graphique, aux Etats-Unis on assiste à une reprise timide du marché immobilier, même si ce dernier restera fragilisé par la hausse du chômage.

Assez logiquement, les mises en chantier reprennent doucement avec une hausse de 4.3% en taux annuel en mai, ce qui ne compense que très faiblement la chute observée en mars et en avril.

Par contre, les permis de bâtir affichent en mai une hausse de 14.4% qui concernent aussi bien les maisons unifamiliales (+11.9%), que les multifamiliales (+18.8%).

Il faut dire que les coûts des prêts immobiliers aux États-Unis ont atteint un niveau record la semaine dernière. En effet, le taux d’intérêt d’un prêt hypothécaire à taux fixe sur 30 ans, le prêt immobilier le plus populaire aux États-Unis, est tombé à 3,30 % au cours de la semaine qui s’est terminée le 12 juin, contre 3,38 % la semaine précédente.

Il est ainsi environ 0.50% plus bas qu’en début d’année, conséquence bien évidemment des baisses de taux de la FED. Avec donc comme impact que les demandes de prêt hypothécaire pour l’achat d’un logement ont atteint leur plus haut niveau en onze ans.