Premiers chiffres des reculs des PIB

Posté le 29 avril 2020

Assez curieusement, les bourses semblent faire abstraction des indicateurs économiques, et se focalisent sur les perspectives de sortie du lockdown, même si ces dernières demeurent encore assez aléatoires, tout en étant aussi rassurées par la présence des banques centrales.

Baisse de rating en Italie

Si S&P avait fait preuve de mansuétude, Fitch n’a pas eu d’état d’âme et a décidé de réduire le rating de l’Italie à BBB-, mais avec une perspective « stable » contre « négative ».

Fitch justifie sa décision, bien évidemment, à cause de la crise du Covid-19 qui entrainera, selon lui, une contraction du PIB de 8% en 2020 avec un déficit qui passera de 134.8% en 2019 à 156% cette année.

Cependant, Fitch a mis la note en perspective « stable », car il estime que les achats de la BCE aideront l’Italie à répondre aux défis provoqués par cette crise.

Résultat, les taux italiens n’ont pas bougé et le spread par rapport au bund est resté stable.

Réunion de la Riksbank

La Riksbank a décidé de laisser ses taux inchangés et ne semble plus du tout encline à faire passer ces derniers en territoire négatif comme ces dernières années.

Elle maintient également son programme d’achats d’actifs, qui vient épauler le programme de soutien du gouvernement, programme qui s’élève à 9.9 milliards de dollars avec aussi en plus un programme de garantie pour les prêts aux entreprises.

La Suède n’échappe évidemment pas à la chute de l’activité et le gouvernement estime que le recul de la croissance cette année se situera dans une fourchette assez large comprise entre 4.2% et 10%.

Ce statu quo n’a pas empêché la couronne suédoise de légèrement se reprendre par rapport à l’euro, comme le montre le graphique.

Mais cette réunion est intéressante car elle donne la tendance pour les prochaines réunions dans les autres pays, à savoir celle de la FED qui se termine ce soir et celle de la BCE demain.

Réunion de la FED

Cette dernière ne devrait donc pas changer sa position et maintenir en l’état les différents programmes de soutien qu’elle a annoncé ces derniers temps.

Même si la dégradation de la situation ne va faire que se confirmer étant donné que les Etats-Unis sont encore en pleinement dans la période de confinement. Comme l’a d’ailleurs montré, voir graphique, la chute de l’indice de confiance des consommateurs.

Cette chute de confiance est évidemment liée à la hausse du chômage qui va peser sur la consommation intérieure. Et c’est clairement un élément qui va durement peser sur la croissance américaine ces prochains trimestres.

D’ailleurs, le chiffre du PIB pour le premier trimestre est attendu cet après-midi et la consommation intérieure pourrait avoir chuté de 17% sur cette période contre une hausse de 1.8% le trimestre précédent. Compte tenu de cette chute, d’une réduction drastique des investissements des entreprises et d’une baisse des stocks, le PIB est attendu en recul de 4%.

Autre chiffre qui montre que la situation se dégrade est celui de la balance commerciale dont le déficit a augmenté de 7.2% pour atteindre 64.2 milliards de dollars (voir graphique).

En mars, les importations de biens ont chuté de 2,4 % pour atteindre 191,9 milliards de dollars, après avoir diminué de 2,5 % en février.

Les exportations de biens ont chuté de 6,7 % pour atteindre 127,6 milliards de dollars en mars, avec en particulier une chute des expéditions de fournitures industrielles de 7,5 % et des véhicules à moteur et leurs pièces de 17,8 %.

Confirmation de la crise en Europe

Les indicateurs en Europe ne sont évidemment pas différents et montrent aussi l’ampleur de la crise.

En France, l’annonce d’une levée partielle du confinement, levée partielle qui doit cependant encore être confirmée, l’indice de confiance des consommateurs a connu (voir graphique) sa plus forte chute sur un mois depuis le lancement de l’indice en 1972.

Pas surprenant quand on sait que le nombre de demandeurs d’emploi a augmenté de 7,1 % en mars par rapport à février, un record, soit 246 100 personnes inscrites, ce qui la plus forte hausse mensuelle depuis le début des enregistrements en 1996.

L’ Espagne, déjà confrontée à un taux de chômage largement supérieur aux autres pays de l’UE, a vu ce dernier passer de 13.8% au dernier trimestre 2019 à 14.4% au premier trimestre.

En Allemagne, où la levée partielle des mesures de confinement a provoqué une hausse des nouveaux cas de Covid-19 et donc de fortes inquiétudes, l’institut IFO a tiré les conclusions de la chute inédite de son indice. Selon ce dernier, il s’attend à ce que l’économie allemande se contracte de 6,6% cette année.

Pour les trois premiers mois, le recul serait de 1,9 % suivi d’un recul de 12,2 % au deuxième trimestre sur la base des données d’utilisation des capacités des entreprises.

« Nous ne reviendrons pas à la situation d’avant la crise avant la fin de 2021″, a déclaré Timo Wollmershaeuser, responsable des prévisions économiques chez IFO. « Cela signifierait une expansion économique de 8,5% en 2021 », a-t-il ajouté.