Il s’agit d’abord et avant tout d’un désaveu, avant d’être une vague bleue, même si dans certains Etats la victoire d’un démocrate est historique et vient bouleverser des certitudes.
Le bleu des victoires, le rouge des écrans
Il s’agit d’abord et avant tout d’un désaveu, avant d’être une vague bleue, même si dans certains Etats la victoire d’un démocrate est historique et vient bouleverser des certitudes.
Un désaveu
Il semble presque acquis à l’heure d’écrire ces lignes que les démocrates aient la majorité à la fois au Sénat et à la Chambre.
Et cette vague démocrate est bien l’expression de la profonde frustration des électeurs face à la gestion de l’économie par Trump et à sa décision de lancer une guerre contre l’Iran.
Petit tour de quelques victoires démocrates historiques pour mesurer l’ampleur du désaveu.
Au Kansas, Adam Hamilton, pasteur d’une méga-église, est devenu le premier démocrate à remporter un siège au Sénat depuis la Grande Dépression.
Dans l’Ohio, le démocrate Sherrod Brown a remporté un siège qui appartenait au vice-président JD Vance il y a deux ans.
Au Texas, le démocrate James Talarico l’a emporté alors que Trump avait gagné dans cet Etat avec une marge à deux chiffres en 2024.
En Caroline du Sud, un État que Trump a remporté avec près de 18 points d’avance en 2024, la pédiatre Annie Andrews a triomphé de la sénatrice républicaine Darline Graham, nommée à ce siège après la mort de son frère, le sénateur Lindsey Graham.
En Caroline du Nord, l’ancien gouverneur Roy Cooper a facilement battu le républicain, soutenu par Trump, Michael Whatley.
Les premières réactions des marchés sont des contrats à terme sur le S&P 500 qui ont chuté de 1,2 % tandis que les contrats à terme sur le Nasdaq ont reculé de plus de 2 %.
Une majorité démocrate pourrait imposer plus de réglementation sur l’IA, à un moment où le secteur est traversé de doutes sur sa rentabilité compte tenu des investissements colossaux engagés.
Ce recul des contrats à terme est dans la droite ligne des corrections des marchés des actions, ce matin, en Asie, et l’Europe ne devrait pas échapper à cette correction.
Même si Trump mettra son veto sur toute tentative d’imposer trop de réglementation, le fait que les démocrates aient obtenu un nombre étonnamment important de postes de gouverneurs, leur donnera plus de pouvoir au niveau local pour mettre des obstacles à la construction de centres de données, ainsi que davantage de règles sur les exigences en eau et en électricité.
Mais par contre, les démocrates ne se priveront pas de lancer des enquêtes sur l’administration Trump, mais aussi sur les entreprises dans les valeurs technologiques liées à des dons à Trump.
Les rendements obligataires se sont en revanche détendus aux Etats-Unis, dans la perspective de voir les démocrates limiter les dépenses publiques, et en même temps, les obligations servent de valeur refuge.

Le dollar a sensiblement reculé aussi bien par rapport à l’euro qu’au yen, et le prix du gaz et du pétrole ont continué de refluer dans l’espoir d’un accord entre les Etats-Unis et l’Iran.
Les deux cartes reprennent les résultats en live arrêtés à 7 h 30.


A part cela ?
La Banque centrale de Suède devrait augmenter son taux de 0,25 % pour le porter à 2 %. Elle est, avec la Banque d’Angleterre, la dernière Banque centrale à ne pas avoir augmenté ses taux depuis le début de la guerre en Iran.
Le reflux du prix du baril est encore bien timide et de toute façon les chiffres d’inflation qui sortent maintenant reflètent la hausse du prix depuis l’été.
Résultat, l’inflation en zone euro est attendue à 4 % en octobre contre 3,8 % en septembre, pour l’indice global. En revanche, l’inflation sous-jacente devrait rester stable à 2,5 %.
L’inflation en Suisse a atteint son niveau le plus élevé depuis près de trois ans en octobre, suite à cette forte hausse des prix de l’essence.
Après un taux de 1 % en septembre, l’inflation a atteint le taux de 1,5 % en taux annuel, dépassant toutes les prévisions, le prix de l’essence affichant une hausse de 40 % par rapport au niveau d’il y a un an.
D’un mois à l’autre, l’inflation a augmenté de 0,2 % contre un statu quo en septembre.
La Banque centrale suisse vise un objectif entre 0 % et 2 % pour l’inflation et avait donné des indications qu’elle n’envisageait pas de changement de taux dans les prochains mois.
Ce chiffre vient un peu rebattre les certitudes de cette dernière, mais comme sa prochaine réunion aura lieu le 10 décembre, cela sera peut-être un peu prématuré d’augmenter les taux, surtout si le prix du baril reflue quelque peu.
