Des prix plus hauts, des marchés plus nerveux

Mode Expresso

Sérieuse chute de l’indice Nikkei ce matin, suite à des problèmes de dettes d’un acteur américain dans le cloud computing et à un taux d’inflation plus élevé que prévu aux Etats-Unis.

Mode Lungo

Sérieuse chute de l’indice Nikkei ce matin, suite à des problèmes de dettes d’un acteur américain dans le cloud computing et à un taux d’inflation plus élevé que prévu aux Etats-Unis.

Chute des valeurs technologiques

Ces dernières avaient déjà sensiblement reculé après les chiffres d’inflation aux Etats-Unis avec une chute de 1,9 % du Nasdaq, mais l’annonce des difficultés de CoreWeave a amplifié la correction.

Il faut dire que la hausse des taux avait déjà préoccupé les investisseurs sur la valorisation des valeurs technologiques, qui finalement cherchaient la bonne occasion de prendre leurs bénéfices.

Sans surprise, les futures en Europe sont nettement dans le rouge aussi, mais les secteurs défensifs devraient retrouver un certain intérêt.

Inflation

Le chiffre d’inflation aux Etats-Unis a provoqué, un peu comme le choc d’un sanglier sur la route, une violente et très mauvaise surprise.

C’est évidemment une très mauvaise nouvelle pour Trump, et elle vient se rajouter au dernier sondage Reuters/Ipsos, qui montre qu’environ 78 % des Américains attribuent la hausse des prix dépassant les salaires aux politiques de Trump, y compris les tarifs douaniers et le conflit au Moyen-Orient.

L’inflation a augmenté de 0,6 % en septembre après avoir grimpé de 0,4 % en août, soit un taux annuel de 3,7 % après avoir augmenté de 3,4 % en août.

La hausse de 9,1 % des prix de l’essence a expliqué plus de la moitié de la hausse de l’inflation sur le mois.

Mais le coût du transport commence à se répercuter dans l’ensemble de l’économie, avec une hausse de 0,9 % des boissons non alcoolisées, et de 0,5 % des prix des fruits et légumes.

En excluant les composantes volatiles liées à l’alimentation et à l’énergie, l’inflation a augmenté de 0,3 % en septembre, avec plusieurs biens affectés par la hausse liée à l’IA, dont les prix des ordinateurs et périphériques qui ont bondi de 1,3 %, et le coût des logiciels et accessoires informatiques qui a bondi de 0,4 %.

L’inflation de base en taux annuel est passée de 2,4 % à 2,6 %, ce qui a fait rebondir la probabilité d’une hausse des taux de la part de la FED de 22 % à environ 37 % pour la réunion d’octobre.

Pour ne rien arranger, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), les tensions sur l’approvisionnement en diesel pourraient persister jusqu’en 2027 en raison d’importantes réductions de stocks.

« Les marchés du diesel sont restés soumis à une forte pression, les perturbations prolongées de l’approvisionnement ayant entraîné des prélèvements de stocks contre-saisonniers avant la période de maintenance automnale des raffineries et le pic de demande hivernal », relève l’AIE.

L’agence prévoit une reprise des activités de raffinage à l’échelle mondiale vers la fin de l’année, mais cela ne suffira pas à compenser le déficit accumulé en 2026.

Et le Beige Book de la FED, publié hier, abonde dans le même sens que les chiffres d’inflation, cette dernière ne se cantonne plus à la hausse de l’essence.

Il ressort de ce rapport que trois des districts de la FED ont décrit la croissance des prix comme robuste et huit comme modérée, trois des huit affirmant qu’elle était « en train de s’intensifier ».

Avec 21 références aux coûts élevés du diesel, contre deux dans le précédent Beige Book et aucune dans les enquêtes menées juste avant le début de la guerre américano-israélienne avec l’Iran fin février, le rapport est emblématique des inquiétudes d’un effet de contagion de la hausse des prix du diesel.

Comme l’a souligné la FED de Dallas, « le prix plus élevé du diesel a dominé en tant que facteur le plus souvent cité ayant fait grimper les coûts, impactant les prix du fret, de l’agriculture et des compagnies aériennes, ainsi que provoquant une compression généralisée des marges dans de nombreux secteurs ».

Autre constat interpellant dans ce rapport « plusieurs districts ont signalé que l’inflation alimentait des pressions salariales additionnelles, les travailleurs réclamant des hausses de rémunération pour compenser l’augmentation du coût de la vie, tandis que les entreprises devaient également faire face à la hausse du coût des avantages sociaux ».

A côté de l’inflation, la hausse des taux d’intérêt se fait ressentir sur le marché immobilier, comme le souligne le rapport, « des contacts ont rapporté que la hausse des taux hypothécaires en septembre a encore ralenti l’activité sur le marché immobilier,  la hausse des coûts d’emprunt a forcé les acheteurs potentiels à quitter le marché, tandis que l’inventaire des biens à vendre restait faible ».

Et pour finir, les relations commerciales tendues avec le Canada ont également été citées comme un frein à l’activité manufacturière et touristique dans les districts de la FED de Boston, New York, Minneapolis et San Francisco.

Spread stable mais

Le spread entre le Bund et l’obligation française reste stable pour le moment, mais c’est maintenant que les choses vont se corser pour le gouvernement.

Et Christine Lagarde a rappelé que c’était à Paris d’apaiser les nerfs des investisseurs, « il y a des circonstances particulières qui conduisent certains pays à être davantage touchés, la France en étant un exemple. Et à cela, la solution principale et première se trouve chez nous, en France. Et cela concerne les politiques budgétaires ».

Par ses propos, elle a coupé court à toute possibilité d’intervention de la BCE en achetant de la dette français. La BCE ne sauvera pas le soldat France.

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