Après la hausse de l’indice des prix à la consommation, c’est au tour de l’indice des prix à la production, aux Etats-Unis, d’afficher une forte hausse, à cause des prix de l’énergie qui se répercutent sur le transport.
Le prix de la guerre
Après la hausse de l’indice des prix à la consommation, c’est au tour de l’indice des prix à la production, aux Etats-Unis, d’afficher une forte hausse, à cause des prix de l’énergie qui se répercutent sur le transport.
Hausse toute
Les prix à la production affichent leur plus forte hausse depuis 4 ans et demi en septembre, en hausse de 1,3 % d’un mois à l’autre après une hausse de 0,5 % en août.
Sur un an, les prix à la production ont augmenté de 6,3 %, la plus forte hausse depuis décembre 2022, contre un taux de 5,6 % en août.
Cette hausse est tirée par les prix des biens de production qui ont augmenté de 2,6 %, la plus forte hausse depuis que le gouvernement a commencé à suivre la série en décembre 2009.
En cause évidemment, la hausse de 10,8 % des prix de l’énergie qui explique plus de 80 % de la hausse généralisée des prix des biens. Les prix de l’essence ont augmenté de 20,3 %. Les prix du diesel ont augmenté de 21 % et ont grimpé de 115,2 % sur un an.
En excluant les composants alimentaires et énergétiques volatils, les prix des biens de production ont augmenté de 0,3 %, soit un taux annuel à 5 % contre 4,6 % en août.
Le coût du transport de marchandises par la route a augmenté de 3,8 %, tandis que les tarifs aériens ont augmenté de 5,0 %.
L’effet de la hausse du prix de l’essence se retrouve aussi dans le chiffre des ventes au détail qui ont augmenté de 0,8 % en septembre après une hausse de 1,3 % en août.
Car cette hausse a surtout été tirée par une augmentation de 6,4 % des recettes dans les stations-service. En revanche, les ventes au détail, hors automobiles, essence, matériaux de construction et services alimentaires, n’ont que légèrement augmenté de 0,1 % le mois dernier après avoir bondi de 1,2 % en août.
Face à ces chiffres d’inflation, le président de la FED de Chicago, Austan Goolsbee, a reconnu que ces données étaient « décourageantes ». En ajoutant, « j’ai encore un certain optimisme que si les moteurs de l’inflation sont des choses qui peuvent disparaître rapidement, que cela soit les tarifs, les guerres au Moyen-Orient et les perturbations de l’approvisionnement, c’est le meilleur scénario. Si cela vient d’une demande surchauffée, de la construction de centres de données d’IA, c’est un peu plus inquiétant et il faudra y répondre ».
La présidente de la FED de Cleveland, Beth Hammack, s’est en revanche montrée plus ferme en déclarant « ce qui m’inquiète, c’est que si vous adoptez cet état d’esprit inflationniste, si vous avez ces attentes que ces pressions sur les prix deviennent de plus en plus persistantes, cela rend beaucoup plus difficile pour la politique monétaire de faire le travail nécessaire, et nous pourrions devoir bouger encore plus que si vous n’avez pas un état d’esprit inflationniste bien installé ».
Le sentiment qui domine après cette avalanche de chiffres demeure toujours que la FED va laisser ses taux inchangés lors de sa réunion des 27 et 28 octobre, mais qu’en décembre elle procèdera à une nouvelle hausse de 0,25 %. C’est pour cette raison que la tension sur les taux longs a baissé d’un cran, même sur la partie courte comme le montre le graphique du rendement du Treasury 2 ans.

Un tournant dans la guerre en Ukraine ?
L’Europe pourrait-elle suppléer complètement les Etats-Unis pour aider l’Ukraine ? La réponse est non. Nous n’avons pas les moyens financiers, ni militaires, ni un réseau comme Starshield de SpaceX.
Car tous les signaux sont au rouge concernant l’aide américaine à l’Ukraine, et tout semble indiquer que l’ordre de limiter ce système satellite utilisé par l’Ukraine pour les communications sur le champ de bataille et les opérations de drones soit venu de l’intérieur de la Maison-Blanche.
Et la situation risque fort d’encore se détériorer après que l’Ukraine a repris ses attaques contre des raffineries russes en réponse à la poursuite des attaques russes sur le réseau énergétique ukrainien.
Cette reprise des attaques ukrainiennes a provoqué une nouvelle réaction insensée de Trump s’en prenant à Zelensky, « tout ce qu’il fait, c’est faire monter le prix mondial du pétrole. Eh bien, je trouve cela honteux. Il y a beaucoup de cibles à atteindre, mais quand on tire sur des raffineries de diesel où l’on fabrique, vous savez, du diesel, et qu’on en a besoin, et que le monde en a besoin, alors il ne rend pas un bon service au monde ».
Alors que la pénurie de diesel est la conséquence de la guerre en Iran et de la fermeture du détroit d’Ormuz, mais il est tellement facile de reporter la faute sur les autres.
Mais comme l’Europe est incapable de remplacer les Etats-Unis, il y a un énorme risque que l’Ukraine ne puisse plus tenir très longtemps sous les frappes russes.
Et pendant ce temps, l’UE a entamé hier un sommet qui doit aborder les moyens pour maîtriser la flambée des prix de l’énergie, qui doit permettre d’élaborer un budget pour maintenir la compétitivité du bloc et qui doit freiner la flambée des exportations chinoises.
Et lors de ce sommet, les dirigeants devraient aussi discuter des besoins de financement de l’Ukraine pour 2027, et il y a urgence.
