Sous le soleil de Fumal

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L’année 2026 est évidemment une année très compliquée pour beaucoup de métiers, et en particulier pour les agriculteurs et les viticulteurs, car cela demande de l’agilité et une adaptation en permanence.

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L’année 2026 est évidemment une année très compliquée pour beaucoup de métiers, et en particulier pour les agriculteurs et les viticulteurs, car cela demande de l’agilité et une adaptation en permanence. 

J’ai eu l’occasion de le vivre concrètement, ce dimanche matin à 8 h, lors d’une matinée de vendanges au château de Fumal, sous un ciel dégagé et alors que les dernières brumes s’étiraient doucement dans la vallée.

Environ une quarantaine de personnes avaient répondu présent, sacrifiant leur grasse matinée pour venir prêter main forte aux propriétaires, et aussi pour vivre une expérience unique.

Comme nous l’a expliqué d’emblée le propriétaire, les vendanges ont déjà commencé le 24 août, mais de façon partielle, car la canicule et la sécheresse ont bousculé la vigne. Cette dernière n’a pas perdu ses feuilles, mais a subi un choc qui a entraîné des blocages dans la maturation des baies.  

Résultat, une partie des raisins était à maturité, ce qui a demandé ce premier passage dans les vignes pour récolter de façon très précise les grappes de pinot noir en août.

Le pinot noir est un cépage noir, mais qui donne un jus incolore et qui, vinifié sans sa peau, permet alors de faire des bulles, soit en 100 % pinot noir comme dans la cuvée Noct/En/Bulle, soit en assemblage dans d’autres cuvées. 

Quinze jours plus tard, après un épisode marqué par une pluie bienvenue et un temps chaud, un deuxième passage dans les vignes était indispensable pour récolter les nouvelles grappes arrivées à maturité.

Temps et patience, et surtout de la main-d’œuvre en suffisance, ont donc été nécessaires pour faire ces tris dans la vigne. 

Nous voilà donc armés d’un sécateur et d’un seau pour commencer à faire le tri entre la grappe à maturité et celle qui n’est pas encore à maturité.

Nous sommes en binôme, chacun d’un côté et de l’autre d’une rangée face à nos premières grappes, et nous devons faire bien attention de ne récolter que les grappes mûres.

Pas d’hésitation face aux grappes vertes ou ayant encore des baies vertes. Là où cela se corse, c’est quand les baies ne sont pas tout à fait noires mais encore légèrement pourpres, signe d’une maturité qui n’est pas encore arrivée à son terme. Pour lever le doute, une seule technique, infaillible, goûter une baie, et l’acidité, ou non, nous renseignera tout de suite sur son état.

Les premiers gestes sont lents, hésitants, et aussi il faut se concerter avec son binôme pour ne pas couper ce que l’autre s’apprête à récolter. Il faut un bon moment d’adaptation pour repérer les bonnes grappes et voir le seau se remplir sous les coups de sécateur.

Il fait doux, le soleil nous chauffe encore gentiment, mais on sait que dans trois heures, il sera plus chaud et que nous aurons alors dans les jambes et le dos les premières courbatures.

Les différences d’état de maturation d’un pied de vigne à l’autre nous surprennent, preuve que chaque être vivant a vécu différemment ce stress de cet été caniculaire. Et tout le monde n’est pas logé à la même enseigne, car sur certains pieds de vigne, il n’y a que quelques grappes qui n’ont absolument pas mûri.

Le rythme se trouve, certains parlent à travers la haie de vigne et échangent, car ils ne se voient parfois qu’une fois par an au moment des vendanges. D’autres en profitent pour échanger sur la famille et donner des nouvelles.

Pour la majorité, une forme de méditation s’installe. Concentrés dans le geste, les vendangeurs voient leur esprit se vider tout en captant les nuances du ciel, le bourgeonnement de petits nuages blancs, le vol des oies et les reflets du soleil dans les feuilles.

Après une pause à 10 h 30, le travail reprend, les gestes sont plus précis, l’œil aux aguets repère plus vite les bonnes grappes, les seaux se remplissent et sont vidés dans des bacs qui partent directement à la table de tri avant que les grappes ne soient pressées.

A 13 h 30, tous les rangs de pinot noir ont été récoltés, et nous nous retrouvons tous sous une tonnelle pour déguster quelques bulles bien méritées autour d’un repas convivial. C’est le temps aussi pour échanger, partager et faire connaissance sous un soleil qui nous a bien chauffés à un moment donné, mais qui a aussi été bien agréable en début de journée.

C’est une belle expérience que je conseille, et toute l’équipe du château a été accueillante et surtout a assuré une organisation sans faille, ce qui a aussi contribué à rendre ce moment agréable.

Les rendements seront sans doute au rendez-vous cette année, mais le chardonnay et le pinot meunier doivent encore être vendangés. Et pour savoir si nous avons bien travaillé, il faudra attendre deux ans avant de déguster les bulles de notre vendange.

Temps, patience, organisation et implication de la famille sont les maîtres mots nécessaires pour assurer l’avenir du domaine et nous faire partager leurs bulles encore longtemps.

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Reportage sympathique et intéressant !