La croissance tient bon, les risques aussi

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Malgré la guerre en Iran, et un prix du baril au-dessus des 100 $, le FMI a légèrement revu à la hausse sa prévision de croissance mondiale pour cette année, ainsi que celle de la zone euro.

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Malgré la guerre en Iran, et un prix du baril au-dessus des 100 $, le FMI a légèrement revu à la hausse sa prévision de croissance mondiale pour cette année, ainsi que celle de la zone euro.

Révision mais …

Le FMI table sur une croissance de 3,1 % cette année contre 3 % en juillet, portée par les solides investissements dans l’IA qui compensent le choc énergétique de la guerre au Moyen-Orient.

Ce chiffre demeure cependant en-deçà des 3,5 % réalisés en 2025. Pour 2027, le FMI prévoit une croissance mondiale de 3,4 %, stable par rapport à la prévision de juillet.

« L’économie mondiale a été résiliente, mais cette résilience atteint ses limites, nous devons donc passer de la simple adaptation à la reconstruction », a déclaré l’économiste en chef du FMI, Silvana Tenreyro. « Nous devons restaurer l’espace budgétaire. Nous devons reconstruire la résilience de l’offre ».

Les pays du Golfe sont en première ligne et le FMI a revu en forte baisse ses prévisions de croissance.

Pour l’Arabie saoudite, il table sur une contraction de 3,3 % pour cette année contre une croissance de 1,7 % en juillet.

A propos de l’Arabie saoudite, les autorités ont prolongé la fermeture de l’aéroport international de Riyad jusqu’à samedi.

Résultat, les compagnies aériennes d’Europe et d’Asie ont suspendu leurs services, et l’organisme aéronautique européen EASA a élargi son avertissement sur l’espace aérien saoudien, invoquant des attaques de missiles et de drones.

Au-delà de cette attaque sur un aéroport civil, les dernières frappes des Houthis montrent la fragilité de l’Arabie saoudite, et d’autant plus que Trump n’entend pas venir à son aide pour ne pas encore rajouter un élément qui pourrait venir aggraver le mécontentement des Américains.

Pour revenir aux prévisions du FMI, pour les autres pays de la région, les révisions sont tout aussi brutales, avec une contraction attendue de 7,6 % pour l’Iran, de 16 % pour l’Irak, de 16,7 % pour le Koweït, de 15,6 % pour le Qatar et de 3,9 % pour les Émirats arabes unis.

La croissance de la zone euro pour 2026 a en revanche été remontée à 1,1 % contre 0,9 % en juillet, grâce aux investissements dans l’IA, et à une augmentation des dépenses de défense dans les pays de l’UE.

La croissance britannique pour 2026 a également été rehaussée de 0,3 point de pourcentage à 1,3 % grâce à des investissements plus importants dans l’IA.

Malgré un certain retard dans l’IA, le FMI a aussi revu à la hausse ses prévisions de croissance pour l’Inde à 7 % pour cette année, en hausse de 0,6 % par rapport aux prévisions de juillet.

Ces révisions à la hausse reposent sur des hypothèses selon lesquelles le détroit d’Ormuz rouvrira en mars 2027, avec un retour large aux conditions maritimes d’avant-guerre d’ici octobre 2027. Le FMI suppose un prix moyen du pétrole de 96 $ par baril pour 2026 et de 87 $ en 2027.

Mais dans un scénario défavorable mis en avant dans le rapport, où une guerre qui s’aggrave pousserait les prix du pétrole à 130 $ le baril au cours du premier trimestre 2027, la croissance serait réduite de 0,2 point de pourcentage en 2026 et de 0,5 point de pourcentage en 2027. L’inflation en 2027 grimperait encore de 1,1 point de pourcentage pour atteindre 5,2 %.

Pour le FMI, l’IA est également une source majeure d’incertitude, avec d’importants risques de baisse et de hausse. Dans un scénario favorable, elle porterait surtout la croissance en Chine et aux Etats-Unis.

Mais si les gains de productivité liés à l’IA ne se concrétisent pas, provoquant une forte baisse des investissements, le PIB américain pourrait chuter de 0,8 %.

Le FMI a également revu à la hausse la prévision de croissance de l’Espagne à 2,5 % pour cette année, rejoignant ainsi les prévisions de la Banque centrale espagnole.

Cette dernière table sur une croissance de 2,6 % cette année contre 2,4 % précédemment, et de 2,2 % en 2027 contre 1,7 % précédemment. Mais cette croissance ne se fera pas sans une hausse de l’inflation qui devrait être de 3,9 % cette année contre 3,6 % précédemment, et de 3,7 % en 2027 contre 2,6 % précédemment.

Pas d’accalmie

La situation en Arabie saoudite et la poursuite des frappes russes sur des installations énergétiques en Ukraine ont poussé à la hausse le prix du baril et aussi celui du gaz.

Concernant ce dernier, il a atteint son niveau le plus élevé depuis décembre 2022, et cette hausse est une très mauvaise nouvelle pour l’Europe compte tenu de la faiblesse de ses stocks.

Car même si certains pays, dont les États-Unis, le Canada et le Nigeria, ont augmenté leurs exportations, la perte de GNL du Moyen-Orient a intensifié la concurrence pour les cargaisons ponctuelles qui auraient autrement été disponibles pour l’Europe.

Comme l’Europe a pris du retard, il est probable que le stockage de gaz européen soit rempli entre 75 et 78 % d’ici le 1er novembre, soit environ 10 points de pourcentage en dessous de la moyenne sur cinq ans.

Même avec un climat hivernal moyen, les réserves européennes pourraient tomber à environ 20 % d’ici début avril, et combiné à une fermeture prolongée du détroit d’Ormuz, cela pourrait accroître la pression pour reconstituer les stocks en 2027.

Pour les ménages, cela pourrait signifier des hausses du prix du gaz entre 10 % et 20 % pour les deux prochaines années.

Et il faudra encore tenir compte du fait que l’interdiction totale des importations de GNL russe par l’UE sera effective à partir de janvier 2027, ce qui réduira encore l’offre.

Autant dire qu’une normalisation du prix du gaz n’est pas pour tout de suite, et que les industriels européens, dont les prix du gaz dans l’UE étaient déjà trois fois plus élevés qu’aux États-Unis, vont voir l’écart s’aggraver.

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