La théorie monétaire selon Trump

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Warsh ne pourra pas se cacher derrière les chiffres du marché de l’emploi, qui ont montré qu’il était solide, et va devoir affronter l’ire de Trump ou perdre toute crédibilité s’il n’augmente pas les taux.

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Warsh ne pourra pas se cacher derrière les chiffres du marché de l’emploi, qui ont montré qu’il était solide, et va devoir affronter l’ire de Trump ou perdre toute crédibilité s’il n’augmente pas les taux.

Marché de l’emploi

Le taux de chômage aux Etats-Unis est resté inchangé à 4,1 %, signal déjà d’un marché solide, mais c’est surtout le chiffre des créations d’emplois avec 162.000 créations qui a focalisé toute l’attention.

En tenant compte du fait, qu’en plus le taux de participation a augmenté à 61,6 %, cela confirme que le marché de l’emploi est dynamique et n’a nullement besoin d’une baisse des taux.

Bonne nouvelle pour Warsh, mais pas suffisante pour justifier un statu quo monétaire, la croissance des salaires horaires à 3,1 %, est restée dans une fourchette cohérente avec l’objectif d’inflation de 2 % de la FED.

Le seul espoir pour Warsh est que le chiffre d’inflation, publié ce vendredi, marque une légère courbe rentrante, qui lui permettrait alors de laisser les taux inchangés, sans perdre sa crédibilité.

Mais sinon

« Les taux d’intérêt élevés placent les États-Unis dans une position très désavantageuse injuste, et je ne le permettrai pas ! » a déclaré Trump.

Et d’ajouter, à l’encontre de toute logique économique, « UN PAYS FORT SIGNIFIE UN TAUX D’INTÉRÊT PLUS BAS – C’EST UN MEILLEUR CRÉDIT… Très simple ! »

N’ayant jamais menacé directement Warsh, car c’est lui qui l’a nommé, Trump a sorti une nouvelle menace, « nous devrions avoir le TAUX LE PLUS BAS de tous les pays du monde … BAISSEZ LE TAUX OU J’ARRÊTERAI DE COMMERCER AVEC LES PAYS AVEC LESQUELS NOUS AVONS UN DÉFICIT ».

Mais le marché a fait fi de ces déclarations aberrantes, et les prix des contrats à terme intègrent désormais une probabilité d’une hausse d’environ 62 % ce mois-ci, contre environ 55 % avant les chiffres du marché de l’emploi, et le taux du Treasury 2 ans est reparti à la hausse, intégrant deux hausses de taux.

Le yen se renforce

Par rapport au dollar, mouvement amorcé avec l’intervention concertée avec les Etats-Unis début d’août sur le marché des changes, et de nouveaux coups de sonde sur le marché des changes par les autorités japonaises la semaine passée, mais aussi dans la perspective d’une hausse des taux.

Car même si la FED augmente ses taux, la BOJ devrait procéder encore à plusieurs hausses de taux ces prochains mois.

C’est déjà ce qu’avait laissé entendre son gouverneur la semaine passée, et ce scénario s’est encore renforcé après que Takuji Aida, conseiller économique de la Première ministre Sanae Takaichi, ait déclaré que la BOJ devrait augmenter les taux d’intérêt en septembre et continuer à augmenter à un rythme d’une fois par trimestre jusqu’en janvier de l’année prochaine.

A la différence de la FED, le marché a intégré le fait que la BOJ procèdera bien à une hausse de taux la semaine prochaine pour porter son taux à 1,25 %.

D’autant plus que la situation au Moyen-Orient ne se calme pas, avec les forces américaines qui ont frappé trois pétroliers iraniens, alors que la marine du Corps des gardiens de la révolution islamique d’Iran a déclaré avoir ciblé trois pétroliers circulant par des routes non autorisées dans le détroit d’Ormuz ainsi que trois autres navires américains dans d’autres zones.

Résultat, selon la société d’analyse Kpler, en moyenne, 10 navires de marchandises ont traversé le détroit d’Ormuz par jour au cours des dix derniers jours, le plus bas depuis mai.

Avec comme conséquence, un prix du baril qui continue de progresser, le prix du Brent étant ce matin à 97,34 $.

Intégrée aussi

La hausse des taux de la part de la BCE ce jeudi. Mais pour la suite, à ce stade, les membres de la BCE n’ont pas encore donné d’indications, alors que le marché a déjà intégré encore une hausse cette année et une autre début de l’année prochaine.

Mais ce scénario semble prématuré, car, pour le moment, il n’y a pas de signaux que l’inflation dérape, et compte tenu du marché de l’emploi, il n’y a pas d’effets de second tour sur les salaires.

Cette réunion de septembre sera marquée par les nouvelles prévisions de la BCE sur la croissance et l’inflation. Une révision à la hausse de la croissance pourrait légèrement renforcer le scénario du marché de deux hausses de taux après.

Et d’un autre côté, la hausse des taux obligataires facilite le travail de la BCE, car il s’agit d’une forme de resserrement monétaire. Ce qui évidemment ne fait pas les affaires des Etats particulièrement endettés.

Et ce matin, la tension sur les taux longs pourrait aussi toucher l’Allemagne après la victoire de l’AFD aux élections régionales en Saxe-Anhalt, un basculement qui est un véritable séisme en Allemagne et qui rappelle des heures très sombres.

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