La tension sur les taux obligataires ne faiblit pas et cette hausse commence à peser sur les marchés boursiers, car à un moment donné, l’investissement obligataire pourrait prendre le pas sur l’investissement en actions.
La revanche des obligations !
La tension sur les taux obligataires ne faiblit pas et cette hausse commence à peser sur les marchés boursiers, car à un moment donné, l’investissement obligataire pourrait prendre le pas sur l’investissement en actions.
Toujours de la tension
Dans les éléments que j’évoquais hier pour expliquer cette hausse des taux, le blocage total du détroit d’Ormuz et l’absence de toutes discussions, pour le moment, entre l’Iran et les Etats-Unis, pèsent sur le prix du baril et entretiennent les craintes inflationnistes.
La publication cet après-midi des minutes de la dernière réunion de la FED risque fort de n’apporter aucune réponse sur la position de Warsh, et devrait aussi maintenir la pression sur les taux.
Il faudra aussi observer comment sera reçue la nouvelle adjudication du Trésor américain pour un montant de 16 milliards de dollars sur 20 ans.
Et la concurrence pourrait être rude, car Alphabet pourrait émettre pour 5 milliards de dollars australiens de dette, selon Bloomberg News.
D’autant plus qu’il ressort que les avoirs étrangers en bons du Trésor américain ont reculé en juin, portés par des baisses des avoirs du Japon, du Royaume-Uni et de la Chine.
Il faut dire que la hausse des rendements obligataires au Japon commence également à attirer des investisseurs japonais, traditionnellement de grands acheteurs de la dette américaine, créant un nouveau vent contraire pour le marché obligataire américain.
Et alors que les finances publiques sont exsangues en Europe, les dégâts provoqués par des phénomènes météorologiques de plus en plus extrêmes ont un coût et, comme la plupart des pertes ne sont pas assurées, la charge risque de retomber sur ces dernières.
Et notre manque d’anticipation va nous coûter de plus en plus cher. Alors que de nombreuses études montrent que les investissements précoces dans l’adaptation au changement climatique peuvent générer des économies à long terme.
Et éviter ce qu’une étude de l’université d’Oxford en 2025 a appelé un “piège de l’investissement dans l’adaptation”, dans lequel la répétition des catastrophes climatiques alourdit la dette et réduit les ressources disponibles pour les mesures de protection.
Impact négatif sur l’immobilier
Une hausse des taux longs n’est pas une bonne nouvelle pour le marché immobilier, et aux Etats-Unis, la construction de maisons individuelles a chuté fortement en juillet pour atteindre son plus bas niveau depuis plus de trois ans et demi.
Et les signatures de contrats d’achat de maisons existantes ont également glissé, ce dernier signe indiquant que le marché immobilier reste sous pression due à la hausse des taux hypothécaires et à l’incertitude économique due à la guerre en Iran.

La construction de maisons individuelles a chuté de 9,9 % en juillet, soit une chute de 15,7 % en taux annuel.
Et les permis pour la construction future de maisons individuelles ont augmenté de 2,5 % le mois dernier, soit une très faible hausse de 1,1 % en taux annuel.
Lawrence Yun, économiste en chef de la NAR, constate que « les taux hypothécaires les plus élevés de l’année ont été enregistrés en plein milieu de l’été, ce qui réduit la signature de contrats. Les prix des maisons sont à des sommets historiques, donc les maisons à vendre restent sur le marché plus longtemps, et moins d’acheteurs enchérissent au-dessus du prix demandé qu’il y a un an, bien qu’il existe de grandes variations sur le marché local ».
Il faut dire qu’avec un taux hypothécaire à 30 ans à 6,77 %, il s’agit du taux le plus élevé depuis plus d’un an.
A contrario, le secteur industriel reste robuste aux Etats-Unis, stimulé par la demande d’équipements high-tech et des fournitures nécessaires à la construction et à la gestion de centres de données. Résultat, la production industrielle a augmenté de 0,2 % en juillet après une hausse de 0,3 % en juin.
Et cela grâce à une hausse de 0,8 % de la production d’équipements d’entreprise, suite à une hausse de 1,5 % des équipements de traitement de l’information et une hausse de 1,4 % des fournitures industrielles.
L’Australie n’y échappe pas
Le rendement de l’obligation australienne à 10 ans n’échappe pas à la tendance globale et se situe à son niveau le plus élevé depuis juin 2011, et les propos du vice-gouverneur de la Banque centrale, Andrew Hauser, ne sont pas de nature à inverser la tendance.

Il a souligné que l’économie australienne était exposée à trois risques à la hausse liés à l’inflation qui le préoccupaient, à savoir le conflit au Moyen-Orient, le boom mondial de l’IA et la faible productivité. Et de constater que « si ces risques haussiers liés à l’inflation se cristallisent et que nous ne voyons pas l’inflation baisser, nous devrons à nouveau augmenter les taux d’intérêt et nous le ferons. »
Le taux directeur est actuellement à 4,35 %, et ces propos ont renforcé la probabilité à 60 % de hausses de taux qui porteraient ce dernier à 4,60 % fin de l’année.
