Reprise des valeurs technologiques en Asie ce matin, malgré un prix du Brent à 92 $, des menaces de nouvelles taxes douanières, et une poursuite de la hausse des rendements obligataires.
Entre guerre commerciale et choc énergétique
Reprise des valeurs technologiques en Asie ce matin, malgré un prix du Brent à 92 $, des menaces de nouvelles taxes douanières, et une poursuite de la hausse des rendements obligataires.
Nouvelles taxes
Après le Brésil, c’est au tour du Canada de se voir imposer des droits de douane de 50 % sur le vin, le ciment, le matériel de hockey sur glace, les produits laitiers, les piscines, les meubles, les cannes à pêche, les graines, les vêtements et les perruques, entre autres articles. Soit sur environ 20 milliards de dollars d’importations en provenance du Canada.
Pour justifier cette décision, Trump a exhumé l’article 338 du Tariff Act de 1930, qui permet à un président d’imposer des tarifs punitifs pouvant aller jusqu’à 50 % contre les partenaires commerciaux jugés avoir discriminé les produits américains.
Cette annonce est une riposte aux mesures de représailles prises par le Canada, et s’inscrit dans la volonté de l’administration américaine de ne plus intégrer ce dernier dans les discussions sur l’accord commercial États-Unis-Mexique-Canada.
De son côté, le Premier ministre canadien Mark Carney a déclaré dans un communiqué que son gouvernement avait formulé des propositions globales pour résoudre les différends commerciaux avec Washington.
Ces nouvelles taxes doivent entrer en vigueur le 19 août.
Autre front ouvert par Trump, les médicaments génériques introduits aux Etats-Unis bénéficieront d’un tarif de 0 % pendant deux ans à partir du 1er août, après quoi le taux passera à 100 % pendant un an puis à 200 % par la suite.
Une situation compliquée
Le Premier ministre britannique Andy Burnham prend ses fonctions dans un contexte économique plus qu’incertain, comme le soulignait l’OCDE dans son étude consacrée au Royaume-Uni.
Selon cette dernière, la croissance qui était de 1,4 % en 2025 devrait retomber à 0,9 %, avant de se reprendre à 1,1 % en 2027.
Et l’inflation, qui était de 3,4 % en 2025 devrait se situer à 3,7 % cette année avant de refluer à 2,4 % en 2027.
Et justement à propos de l’inflation, les chiffres du mois du juin sont attendus ce matin, en léger recul, l’inflation globale devant revenir à 2,7 % contre 2,8 %, et l’inflation sous-jacente à 2,5 % contre 2,6 %.
L’inflation est au cœur de la grogne des Anglais contre le précédent Premier ministre, et d’ailleurs la première mesure de Burnham a été d’annoncer qu’il allait réduire les impôts sur les factures d’électricité.
Il s’agit plus précisément de la TVA sur ces factures, qui sera financée par des économies suite à l’abandon d’un programme d’identification numérique de 1,8 milliard de livres sterling.
Mais des doutes ont déjà surgi sur le financement de cette première mesure, même si Burnham a de nouveau souligné que la discipline budgétaire était la pierre angulaire de son nouveau gouvernement.
Et d’un autre côté, cette mesure risque d’être plus symbolique qu’autre chose, le gain étant estimé à 45 £ par ménage, gain qui risque bien d’être annulé suite à la hausse du prix du gaz à cause de la reprise des hostilités au Moyen-Orient.

Pour le moment, Burnham bénéficie d’un élan positif, le sterling reste ferme par rapport à l’euro, mais la question qui préoccupe les marchés est celle du financement de son programme, alors que le marché obligataire est extrêmement tendu.

La nomination comme nouveau ministre des Finances, John Healey, a déjà un peu rassuré les marchés, mais reste la question de savoir comment vont être financés les dépenses de défense, qui pourraient coûter 10 milliards de sterling en plus par an, et les promesses de Burnham de relever le seuil auquel les gens commencent à payer l’impôt sur le revenu, de garder un système très coûteux pour les pensions et de résoudre la crise dans le secteur des services sociaux.
Hausse des prix
Du gaz, comme évoqué plus haut, du baril avec une menace houthie d’imposer un blocus naval contre l’Arabie saoudite en mer Rouge qui pourrait considérablement élargir la guerre contre l’Iran et encore accentuer cette hausse.
Les Houthis du Yémen ont en effet déclaré qu’ils n’autoriseraient pas les navires à charger ou décharger dans les ports saoudiens, ce qui pourrait bloquer les exportations de pétrole saoudien et réduire de 7 % supplémentaires l’approvisionnement mondial en pétrole.
Et hausse aussi du blé qui se poursuit suite aux attaques contre les navires russes et ukrainiens en mer Noire, à une baisse des volumes de production en France et à des estimations de production américaine plus faibles.

Et ce n’est pas que le blé qui est en hausse, c’est le cas aussi du soja et du maïs, car la hausse des prix du pétrole stimule la demande pour les matières premières agricoles utilisées pour la production de biocarburants.

Il y a dans le FT du 21 juillet une intéressante opinion de l’ancienne ministre des affaires étrangères du Canada, sur le thème: cela ne sert à rien de lever des tarifs sur des produits intermédiaires, il faut contrattaquer les USA sur des produits finaux. En ex: le boycott canadien (librement organisé, sans tarifs) sur les vins et alcools américains, rapidement remplacés par des produits locaux et européens
Bonjour Monsieur De Greef,
En effet c’est la meilleure réponse possible et merci pour l’information, mais malheureusement le boycott des produits américains par les Européens a été un feu de paille, il suffit de voir le cas de Tesla.