La tempête des prix reste menaçante

Mode Expresso

La réunion de la BCE sera sans surprise, mais Christine Lagarde devrait laisser entendre qu’elle pourrait en faire plus dans les prochains mois et qu’elle surveillera attentivement les risques d’effets de second tour.

Mode Lungo

La réunion de la BCE sera sans surprise, mais Christine Lagarde devrait laisser entendre qu’elle pourrait en faire plus dans les prochains mois et qu’elle surveillera attentivement les risques d’effets de second tour.

Pas de surprise

La BCE va laisser ses taux inchangés, tout en signalant surveiller attentivement les facteurs qui pourraient pousser l’inflation à la hausse, et ils sont nombreux.

Ce statu quo attendu n’empêche pas les rendements obligataires de continuer de progresser, avec un rendement du Bund 2 ans qui intègre deux hausses de taux, et de fortes pressions sur les taux longs terme.

C’est en particulier le cas des rendements des obligations françaises et italiennes, le rendement de l’obligation française à 10 ans flirte avec le seuil des 4 %, un niveau qui n’avait plus été vu depuis juin 2009, et celui de l’obligation italienne est repassé au-dessus de celui de la France.

Quels sont ces facteurs que la BCE va surveiller de près ?

Bien évidemment, le prix du baril, qui a encore progressé ce matin à 96 $, après que les Houthis ont frappé deux pétroliers saoudiens dans le cadre d’un blocus naval de l’Arabie saoudite.

Et aussi le prix du gaz qui continue de progresser, ce qui inévitablement alourdira la facture d’électricité et aura un effet inflationniste.

Les prix des denrées alimentaires pourraient être la mauvaise surprise et obliger la BCE à agir. Il faut dire que les conditions météorologiques sont tout sauf favorables, fortes chaleurs, incendies, sécheresse, en un mot les cultures souffrent énormément.

J’évoquais hier le prix du blé, car à côté des impacts climatiques sur les récoltes, il y aussi les conflits qui perturbent le trafic.

Mais le niveau des fleuves pourrait aussi entraîner des goulets d’étranglement et augmenter les coûts des transports. Et les effets d’El Niño pourraient aussi entraîner des pressions à la hausse sur les prix des denrées comme le sucre ou le café.

Quels sont les facteurs qui pourraient inciter la BCE à adopter une attitude très prudente dans la hausse des taux ?

D’abord, la faiblesse de l’économie et éviter de mettre de l’huile sur le feu alors que la croissance en zone euro souffre de la hausse des prix de l’énergie. Un resserrement monétaire serait une double peine dont l’économie n’a absolument pas besoin.

La grande différence par rapport à la situation de 2021, et c’est le deuxième élément, est que le marché du travail n’est pas sous tension et que dès lors la croissance des salaires continue de ralentir, ce qui semble exclure un effet de second tour.

L’inflation des services a légèrement reculé, or il s’agit d’un point essentiel, car le secteur des services a une plus forte inertie face aux décisions de la BCE, et un recul de l’inflation facilite la tâche de cette dernière.

En résumé, pas d’effet de second tour à ce stade, mais pour autant, Christine Lagarde laissera entendre que la BCE demeurera vigilante et scrutera les indicateurs avec attention et évaluera la situation à chaque réunion.

Un peu de répit

Comme attendu, l’inflation en Grande-Bretagne a reculé, passant de 2,8 % en mai à 2,6 % en juin.

L’inflation des services, suivie de près par la BoE comme guide des pressions sous-jacentes sur les prix, a moins ralenti en passant de 3,7 % à 3,6 % en juin, et l’inflation sous-jacente, qui exclut les prix de l’alimentation, de l’énergie, de l’alcool et du tabac, s’est maintenue à 2,6 %.

Comme pour la BCE, la BoE, la semaine prochaine, devrait laisser ses taux inchangés comme les pressions inflationnistes restent modérées et qu’il n’y a pas à ce stade d’effet de second tour. 

Comme le montre le rendement de l’obligation en sterling à 2 ans, les marchés continuent de tabler sur une ou peut-être deux hausses des taux d’intérêt d’un quart de point d’ici la fin de 2026.

Encore un mot sur les taux d’intérêt

Même si la FED observera un statu quo la semaine prochaine, le taux contractuel d’un prêt hypothécaire à taux fixe sur 30 ans a atteint 6,69 %, soit son niveau le plus élevé depuis août 2025.

Ce qui signifie que ce taux a augmenté de 0,60 point de pourcentage depuis que les États-Unis et Israël ont lancé des attaques contre l’Iran fin février.

Pour les ménages américains, après un repli du prix de l’essence, la hausse du prix du baril devrait provoquer une nouvelle tension, et en plus les taux hypothécaires ne devraient pas connaître d’accalmie étant donné le niveau d’inflation actuel, ce qui pourrait peser sur la consommation et sur le marché immobilier.

Subscribe
Notify of
0 Comments
Oldest
Newest