L’inflation recule en zone euro, grâce à la forte baisse du prix du baril, mais dans un contexte mondial toujours dominé par les investissements massifs dans l’IA, qui pourraient avoir un impact inflationniste.
L’inflation se calme, la fièvre de l’IA demeure
L’inflation recule en zone euro, grâce à la forte baisse du prix du baril, mais dans un contexte mondial toujours dominé par les investissements massifs dans l’IA, qui pourraient avoir un impact inflationniste.
Recul de l’inflation
En Belgique, elle est passée de 4,08 % à 3,40 % en juin, et l’inflation sous-jacente de 3,59 % à 3,04 %.
Cette baisse est la conséquence de la chute du prix du baril clairement, car d’un mois à l’autre, le prix du gaz naturel a augmenté de 1,5% et celui de l’électricité de 2,5%.

L’inflation en France est attendue à 2,3 % en juin contre 2,8 % en mai, et l’inflation en Allemagne à 2,5 % contre 2,7 %.
Cette baisse très rapide du prix du baril en a surpris plus d’un, au sein même de la BCE, et avec un taux d’inflation attendu demain à 3 % contre 3,2 % le mois passé, la nécessité d’une remontée des taux en juillet perd de sa pertinence.
Activité portée par l’IA
En Asie, les investissements dans l’IA portent l’activité des entreprises, et permettent de compenser les effets délétères des droits de douane.
En Chine, l’indice PMI manufacturier officiel a ainsi légèrement progressé en passant de 50 en mai à 50,3 en juin, porté par les exportations de puces et autres produits liés à l’IA.
Autre élément à prendre en compte, selon des dirigeants du transport maritime, les détaillants américains ont avancé les commandes en provenance de Chine de quatre à six semaines pour sécuriser leurs stocks pour les soldes du Black Friday et des vacances de Noël avant les hausses tarifaires prévues plus tard cette année.
Pour rappel, le tarif douanier de 10 %, imposé par Washington en février, après que la Cour suprême a déclaré certains tarifs antérieurs illégaux, expire le 24 juillet.
Il sera inéluctablement plus élevé par la suite, un taux de 12,5 % ayant déjà été annoncé par l’administration américaine, au minimum.
L’indice PMI non industriel, qui inclut les services et la construction, s’est amélioré à 50,2 contre 50,1 en mai, tandis que le PMI composite s’est établi à 50,6 contre 50,5 un mois plus tôt.
Mais en dehors de la demande pour les semi-conducteurs, pour le reste celle-ci est faible.
Investissements massifs
La Corée du Sud a dévoilé lundi une stratégie industrielle de grande ampleur, centrée sur les domaines des puces électroniques et de l’IA avec à la clé des investissements de 505 milliards d’euros étalés sur plusieurs années.
Présenté par le président sud-coréen Lee Jae Myung, ce dernier a déclaré « nous devons nous doter des éléments clés de l’IA plus rapidement que n’importe quel autre pays ».
Concrètement, Samsung et SK Hynix investiront 800.000 milliards de wons (454,4 milliards d’euros) avec leurs fournisseurs pour construire chacun deux nouveaux sites de fabrication de puces dans le sud-ouest de la Corée du Sud.
Le ministre de l’Industrie a également déclaré que le pays allait doubler sa production de mémoire vive dynamique (DRAM) d’ici cinq ans en avançant la construction d’usines dans la région métropolitaine de Séoul.
Refus de la Cour suprême
J’évoquais la décision de la Cour concernant les tarifs douaniers, qui a été un véritable camouflet pour Trump.
Cette dernière l’a une nouvelle fois contredit en refusant de le laisser limoger la gouverneure de la FED, Lisa Cook.
Pour le président conservateur John Roberts, Trump « n’avait pas accordé à Cook les protections procédurales auxquelles elle avait droit par la loi. Sans ces protections, elle ne pouvait pas contester correctement les accusations portées par le président contre elle. »
La Cour en a profité pour rappeler et défendre l’indépendance de la Banque centrale par rapport aux politiques, Roberts soulignant « nous ne voyons aucune raison de laisser le public dans l’incertitude, ni de semer le doute sur le statut de l’une des institutions financières les plus importantes de notre nation (et du monde) ».
Par contre, la Cour suprême a soutenu le licenciement par Trump du membre démocrate de la Federal Trade Commission Rebecca Slaughter.
Niveau historique
Le yen a en effet chuté à des niveaux jamais vus depuis 1986 par rapport au dollar.

La ministre japonaise des Finances, Satsuki Katayama, a réitéré que les autorités étaient prêtes à répondre de manière appropriée à tout moment.
Mais la hausse du taux par la BOJ, et les interventions d’une valeur de 11,7 trillions de yens (72,25 milliards de dollars) n’ont jusqu’à présent en rien inversé la tendance baissière du yen.
Et tant que le dollar restera soutenu par la perspective d’un resserrement monétaire de la part de la FED, les interventions resteront des coups d’épée dans l’eau.
