La Belgique devrait continuer sur sa lancée et afficher au quatrième trimestre une croissance, certes modeste, mais qui demeure quand même supérieure à celle de la zone euro.
La Belgique résiste bien en 2023
La Belgique devrait continuer sur sa lancée et afficher au quatrième trimestre une croissance, certes modeste, mais qui demeure quand même supérieure à celle de la zone euro.
Croissance en Belgique
Il faut d’abord souligner que le chiffre du troisième trimestre a été légèrement revu à la hausse à 0.4%, suite à une consommation privée qui est restée soutenue ainsi que les investissements des entreprises.
Pour le dernier trimestre, la BNB prévoit un taux de 0.3%, tablant sur une consommation privée qui resterait soutenue compte tenu des indices de confiance et de la croissance du pouvoir d’achat.

La consommation publique devrait aussi contribuer positivement à la croissance, car comme le souligne la BNB, elle devrait bénéficier du déploiement des plans d’investissements et « par le cycle électoral habituel ». En un mot attendez-vous à des travaux de voirie dans les prochains mois.
Par contre, l’investissement résidentiel a pesé sur la croissance au troisième trimestre et devrait continuer de peser au quatrième, tout comme d’ailleurs les exportations nettes.
A titre de comparaison, la Banque de France a publié, hier, ses prévisions pour le quatrième trimestre, et elle table sur un taux de 0.1%, après un recul de 0.1% au troisième trimestre. Cette faible croissance serait essentiellement soutenue par le secteur des services.
Inflation
Les membres de la FED auront encore un dernier chiffre avant de rentrer en réunion, à savoir celui de l’inflation, qui sera publié cet après-midi. A priori, rien de bien neuf, le Core CPI étant attendu stable à 4%, niveau qui ne justifie en rien une baisse rapide des taux.
Toujours à propos d’inflation, et de l’inflation sous-jacente en particulier, elle a légèrement reculé en Norvège à 5.8% en taux annuel en novembre contre 6% en octobre. Ce chiffre a renforcé le scénario d’un statu quo de la part de la Banque centrale ce jeudi, car il est meilleur que ses estimations et permet dès lors de faire une pause.
Cette perspective n’a pas renforcé la couronne norvégienne évidemment, mais cela ne change fondamentalement pas sa trajectoire négative depuis le début de l’année, plombée par la baisse du prix du baril. Depuis le début de l’année, elle affiche un recul de plus de 12% par rapport à l’euro.

L’Europe en danger ?
Si l’Ukraine n’obtient pas une aide supplémentaire de la part des Etats-Unis ?
Et/ou si lors du sommet européen, qui se tient ces 14 et 15 décembre, la Hongrie continue de s’opposer à l’ouverture des négociations d’adhésion avec l’Ukraine ?
Cela en ferait presque oublier que Donald Tusk a été nommé Premier ministre hier après un vote à la Diète par 248 députés contre 201, ce qui est par contre un signal très encourageant et positif pour l’Europe et devrait largement contribuer à apaiser les relations avec la Commission. Et c’est d’ailleurs la victoire de Tusk aux élections qui explique en grande partie la hausse du zloty polonais.

Au-delà d’un vote de la Hongrie contre l’adhésion, elle est bien décidée aussi à s’opposer à une nouvelle aide pour l’Ukraine.
Et le ministre lituanien des affaires étrangères, Gabrielius Landsbergis, ne s’est pas trompé en parlant d’un « choc des idéologies, entre ceux qui veulent que l’Europe soit forte et ceux qui ne veulent pas du tout de l’UE ».
Un échec lors de ce sommet serait dramatique pour l’Ukraine, mais aussi pour l’Europe et pour le projet européen. Et la situation est d’autant plus compliquée que le gouvernement allemand se débat avec les problèmes de son budget, ce qui pourrait freiner son aide à l’Ukraine, et que la France est en train de vivre un psychodrame avec un camouflet pour le ministre de l’Intérieur après le rejet de son texte sur la loi immigration.
La seule bonne nouvelle pour l’Ukraine est que le conseil d’administration du FMI a approuvé un décaissement de 900 millions de dollars dans le cadre de son programme de prêts de 15.6 milliards de dollars.
La directrice du FMI a souligné le soutien quasi-unanime du conseil, à l’exception de la Russie, tout en soulignant « en ce qui concerne l’avenir, alors que la reprise devrait se poursuivre, les perspectives comportent des risques significatifs découlant principalement de l’incertitude exceptionnellement élevée liée à la guerre ».
Malgré cela, Gavin Gray, chef de mission du FMI pour l’Ukraine, a souligné que le FMI avait relevé les prévisions de croissance de l’Ukraine pour 2023 à 4.5 %, contre une fourchette précédente de 1 % à 3 %, et qu’il s’attendait à une croissance de 3 % à 4 % en 2024.

En ce qui me concerne, je reste dubitatif quant à une issue favorable à l’Ukraine dans la guerre qui l’oppose à la Russie et l’UE pourrait bien devoir manger son chapeau dans les mois ou années à venir. Et je le regrette.
Comme en finance et en économie, la géopolitique se nourrit essentiellement d’intérêts et non de sentiments ou d’aspirations morales. Et je le regrette aussi.
Par ailleurs, V. Orban qui est la” tête de turque”(1) dans l’Union, n’a rien d’une anomalie. Nous fonctionnons dans un espace démocratique où la contradiction et les analyses doivent s’exprimer. Ici aussi, il n’est point certain qu’un élargissement précipité et dans le cas d’espèce d’un potentiel poids lourd soit bénéfique avant longtemps à l’économie européenne . Plusieurs chancelleries ont de sérieux doutes sur la pertinence de cet élargissement, même si publiquement la discrétion est de mise. Où est d’ailleurs le débat publique objectivement argumenté pour pouvoir adhérer à cette initiative?
Evoquer des valeurs est certes louable mais, comme comme en finances ….. ça ne suffit pas.
(1)Désolé pour cette image un peu ringarde et “inappropriée” en ce 21ème siècle hautement civilisé.