L’inflation plus élevée que prévu en Grande-Bretagne a renforcé la probabilité d’une hausse des taux début novembre, ce qui a aussi accentué la hausse du sterling par rapport à l’euro.
Chronique d’une confiance en sursis
L’inflation plus élevée que prévu en Grande-Bretagne a renforcé la probabilité d’une hausse des taux début novembre, ce qui a aussi accentué la hausse du sterling par rapport à l’euro.
Hausse de l’inflation
L’inflation globale est passée de 3,1 % en août à 3,5 % en septembre, dépassant ainsi les prévisions, et aussi les anticipations de la BoE, qui tablait sur un niveau de 3 % dans ses prévisions en juillet.
Et l’inflation sous-jacente a également dépassé les attentes, en passant de 2,6 % à 2,8 % en taux annuel. Tout comme d’ailleurs l’inflation des services qui est passée de 3,4 % à 3,6 %.
Le fait que la hausse des taux semble inéluctable a encore un peu plus renforcé le sterling par rapport à l’euro en passant sous le seuil des 0,84.

En plus de cette mauvaise nouvelle pour le gouvernement, il est ressorti que ce dernier avait emprunté plus que prévu et que la dette avait dépassé les 3.000 milliards de sterling.
A propos de taux
Le rendement des obligations française à 10 ans a dépassé le niveau de 5 %, un nouveau sommet en 24 ans, dernier signe d’inquiétude croissante parmi les investisseurs quant à la capacité de la France à restaurer ses finances publiques.
Comme le montre le graphique, la France emprunte à un taux largement plus élevé que l’Espagne ou la Grèce sur la même période.

Et le spread par rapport au Bund 10 ans a encore légèrement progressé et frôle les 160 points de base.
Et rien pour le moment ne vient rassurer les investisseurs, au contraire, la volonté de maintenir les manifestations en dépit des risques de dérapage et l’absence de véritable responsabilité des politiques fait craindre le pire.
Et l’annonce de Carrefour n’est pas de nature à rassurer. En effet ce dernier a abaissé ses objectifs financiers annuels à la suite « de la dégradation de la situation sociale et sécuritaire » en France.
Matthieu Malige, directeur financier de Carrefour, évoque de coûts directs qui « sont de plusieurs dizaines de millions d’euros liés aux événements des derniers jours ».
Mais ses craintes c’est pour l’avenir car « on a maintenant de la marchandise volée, détruite, des dégâts sur les locaux, des dégâts sur les équipements, des dépenses supplémentaires de remise en état, de sécurité, et puis après il y a des magasins où on a été obligé de fermer. Dans les semaines qui viennent, on va continuer à être impacté par des fermetures liées à des décisions de couvre-feu et donc des magasins qui vont devoir fermer plus tôt, qui vont avoir une baisse de leur fréquentation. Et plus largement, on pense qu’il y a une nouvelle conjoncture qui est faite de très fortes incertitudes pour nos consommateurs ».
Pas d’apaisement en vue
Au Moyen-Orient, avec des rumeurs qui prêteraient l’intention aux Etats-Unis et à Israël de mener de nouvelles frappes sur l’Iran après les élections à mi-mandat.
Mais pour le moment, ce qui préoccupe les marchés est la situation en Arabie saoudite. Le département d’État américain a ordonné à certains diplomates et membres de familles de quitter ses missions en Arabie Saoudite et prévoit de retirer des membres de leur famille de plusieurs autres missions américaines dans la région.
Cet ordre intervient après que des attaques en Arabie saoudite aient tué au moins une personne et blessé huit autres dans un aéroport civil, et que deux personnes ont été tuées lors d’une attaque de drone sur un champ pétrolier.
Pas étonnant que le prix du baril ne recule pas dans ce contexte qui demeure très tendu.
Pas étonnant non plus
Que la confiance des consommateurs ait nettement reculé en Belgique, selon le dernier indicateur de la BNB.

Ce recul de la confiance s’explique parce que les consommateurs s’attendent à une dégradation de la situation économique au cours des douze prochains mois. Et s’inquiètent d’une hausse du chômage à l’avenir.
La BNB souligne que le repli affecte toutes les composantes de l’indicateur.
Pour corser le tout
Les actions asiatiques sont en net recul ce matin, malgré une très bonne tenue de la bourse américaine hier soir, sur fond de craintes persistantes sur l’IA et évidemment à cause des incertitudes dans le Golfe.
Cette correction est d’autant plus étonnante que les résultats supérieurs aux attentes des entreprises américaines avaient rassuré les marchés.
Mais il y a quand même beaucoup d’incertitude qui demeure sur l’ampleur des investissements dans l’IA et sur leur retour sur investissement, ce qui explique la détente des rendements obligataires, en particulier aux Etats-Unis, qui retrouvent un peu d’intérêt de la part des investisseurs.
Je crois que je vais aller me recoucher après toutes ces nouvelles.
