Un yen fort face à un baril nerveux

Mode Expresso

Le yen continue de se renforcer, porté par des indicateurs économiques qui sont venus confirmer le scénario d’une hausse des taux. Cette hausse du yen permet d’amortir la hausse du prix du baril, mais partiellement seulement.

Mode Lungo

Le yen continue de se renforcer, porté par des indicateurs économiques qui sont venus confirmer le scénario d’une hausse des taux. Cette hausse du yen permet d’amortir la hausse du prix du baril, mais partiellement seulement.

Yen en hausse

Je soulignais hier sa hausse par rapport au dollar, mais comme le montre le graphique, sa hausse est aussi très marquée par rapport à l’euro.

La révision du chiffre du PIB pour le deuxième trimestre est venue renforcer le yen dans une perspective d’une BOJ plus agressive.

Au lieu d’une croissance annualisée de 1,1 %, l’économie japonaise a connu une croissance de 1,4 % au deuxième trimestre.

Autre indicateur qui a renforcé le scénario de hausse des taux, les salaires réels ajustés à l’inflation ont augmenté de 2,4 % en juillet par rapport à l’année précédente, marquant la plus forte hausse depuis mai 2021.

Encore et toujours l’IA

Ce sont en effet encore et toujours les besoins de produits liés à l’IA qui ont soutenu les exportations chinoises. Ces dernières ont augmenté de 25 % en taux annuel en août, contre 23,9 % en juillet.

Les importations ont bondi de 28,2 %, contre une hausse de 27,5 % en taux annuel en juillet.

Les exportations ont été portées par les produits liés à l’IA, les véhicules électriques, les cellules solaires et les batteries lithium-ion.

Résultat, l’excédent commercial de la Chine est passé à 119,09 milliards de dollars en août, contre 112,5 milliards le mois précédent, soit un total de 805,51 milliards de dollars sur huit mois.

Dépendance au pétrole

Même si la Chine a réussi à réduire drastiquement sa dépendance au pétrole provenant du Moyen-Orient, la quasi-fermeture du détroit d’Ormuz pénalise son économie. Et pour le Japon, par contre, la dépendance au pétrole est beaucoup plus importante.

Et pour le moment, rien ne semble indiquer un apaisement des tensions, au contraire.

Pour preuve, une milice houthie soutenue par l’Iran a attaqué plusieurs villes d’Arabie saoudite, blessant 73 personnes, un signe supplémentaire que le conflit risque de s’étendre à une guerre régionale plus large alors que les progrès diplomatiques stagnent.

Et la République islamique a annoncé mettre en place dans les prochains jours une nouvelle zone d’exclusion maritime dans le Golfe.

Selon Mohsen Rezaei, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, la nouvelle zone restreinte commencerait là où le blocus américain de l’Iran débute et s’étendrait dans des zones du Golfe.

Reste à savoir si l’Iran aura les moyens de tenir, car les nouvelles sanctions économiques américaines combinées au blocus deviennent de plus en plus difficiles à supporter pour l’Iran.

Malgré cela, le prix du baril se situe juste en dessous des 100 $, ce qui est encore raisonnable.

Cela s’explique, en partie, parce que du pétrole continue de passer par le détroit d’Ormuz, même si c’est dans des volumes moindres. Et les Iraniens ont profité de la trêve en juillet pour sortir massivement des barils, qui sont stockés sur des navires en dehors de la zone de conflit. 

L’autre raison est que les pays exportateurs du Golfe ont trouvé des routes et des moyens alternatifs.

Ainsi, Saudi Aramco a repris les chargements depuis son port de Ras Tanura, dans le Golfe, en août, bien que ses exportations de Yanbu en mer Rouge restent sous pression d’un blocus naval mené par les Houthis yéménites.

Les exportations du port alternatif de Sidi Kerir en Égypte ont atteint 2,139 millions de barils par jour en août, soit plus du double des volumes de juin.

Les exportations du deuxième producteur de l’OPEP, l’Irak, ont rebondi en août pour atteindre environ 2,34 millions de barils par jour.

Pour compenser la chute des exportations iraniennes, d’autres producteurs prennent la relève comme les États-Unis et le Canada.

Du côté de l’offre, toutes ces alternatives ont permis de réduire l’impact de la fermeture du détroit. Mais la baisse de la demande a aussi clairement contribué à éviter un embrasement du prix du baril.

La Chine, en particulier, a fortement réduit sa dépendance en électrifiant les transports, et en utilisant massivement le charbon. Et elle dispose, selon Kpler, de 1,17 milliard de barils de réserve.

Mais malgré cela, l’équilibre est fragile et a des limites, et des tensions se font sentir sur les contrats à terme, avec des niveaux autour des 105 $ le baril, avec des tensions importantes sur le marché du diesel.

A propos de production

Et dans la suite de mon billet d’hier sur les vendanges, d’après les premières estimations publiées lundi par le ministère de l’Agriculture en France, 2026 devrait être l’une des pires années en termes de production viticole de ces trois dernières décennies.

Elle devrait être sous la barre des 34 millions d’hectolitres cette année, soit une baisse de 6% par rapport à 2025 et de 17% par rapport à la moyenne de la période 2021-2025.

A côté d’une diminution des surfaces cultivées, les canicules à répétition et la sécheresse expliquent cette chute.

La production en Champagne devrait être inférieure de 49% à celle de 2025 et de 47% à la moyenne sur cinq ans.

En Bourgogne-Beaujolais, la baisse devrait être d’un tiers aussi bien d’une année sur l’autre que par rapport à la moyenne quinquennale.

Le Languedoc-Roussillon, premier bassin viticole français, devrait enregistrer une hausse de 5% par rapport à la faible récolte de l’année dernière, mais la production reste inférieure de 8% à la moyenne sur cinq ans.

Et dans le Bordelais, la production sera en hausse de 5% par rapport à la faible récolte de 2025, tout en étant inférieure de 11% à sa moyenne sur cinq ans.

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