Il va être beaucoup question de l’inflation, en hausse en Europe, et de savoir si Warsh a convaincu les marchés de sa volonté de combattre cette inflation, alors que le prix du baril est de nouveau en hausse.
L’inflation relève la tête, les marchés doutent encore
Il va être beaucoup question de l’inflation, en hausse en Europe, et de savoir si Warsh a convaincu les marchés de sa volonté de combattre cette inflation, alors que le prix du baril est de nouveau en hausse.
A-t-il convaincu ?
Ses propos ont donné le sentiment d’une certaine fermeté, mais l’absence de direction plus précise a laissé les marchés sur leur faim.
Il a commencé en déclarant « voici ma règle : nous devons être confiants que l’inflation sous-jacente se déplace clairement et à une vitesse suffisante vers notre objectif. Sinon, nous avons du travail à faire. C’est notre travail … notre mandat … et notre responsabilité à tenir ».
Tout en reconnaissant que « les progrès au cours des deux dernières années ont été modestes », à propos de l’inflation, il n’a pas, pour autant, suggéré de calendrier pour les hausses de taux.
Propos plus clairs, mais qui manquent encore d’informations suffisamment précises pour que les marchés puissent être totalement rassurés sur les intentions de la FED.
Preuve que les avis sont partagés, les contrats à terme sur les fonds fédéraux suggéraient une probabilité de 57 % d’une hausse des taux lors de la prochaine réunion de septembre, après son discours, en hausse par rapport aux 35 % juste avant.
Comme le montre le graphique, la courbe des taux en dollar s’est déplacée à la hausse après les propos de Warsh, ce qui signifie que la tension sur les taux longs ne s’est pas réellement apaisée. En revanche, le dollar s’est renforcé dans une perspective d’une hausse des taux, et l’or a reculé pour la même raison.

J’avais insisté dans le podcast de Trends Z, Le Regard décalé, enregistré vendredi matin, sur l’importance d’une clarification de la part de Warsh, mais cela n’a pas suffisamment été le cas.
Inflation en zone euro
Inflation en hausse, au mois d’août, en France, en Espagne et en Belgique, et qui devrait aussi être en hausse en Allemagne, avec les chiffres attendus aujourd’hui.
En Espagne, l’inflation a augmenté de 0,6 % d’un mois à l’autre, soit un taux annuel qui est passé de 3,9 % à 4,5 %, soit son niveau le plus élevé depuis février 2023.
En Belgique, selon Statbel, l’inflation frôle les 4 %, à 3,97 % contre 3,56 % en juillet, et l’inflation sous-jacente, hors énergie et produits alimentaires non transformés, a également progressé en passant de 2,99 % à 3,13 %. En Allemagne, elle est attendue, en taux annuel, à 3,10 % contre 2,80 %.

La France qui avait connu une inflation plus faible que ses voisins, est en train de les rattraper avec une inflation qui augmenté de 0,6 % en août, soit un taux annuel qui est passé de 2,4 % à 2,7 %.
Une des raisons de cette hausse de l’inflation est la hausse du prix du gaz. Et la reprise des frappes américaines sur l’Iran, cette nuit, qui a entraîné une nouvelle hausse du prix du baril, ne devrait pas inverser la tendance.

Alors que je me réjouissais des indicateurs positifs concernant l’Allemagne, dans le même temps, la situation en France se dégrade sur fond d’une échéance électorale qui pourrait provoquer énormément de tensions.
Comme la Belgique, au deuxième trimestre, la croissance en France a stagné, ce qui a fait dire au ministre de l’Économie et des Finances Roland Lescure, que ces chiffres étaient « absolument horribles ». En ajoutant, qu’ils reflètent « le premier impact de l’été « , et que « c’est un impact absolument terrifiant, énorme ».
Ce chiffre du deuxième trimestre a été revu à la baisse, après une première estimation de 0,2 %, et intervient après un chiffre de -0,2 % au premier trimestre, lui aussi revu à la baisse.
Ces chiffres vont encore un peu plus compliquer la tâche du gouvernement dans l’établissement du budget avec un risque non négligeable que ce dernier soit censuré.
Et pendant ce temps, il ne pleut pas des hallebardes, mais des candidats à l’élection présidentielle, ce qui ne simplifie pas la situation.
Un petit mot sur la Chine
Selon les indices PMI officiels, publiés ce matin, l’activité industrielle s’est améliorée en août grâce à une demande plus forte mais est restée en contraction, tandis que l’activité des services est restée faible.
Cette divergence entre les secteurs manufacturiers et des services confirme que l’économie chinoise voit sa croissance soutenue encore et toujours par l’industrie et les exportations, alors qu’elle demeure sous pression suite à la faible consommation et aux investissements intérieurs.
Ces indices viennent confirmer les données économiques publiées plus tôt ce mois-ci qui ont montré que la croissance restait sous pression au début du second semestre, avec un ralentissement de la consommation de biens et de la production industrielle.
