Des fragilités à Pékin, des bénéfices à New York

Mode Expresso

Les chiffres publiés, ce matin, en Chine montrent la force de son économie, mais surtout les faiblesses structurelles de cette dernière, dont les autorités vont devoir s’attaquer pour en assurer la pérennité.

Mode Lungo

Les chiffres publiés, ce matin, en Chine montrent la force de son économie, mais surtout les faiblesses structurelles de cette dernière, dont les autorités vont devoir s’attaquer pour en assurer la pérennité.

Faiblesse

Le chiffre du PIB au deuxième trimestre est tombé, en taux annuel, à 4,3 %, soit son niveau le plus bas depuis plus de trois ans, et en net recul par rapport au 5 % du premier trimestre.

Ce chiffre est même inférieur à l’objectif du gouvernement qui table sur une fourchette entre 4,5 % et 5 % pour cette année.

Et il reflète le déséquilibre de l’économie chinoise, avec une production industrielle qui reste robuste, aidée par les exportations liées à l’IA, tandis que la consommation et l’investissement peinent sous le poids d’une récession immobilière qui se prolonge.

D’un trimestre à l’autre, la croissance a progressé de 0,9 %, contre un taux de 1,3 % au premier trimestre.

Reflet de ce déséquilibre, la production industrielle a augmenté, en taux annuel, de 5,3 % en juin, contre une hausse de 4,5 % en mai. Alors que les ventes au détail ont connu une croissance sur un an de 1 % en juin, contre un recul de 0,6 % en mai, affichant donc un léger mieux, mais restant encore faible.

Autre point d’attention, les investissements dans les immobilisations ont diminué de 5,7 % au cours des six premiers mois de 2026, après une baisse de 4,1 % entre janvier et mai. Sur la même période, l’investissement privé a reculé de 8,5 %, et même les investissements du secteur public ont chuté de 2,3 %.

Et pour couronner le tout, sur la même période,  les investissements dans le secteur immobilier affichent une baisse de 18 %, contre un recul de 16,2 % sur la période de janvier à mai.

A propos de l’immobilier, selon les données publiées par le National Bureau of Statistics, les prix des maisons neuves ont baissé de 0,1 % en juin par rapport au mois précédent, contre une baisse de 0,2 % en mai, soit sur un an, un recul de 3,3 % contre 3,5 % en mai.

Elles se frottent les mains

Qui cela ? Les banques américaines, plus Trump sème le chaos, plus elles se réjouissent, car elles profitent pleinement de la volatilité des marchés, comme l’a montré la publication de leurs résultats hier.

La plus emblématique étant la JPMorgan Chase qui a enregistré un bénéfice record au deuxième trimestre grâce à une vague d’introductions en bourse, des transactions importantes et à la volatilité des marchés.

« Cette force est soutenue par plusieurs vents favorables, notamment l’investissement en capital piloté par l’IA, le plan de relance budgétaire et les avantages d’une régulation plus efficace », a déclaré Jamie Dimon, PDG de JPMorgan, dans un communiqué.

La banque a affiché un bénéfice de 21,2 milliards de dollars contre 14,99 milliards de dollars il y a un an.

Pour autant, Dimon a pointé plusieurs risques pour l’avenir, citant les tensions géopolitiques et les guerres, une inflation persistante, de lourds déficits fiscaux mondiaux et la hausse des prix des actifs.

Et les autres banques n’ont pas été en reste profitant aussi des revenus d’intérêt et des activités de trading comme Goldman Sachs et Bank of America.

Et le chaos risque de durer, avec un prix du baril qui a encore progressé hier, et alors que Trump a menacé de frapper les centrales électriques et les ponts la semaine prochaine à moins que Téhéran ne reprenne les négociations.

Pendant ce temps, les frappes américaines continuent et de leur côté les Iraniens s’en sont pris à des installations à Bahreïn et au Koweït.

Il semblerait par contre, que, une nouvelle fois, Trump fasse marche arrière concernant le droit de passage de 20 % qu’il avait évoqué lundi et dont il a abandonné l’idée.

Soulagement mais …

L’inflation a reculé aux Etats-Unis, plus que prévu, mais le répit pourrait être de courte durée avec la nouvelle hausse du prix du baril.

Après un taux de 4,2 % en mai, l’inflation a reculé à 3,5 % en taux annuel en juin, conséquence d’un recul de 0,4 % sur le mois après une hausse de 0,5 % en mai.

Mais ce recul est surtout la conséquence d’une baisse de 5,7 % des prix de l’énergie, les prix de l’essence ayant chuté de 9,7 %, mais ayant progressé de 26,7 % en taux annuel en juin.

L’inflation sous-jacente, hors l’alimentation et l’énergie, a augmenté de 2,6 % en taux annuel après avoir progressé de 2,9 % en mai.

Même si ce chiffre de l’inflation a apporté un certain soulagement, la crainte est grande de voir l’inflation repartir à la hausse si le conflit au Moyen-Orient s’enlise à nouveau.

En tout cas pour le président de la FED, Kevin Warsh, qui s’exprimait devant la Chambre des représentants,  la Banque centrale n’avait « aucune tolérance pour une inflation qui restait élevée », et il ne pensait pas que tout ait été favorable après le rapport de l’inflation. En ajoutant, « il y en aura peut-être qui regarderont les données de ce matin et diront : ‘Oh, mission accomplie, tout va bien.’ Ce n’est pas mon avis ».

Il a aussi, lors de son audition, affirmé sa volonté de « faire mon travail », s’il était contesté par le président Trump.

Et d’ajouter « l’indépendance de la FED est sacrée. La crédibilité est renforcée si nous sommes et sommes perçus comme indépendants. … C’est ainsi que nous pouvons faire notre travail au mieux ».

Concernant l’inflation il a affirmé que « si nous adoptons la bonne politique — et nous le ferons — la flambée de l’inflation des cinq dernières années sera du passé ».

Subscribe
Notify of
0 Comments
Oldest
Newest